‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 22 sur 57 · DIGESTIF · texte numérisé non relu

DIGESTIF

Les formes infiniment variées sous lesquelles se présentent ces altérations ont été toutes désignées, dans ces derniers temps, par les trois termes généraux de stomatite, de pharyngite et d'œsopbagite ; mais ces termes sont souvent insulTisans ou inexacts. Dans toutes ces altérations, à la vérité, on trouve comme élément commun une congestion sanguine qui les précède ou qui du moins les accompagne; mais dans plus d'un cas elle n'en est la cause ni unique ni principale , et ce n'est jamais par ses divers degrés d'intensité que peut s'expliquer la nature ou la gravité des altérations produites. Ainsi, par exemple, on commettrait une étrange méprise, si l'on admettait que les ulcérations de la bouche et du pharynx , que les pseudo-membranes qui en tapissent assez fréquemment la surface , que la gangrène qui peut s'en emparer, sont liées à une congestion sanguine intense : loin de là , les signes locaux d'irritation qui précèdent ces différentes altérations, les désordres fonctionnels sympathiques auxquels elles donnent lieu , sont souvent beaucoup moins prononcés que ceux qui accom-

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pjgnent le pins simple érythème de la membrane muqueuse de la bouche ou du pharynx. Mais, de plus, si les nombreuses lésions qui ont été désignées sous, le terme commun de stomatite ou de pharyngite ^ paraissent être souvent idiopathiques et tuijquement dues à un travail tout local d'irritation, soit spontanément développé, soit produit par des agens stimulans déposés sur la muqueuse, il y a d'autres cas où ces lésions ne sont qu'un des accidens secondaires, d'une maladie qui affecte simultanément ou d'autres solides ou la masse même du sang. Ainsi, chez des, individus qui depuis long-temps respirent un air impur, humide , sans rayons solaires, qui se nourrissent d'alimens de mauvaise qualité ou non suffisamment répa-; rateurs, et chez lesquels tout porte à croire que le« sang est plus ou moins altéré, on voit souvent la membrane muqueuse buccale se gorger d'un sang liquide qui suinte à travers les vaisseaux; on la voit se ramollir, s'ulcérer, se gangrener. Quelquefois alors, sansdouleur, sans hyperémie antécédente, une tache grise ou noire apparaît en un point de la bouche , s'étend rapidement, et en quelques heures toute la membrane muqueuse buccale n'est plus qu'un putrilage infect. Vers la fin d'un certain nombre de maladies chroniques , ou bien pendant le cours d'une, maladie aiguë qui a frappé des individus faiblement constitués , habituellement anémiques , il n'est pas, rare de voir la surface interne de la cavité buccale se. couvrir d'une couche blanchâtre, pultacée, qui augmente à mesure que les forces diminuent, qui disparaît si ces force» se relèvent. Quand même on ad--. 4)cllrait que celte sécrétion morbide est en pareil ca.&,

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\^ résultat sympathique d'une irritation gastro-intestinale , toujours faudrait-il reconnaître qu'elle en est un effet spécial , puisque tous les degrés de cette irritation peuvent avoir lieu sans qu'on la voie paraître , et que , d'un autre côté , quels que soient ces degrés, elle se manifeste, étant données des conditions particulières d'innervation et d'hématose. Quelle que soit la manière dont on conçoive l'existence du virus syphilitique , toujours est-il que , plus ou moins longtemps après un coït impur, il n'cbt que trop fréquent de voir des ulcérations dévorer les différentes portions de la membrane muqueuse stomato-pharyngienne , et, dans ce cas, il est bien évident qu'elles ne sont qu'un des accidens par lesquels se révèle l'altération générale de la nutrition , comme en même temps elle peut être annoncée par diverses lésions de la peau , du système osseux, etc. Introduisez du mercure dans l'économie , vou3 verrez encore se produire des effels j)lus ou moins semblables. Alors, comme lésion constante et primitive, on trouve une altération du sang qui devient semblable au sang des scorbutiques;; comme lésions variables et consécutives , on trouve diverses altérations de nutrition , et, parmi elles , des. lésions de la bouche analogues à celles qu'on observe dans le scorbut. Alors, chose remarquable! l'irritation la plus légère, accidentellement portée sur la membrane muqueuse buccale, et qui, dans toute autre circonstance, ne produirait qu'un faible éryihème, suffit pour déterminer dans cette muqueuse les plus graves désorganisations. Ainsi , chez certains jndividus, on voit se développer, à l'occasion de hi, ïuoîndre phlogose , un tubercule ou un cancen

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De ces coiisldcraîions , que conclurons-nous? c'est que, parmi les maladies de la bouche, il en est plusieurs qui ne sont réellement que la manifestation, soit accidentelle, soit nécessaire, d'un élat morbide qui a son point de départ ailleurs que dans la cavité buccale : d'où il suit que , dans ce cas , comme dans beaucoup d'autres, le siège d'une maladie n'est pas uniquement là où l'on observe une lésion ; que ce n'est pas souvent en avoir pénétré la véritable nature que d'avoir reconnu cette dernière; et qu'enfin la thérapeutique serait plus d'une foison insuffisante ou dangereuse , si Ton ne cherchait à détruire cette lésion que par des moyens purement locaux.

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