II
constitue, en un ou plusieurs points, de petites tumeurs qui font à l'une ou à l'autre des faces du lubé digestif une saillie plus ou moins considérable.
Vil' ESPÈCE. — Sécrétion tuberculeuse.
Elle est assez commune dans l'épaisseur des parois du tnbe digestif. Très-rares dans l'estomac , où je né me rappelle en avoir vu que deux fois, les tubercules deviennent plus communs dans l'intestin grêle, surtout vers sa partie inférieure ; dans le gros intestin, ils deviennent de nouveau plus rares. On peut leur assigner trois sièges principaux : i*. le tissu cellulaire sous-muqueux; 2°. les faisceaux de la tunique charnue; 5°. le tissu cellulaire sous-péritonéal. Dans ces trois cas ils se présentent sous l'apparence d'une petite tumeur blanchâtre qui soulève soit la membrane muqueuse , soit la membrane périlonéale , à travers lesquelles on aperçoit leur forme et leur couleur. Leur grandeur varie depuis le volume d'un grain de millet jusqu'à celui d'un pois. Tantôt on n'en trouve qu'un ou deux dans tout l'intestin ; tantôt ils y existent en grand nombre ; on les voit surtout se multiplier dans le fond et autour d'un certain nombre d'ulcérations, de celles surtout qui se forment chez les individus qui ont en même temps des tubercules dans les poumons.
On peut trouver après la mort des tubercules assez nombreux dans les intestins, sans que leur présence ait paru déterminer des symptômes graves du côté des voies digestives. Chez certains malades il n'y a jamais eu de diarrhée ; chez d'autres elle ne s'est
d'anatomie pathologique. 1 ^9
montrée que d'une manière intermittente ; chez d'antres, enûn , elle a existé d'une manière continue. Lorsqu'elle existe, elle dépend donc d'autres causes que de la présence des tubercules dans les tissus subjacens à la muqueuse. C'est ainsi que des tubercules pulmonaires peuvent exister long-temps, sans être accompagnés de toux, ni d'aucun symptôme du côté de la poitrine.
L'état dans lequel on trouve la membrane muqueuse au-dessus ou autour des tubercules explique d'ailleurs la variété des phénomènes morbides qui pendant la vie ont coïncidé avec leur existence. Tantôt, en effet, cette membrane muqueuse ne présente aucune sorte d'altération appréciable ; tantôt elle est injectée sans autre altération , et cette injection a pu être intermittente comme les accidens observés pendant la vie; tantôt, enfin, avec ou sans cette injection, la membrane muqueuse présente des altérations diverses, qui ont dû être constantes, comme l'ont été les accidens eux-mêmes.
Dans les intestins, comme partout ailleurs , la production du tubercule est le résultat possible de toute cause qui tend à déranger le travail normal de nutrition et de sécrétion dont toute molécule vivante est le siège ; dans l'intestin , comme partout ailleurs , une de ces causes peut être l'irritation, soit qu'elle ait agi primitivement sur les tissus mêmes subjacens à la muqueuse, soit que de la muqueuse elle se soit propagée à ces tissus. N'oublions pas, d'ailleurs , que le point de départ de la production d'un tubercule sousmuqueux a pu être une irritation plus ou moins intense de la membrane muqueuse, dans Ips cas même
1 8o rr.ï:ci.s
où après la morl on ne Irouvo plus dans celle-ci aucune trace de lésion appréciable.
Mais si les tubercules intestinaux ont souvent pour premier élément de leur formation une irritation de la membrane muqueuse, ils peuvent aussi, à leur tour , une fois développés, devenir pour cette membrane une cause d'irritation. De là une nouvelle série de phénomènes : agissant à la manière des corps étrangers, ces tubercules déterminent par leur présence la destruction de la membrane qui les recouvre ; il en résulte une ulcération à travers laquelle est évacué le tubercule ramolli, comme dans le poumon il se fraye un passage à travers l'ulcération des bronches.