‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 2 sur 64 · MALADIES · texte numérisé non relu

MALADIES

DE LA PORTION SOUS-DIAPHRAGMATIQLE DU TJ'BE DlfiESTlF.

Quatre grandes époques peuvent être signalées dans la science relalivcment à la manière dont on a envisagé , sous le rapport de leur nalure , les maladies des voies digcstives. Dans une première époque, la plus lon"-uede toutes, qui, commençantàHippocrate,a fini presque de nos jours , l'analomie pathologique n'était point interrogée , ou l'élait mal , et les nosographes , oroupant artificiellement des symptômes, en faisaient autant de maladies distinctes ; alors chaque phénomène morbide était regardé comme une affection à part. Dans une seconde période , qui embrasse surtout les travaux de Laennec et de Layle, l'anatomie palholoo^ique fit justice de ces classifications de maladies par les symptômes; dès-lors, par exemple , l'instoirc du vomissement , de la dyspepsie , ne fut plus séparée de l'histoire des lésions qui les produisent ; mais, de même que pendant long-temps l'on avait composé des maladies distinctes avec des symptômes artificiellement groupés, de même Laennec et ses élèves composèrent, à leur tour , si je puis m'exprimer ainsi , des t^roupes artificiels en anatomie pathologique : frappés surtout de la différence de forme et d'aspect de cer-

D AKATOMIlî PATHO-LOOK^LK. ^

laines lésions, ils ne virent pas que ces lésions n'cUieut souvent que îa terminaison d'un même état morbide ; étal que, souvent du moins, il fallait mettre au premier rang , puisqu'il était le point de départ et le lien commun de ces lésions. N'envisageant qu'elles, ils furent naturellement conduits à regarder comme essentiellement différentes , sous le rapport de leurs causes, des lésions qui ne différaient que prtr leurs formes. Ainsi, ils placèrent bien loin l'un de l'autre , dans leur cadre nosologique , le cancer d'estomac et la gastrite chronique. La troisième période est remplie par les idées de M. Broussais. 11 annonça que certaines lésions du tube digestif , de l'aspect le plus différent, avaient cependant une même origine, et que, pour un léger boursoufïlement rouge ou brun de la membrane muqueuse ga.',trique, commepourune vaste ulcération de cette membrane, ou pour un endurcissement squirrheux de la tunique lamineuse subjacente, le point de départ était toujours une aus;menlalion de l'action organique des tissus; mais estce là toute la science? je ne le pense pas, et déjà commence une quatrième époque où, combinant les idées exclusives des deux périodes précédentes, on reconnaît avec M. Broussais que l'irritation est le lien commun qui réunit beaucoup de lésions gastro-intestinales , lien par lequel on n'avait pas jusqu'alors songé à les rattacher. Mais on commence à se convaincre, 1°. que cette irritation n'est pas tout le phénomène; 2°. que tantôt elle n'en est que le point de départ, et tantôt seulement un des élémens ; 5". que si l'on veut que l'iritation seule rende raison de la spécialité des produits morbides, il faut néccssaire-

4 l'f.É/lîS

menl a<lûicttre que l'irritalioii (liiï<Te par ses f]ep;i\'.4 bien moins que par r-e^ modes ; 4'- T'^ (\ims beaucoup de cas, enfin, l'existence même de l'irrilarKm n'est pas démontrée.

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