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ARTICLE IV

ENTOZOAiaES DU TUBE DIGESTIF.

Ces entozoaires, que nous ne considérons ici que chez l'homme j sont ou des nématodes, ou des cestoïdes.

Les nématodes sont au nombre de trois : savoir, l'ascaride lombricoide, le tricocéphale et l'oxyure.

Les cestoïdes sont au nombre de deux, savoir : le bothriocéphale et le tœnia solium.

L Ascaride lombricoide.

Nous avons déjà fait la description anatomique de cet entozoaire dans le premier volume. Il liabite le

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plus ordinairement l'intestin grclc ; c'esl surtout dans cet intestin qu'on en trouve un grand nombre sur le cadavre. On en rencontre aussi, mais beaucoup plus rarement, soit dans le gros intestin, soit dans l'estomac, soit enfin dans l'œsophage et le pharynx. Ils sortent quelquefois du tube digestif lui-même , et se logent dans différentes parties voisines de ce tube. J'ai trouvé une fois, avec M. Biandin , à l'hôpital des Enfans, un ascaride qui s'était engagé dans la cavité même du larynx; il occupait l'espace qui sépare les deux cordes vocales , et une partie de son corps était encore dans le pharynx. L'enfant avait été pris toutà-coup d'une dyspnée extrême, et il élait mort, en fort peu de temps, dans un état d'asphyxie. M. Paul Guersent m'a montré un foie qui était comme labouré en divers sens par des ascarides qui paraissent s'y être introduits en passant du duodénum dans le canal cholédoque. Je ne connais qu'un autre fait de ce genre, qui a été publié dans le tome II des BuUetin& de la Faculté de Médecine de Paris.

On a vu plus d'une fois des ascarides passer à travers une perforation des parois intestinales, tomber dans le péritoine, y séjourner, ou bien en sortir, soit en s'échappant à travers une fistule cutanée, soit en s'introduisant dans un autre organe creux , dans la vessie ou dans le vagin.

Les ascarides ne peuvent-ils passer de l'inlestin dans un aulre organe qu'au moyen d'une ouverture accidentelle qu'ils trouvent toute faite , ou bien peuvent-ils eux-mêmes pratiquer cette ouverture? Si ce dernier cas existe, il est [au moins infiniment rare. On a vu quelquefois des ascarides qui adhéraient for-

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tement par une de leurs extréuiités (celle où l'ou aperçoit leur bouche) à un point des parois intestinales; on en a conclu que c'était \k le commencement du procédé que pouvaient employer ces animaux pour sortir du canal où ils avaient pris naissance. Mais si l'on réfléchit que les, ascarides lombricoïdes ne peuvent vivre hors de ce canal lui-même , on sera, porté à penser qu'en supposant que l'ascaride puisse perforer les parois de l'intestin et en sortir, l'instinct de sa conservation devra l'en empêcher. Toutefois, il pourrait ne plus en être de même après la mort de l'animal au sein duquel l'ascaride s'est développé , et alors, beaucoup plus que pendant la vie , il pourrait tendre à se frayer une route au-dehors de lin-, testin , à travers les parois mêmes de ce conduit. Eremser a cité à cet égard des faits qui , bien qu'étran-. gers à l'homme, me semblent devoir être consignés ici. Des poissons , placés dans des bocaux remplis d'eau pure , moururent au bout de quelques jours. Chez un de ces poissons on trouva un échynorrhinque , qui s'était frayé une roule non seulement à travers les parois du canal intestinal, mais encore à travers les muscles et les tégumens. Bremser suppose que ce ver, après la mort du poisson dans lequel il séjournait, aura voulu se procurer de la nourriture au-dehors; mais ne trouvant dans l'eau ni un aliment ni un milieu convenable, et voyant,, dit Breniser, qu'il était arrivé (i la limite de son propre monde ^ il se décida, piobablement pendant que la partie postérieure de son corps était encore fixée à celui du poisson , à y rentrer de nouveau ; car on voyait qu'il avait essayé à se frayer un chemin du dehors dans une au-^

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tre partie du corps que celle d'où il était sorti Chez

d'autres de ces poissons morts, des vers de la même espèce avaient seulement perforé le canal intestinal; ils se trouvaient, implantés aux parois internes de l'abdomen, et d'autres à la surface extérieure des intestins (i). »

L'anatomie pathologique ne nous apprend rien sur les causes qui, dans l'intestin, peuvent favoriser le développement de l'ascaride lombricoide non plus que celui des autres entozoaires qu'on y trouve. Ces entozoaires s'y rencontrent avec toutes les conditions organiques possibles de l'intestin. On le trouve indifleremment rouge ou pâle , sec ou rempli de mucosités abondantes. Dans les points où beaucoup de vers sont accumulés, on trouve souvent autour d'eux l'intestin rouge, et le paquet qu'ils forment par leur réunion est fréqueuiment entouré d'une masse de mucus. Mais, en pareil cas, l'injection aussi bien que la sécrétion muqueuse ne paraissent être qu'un effet de la présence des vers , qui agissent alors comme des corps étrangers. Ils me semblent également s'être placés dans l'hypothèse , et ceux qui ont cru pouvoir expliquer la formation des vers intestinaux en les attribuant à un degré ou à un mode d'irritation intestinale, et ceux qui s'en sont rendu compte par un état de faiblesse du tube digestif. Non, il n'y a pas plus en pareil cas sthénie qu'asthénie; il y aune înodi/ication dont l'essence nous échappe, et qui paraît spécialement se produire sous l'influence de quelques circonstances, soit inhérentes à l'individu, comme sa

(i) Traito sur les vers inlcstino.iije par Bieuiscr. i vul. in-S", pag. 55i,

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constitution, son fige, etc. , soit appartenant aux influences extérieures, telles que certaines conditions de l'air et des alimens. Entrer dans les détails relatifs à ces circonstances diverses, ce serait sortir de notre sujet. Faisons seulement remarquer qu'ici encore ce que nous montre l'anatomie pathologique est infiniment peu de chose en comparaison de ce que peuvent nous révéler d'autres voies d'investigation ; par elle seule nous n'arriverions à aucune théorie raisonnable sur la formation des vers intestinaux ; par elle nous ne pourrions fonder aucune méthode thérapeutique propre à combattre ces vers, puisqu'elle ne nous en révèle pas les causes.

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