II. Rétrécissement des artères
Il peut être congénital ou acquis.
J'ai déjà signalé comme une des causes de l'hypertrophie du cœur, avec ou sans dilatation de ses cavités, l'étroitesse congénitale de l'aorte. Ce vaisseau peut se montrer beaucoup plus étroit que de coutume, soit dans toute son étendue , soit seulement dans une de ses portions. Le rétrécissement de l'aorte abdominale est plus commun que celui de l'aorte thora-
cique; parfois même il coïncide avec une dilatation de celle-ci. L'étroitesse congénitale de l'aorte est le plus ordinairement liée à une grande minceur de ses parois. Cette étroitesse peut être telle , que l'aorte abdominale ait à peine les dimensions de l'aorte iliaque externe, ou de la carotide primitive.
Sur quelques cadavres on a trouvé l'aorte considérablement rétrécie en un de ses points, au-dessus et au-dessous duquel elle avait son calibre accoutumé ; dans le point rétréci on n'observait d'ailleurs aucune autre altération appréciable. 11 me semble impossible de décider si dans ce cas le rétrécissement est congénital ou acquis. En voici un exemple fort remarquable, qui a été consigné dans le Journal de Desault (tom. 2).
En injectant le cadavre d'une femme âgée d'une cinquantaine d'années, on trouva, au-dessous du point d'origine de l'artère sous-clavière gauche, l'aorte réduite au volume d'une plume à écrire. Là, cependant, ses membranes n'étaient point épaissies. Depuis le cœur jusqu'à sa courbure sous-sternale , l'aorte avait ses dimensions accoutumées ; la crosse était légèrement dilatée ; les artères innominée et sousclavière gauche étaient deux fois plus volumineuses que dans leur état normal. Plusieurs artères, telles que les mammaires internes, les diaphragmatiques , les transverses du cou, les intercostales, l'épigastrique , étaient notablement dilatées.
Un autre cas de rétrécissement partiel de l'aorte, assez considérable pour équivaloir à-peu-près à son oblitération, et pour donner lieu, comme da s le cas précédent , à l'établissement d'une circulation
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collatérale a été observé par M, Pieynaud. Je transcris ici ce cas , tel à-peu-près qu'il a été publié (1).
L'individu qui fait le sujet de cette ob servation était un vieillard âgé de quatre-vingt-douze ans, d'une petite stature et d'une maigreur assez grande. L'aorte, à son origine, avait à-peu-près son volume ordinaire; bientôt elle donnait naissance au tronc brachio-cépha- Jique, dont le calibre était bien plus considérable que dans l'état naturel. II en était de même de l'artère sous-clavière gauche à son origine. Aussitôt après avoir fourni cette dernière branche , l'aorte présentait un rétrécissement circulaire , tel qu'on le produirait au moyen d'une ligature assez fortement serrée ; puis , reprenant son volume, elle offrait un léger renflement , dont la courbure était plus sensible à gauche qu'à droite. La fin de l'aorte abdominale et les iliaques externes étaient remarquables par leur petit volume.
La circulation collatérale s'était établie de la manière suivante :
« De la terminaison de la sous-clavière droite , dit M. Reynaud, remarquable par l'augmentation de son volume, partaient plusieurs artères d'un gros calibre. La transverse cervicale et la cervicale profonde, toutes deux égalant presque le volume de l'artère humérale, parcouraient leur trajet accoutumé , et se faisaient remarquer par l'épaisseur de leurs parois et le grand nombre de leurs flexuosités. La première de ces artères, après être parvenue, sans diminuer de volume, vers l'angle des quatrième et cinquième côtes, péné-
(i) Journal licLdomadaire de mcilecine , tom. T.