‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 25 sur 64 · MALADIES · texte numérisé non relu

MALADIES

U£ L V PORTIOM SUS-DI APHRYGMAïlOl 1- Di£ L AI'i'AUKII, DJGCSTIF.

Les formes infiniment variées sous lesquelles se jjrésentent ces altérations ont été toutes désignées, dans ces derniers temps, par les trois termes généraux de stomatite, de pharyngite et d'œsopliagile ; mais ces termes sont souvent insuûisans ou inexacts. Dans toutes ces altérations, à la vérité, on trouve comme élément commun une congestion sanguine qui les précède ou qui du moins les accompagne; mais dans |)!usd'un cas elle n'en est la cause ni unique ni principale , et ce n'est jamais par ses divers degrés d'intensité que peut s'expliquer la nature ou la gravité des altérations produites. Ainsi , par exemple , on commettrait une étrange méprise, si l'on admettait que les ulcérations de la bouche et du pharynx, que les pscudo-iiîembranes qui en tapissent assez fréquemment la surlace, que la gangrène qui peut s'en emparer, soni liées à une congestion sanguine intense : loin de là , les signes locaux d'irrilalion qui précèdent ces dillerentes altérations, les désordies fonctionnels synq^athiques auxquels elles donnent lieu, sont snn- \L'!il beaucoup moins prononcés que ceux qui accom-

2!5o rniicis

pdgaent Je plus slmpl^ érythème de la membrane muqueuse de la bouche ou du pharynx. Mais , de plus , si les nombreuses lésions qui ont été désignées sous le terme commun de stomatite ou de pharyngite, paii'aissent être souvent idiopathiques et uniquement dues à un travail tout local d'irrilation, soit spontanément développé, soit produit par des agens stimulans déposés sur la muqueuse, il y a d'autres cas où, ces lésions ne sont qu'un des accidens secondaires d'une maladie qui affecte simultanément ou d'autres, solidtis ou la masse même du sang. Ainsi , chez des individus qui depuis long-temps respirent un air impur, humide , sans rayons solaires, qui se nourrissent d'alimens de mauvaise qualité ou non suffisamment réparateurs, et chez lesquels tout porte à croire que le, sang est plus ou moins altéré, on voit souvent la membrane muqueuse buccale se gorger d'un sang liquide qui suinte à travers les vaisseaux; on la voit se ramollir, s'ulcérer, se gangrener. Quelquefois alors, sans douleur, sans hyperémie antécédente, une tache. grise ou noire apparaît en un point de la bouche , s'étend rapidement, et en quelques heures toute la, membrane muqueuse buccale n'est plus qu'un putri-. lage infect. Vers la lin d'un certain nombre de. maladies chroniques , ou bien pendant le cours d'une, maladie aiguë qui a frappé des individus faiblement, constitués , habituellement, anémiques , il n'est paS; rare de voir la surface interne de la cavité buccale se. couvrir d'une couche blanchâtre, pultacée, qui augmente à mesui'e que les forces diminuent, qui disparaît si ces forces se relèvent. Quand même on, ad- ^icttrait que cette sécrétion mojbide es^en pareil ças^

d'aNATOMIE PATHOLOCIOrE. 23 l

le résultat sympathique d'une irritation gastro-intestinale , toujours faudrait-il reconnaître qu'elle en est un oftet spécial , puisque tous les degrés de cette irri^ tation peuvent avoir lieu, sans qu'on la voie paraître , et que , d'un autre côté , quels que soient ces degrés , clic se manifeste, étant données des conditions particulières d'innervation et d'hématose. Quelle que soit la manière dont on conçoive l'existence du virus syphilitique , toujours est-il que , plus ou moins longleuips après un coït impur, il n'est que trop fréquent de voir des ulcérations dévorer les difTérentes portions de la membrane muqueuse stomato-pharyngienne , et, dans ce cas, il est bien évident qu'elles ne sont qu'un des accidens par lesquels se révèle l'altération générale de la nutrition , comme en même temps elle peut être annoncée par diverses lésions de la peau , du système osseux , etc. Introduisez du mercure dans l'économie , vous verrez encore se produire des efleis j)!us ou moins semblables. Alors, comme lésion constante et primitive, on trouve une altération du sang qui devient semblable au sang des scorbutiques; comme lésions variables et consécutives, on trouve diverses altérations de nutrition , et, parmi elles, des lésions de la bouche analogues à celles qu'on observe dans le scorbut. Alors, chose remarquable! l'irritation la plus légère, accidentellement portée sur la membrane muqueuse buccale , et qui , dans toute autre circonstance, ne produirait qu'un faible érythème, suffit pour déterminer dans cette uuiqueuseies plus graves désorganisations. Ainsi, chez certains individus, on voit se développer, à l'occasion de la,, nioindre phlogose , un tubercule ou un cancer.

De ces coasidémîions , que conclurons-nous? c'est que, parmi les maladies de la bouche, il en est plusieurs qui ne sont réellement que la manifestation, soit accidentelle, soit nécessaire, d'un état morbide qui a son point de départ ailleurs que dans la cavité buccale : d'où il suit que , dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, le siège d'une maladie n'est pas uniquement là où l'on observe une lésion ; que ce n'est pas souvent en avoir pénétré la véritable nature que d'avoir reconnu cette dernière; et qu'enfin la ihérapeulique serait plus d'une foison insuffisante ou dangereuse , si l'on ne cherchait à détruire cette lésion que par des moyens [)urement locaux.

Page 1