‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 30 sur 57 · II · texte numérisé non relu

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tropliices ; tantôt , au Cvontraire , elles sont singulière-' luent amincies. L'intérieur de ces poches contient parfois des concrétions fibrineuses très-solides, formées de couches superposées, semblables à celles qu'on trouve dans les anévrysmes artériels , avec lesquels, d'ailleurs, ces dilatations partielles du cœur ont plus d'un rapport.

M. Breschet^, dans un mémoire plein d'intérêt, où il a rassemblé tous les faits de ce genre qu'ont publiés divers observateurs , a décrit cette lésion sous le nom à'anévrysme faux consécutif du cœur. Mais cette dénomination ne me paraît pas pouvoir s'appliquer à tous les cas : il en est quelques-uns où rien ne démontre qu'il y ait eu réellement déchirure de la membrane interne du cœur; dans un cas observé par M. E.eynaud depuis la publication du mémoire de iVJ. Breschet , celte membrane n'avait manifestement subi aucune solution de continuité, elle s'était senlement laissé distendre, et il en résultait une cavité accidentelle , dont les parois étaient formées de la même manière que le sont dans une artère les parois de l'anévrysme vrai primitif. Dans ce cas remarquable , la membrane interne du ventricule gauche était épaissie et d'un blanc opaque en beaucoup de points. Le tissu cellulaire qui la sé- |)arait de la subjjtance charnue du cœur, beaucoup plus apparent que de coutume , 5e séparait en plusieurs couches dont l'ensemble présentait quelque chose de la struclure artérielle. Là où cette altération de la membrane interne était la plus prononcée , vers la partie moyenne du bord postérieur du ventricule gauche , existait une ouverture arrondie, s^is-

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ceptible de recevoir le bout du doigt, et qui conduisait dans une cavité à-peu-près sphérique , capable do contenir une petite noix. Les parois de cette cavitt^ n'étaient séparées du péricarde <][ue par une couche très-mince du tissu charnu. Ces parois , dit M. Re}'naud , étaient formées par une membrane épaisse , dense , de texture fibreuse , composée elle-même de deux feuillets, l'un superficiel , plus mince, d'un blanc opaque; l'autre plus épais, semblable à la membrane moyenne des artères altérées, et contenant dans son épaisseur quelques points fibro-cartilagineux et osseux. Cette membrane se continuait sans interruption avec la membrane interne du ventricule ; elle en avait d'ailleurs tous les caractères. Les fibres musculaires, séparées de cette poche par une couche de tissu cellulaire, ne contribuaient pas à en former les parois. Une autre poche semblable, mais p!us petite , existait vers la partie antérieure du même ventricule. Des caillots fibrineux remplissaient l'une et l'autre (i). La diminution de capacité des cavités du cœur peut être apparente ou réelle. Elle n'est qu'apparente dans certains cas d'anémie générale, où, après la mort, le cœur, vide de sang, se resserre et revient sur luimême. Lorsqu'elle est réelle , cette diminution de capacité peut coïncider i°. avec un état naturel des parois ; 2°. avec leur hypertrophie; 5°. avec leur ah-ophie. Nous avons déjà vu que le rétrécissement assez

(i) J'ai examiné avec M. RrynauJ le cœur dans lequel il a trouvé celte remarquable altération. Je n'ai pu donner ici qu'un extrait de son observation qu'il a consignée avec tous ses détails dans le tome II du Journal hebdomadaire de médecine; il a joint à la description de l'altération wr\ dessin qui la représente avec la plus grande fi télité.

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commun du ventricule droit peut dépendre d^on simple épaississement de la cloison interventriculaire; quelquefois aussi il est dû à l'hypertrophie isolée de ses colonnes charnues. La diminution de capacité du ventricule droit, sans autre altération du cœur, coïncide assez souvent avec une hydropisie.

Différens ordres de causes peuvent produire , dans îe cœur,, l'es changemens de dimensions ou de proportions que nous venons d'étudier.

I" ORDRE DE CAUSES. — Obstacks mécaniques à la

circulation^

Ces obstacles résident l^ dans les orifices mêmes du cœur ; 2°. dans les artères ; 3°. dans les réseaux capillaires.

A. Obstacles dans les orifices du cœur.

Un simple rétrécissement, soit congénital, soit acquis, sans aucune autre lésion organique, existant à l'un des orifices du cœur, auriculo-ventriculaires ou artériels, peut s'opposer à ce que le sang passe librement d'une cavité du cœur dans une autre. Au lieu de ce simple rétrécissement, l'obstacle peut être dû à diverses lésions organiques du pourtour des orifices ou des valvules qui les bordent. Ces lésions seront décrites plus tard.

La maladie du cœur existe le plus souvent dans la cavité dont l'orifice de dégagement est altéré. Cependant cette régie n'est pas sans exception, et assez souvent il arrive que ce sont les cavités droites qui

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sonl malades, bien que l'altcration des orifices existe à gauche; on comprendra facilement qu'il peut en iitre ainsi , pour peu que l'on refléchisse aux voies par lesquelles doit passer le sang pour arriver du cœur droit dans le cœur gauche.

Les orifices du cœur peuvent rester long- temps altérés, sans qu'il en résulte habituellement de trouble appréciable dans l'action du cœur. Seulement tout effort, tout exercice violent, tout travail intellectuel, tout excès, tout ce qui en un mot tend à xiccélérer la circulation , détermine en pareil cas des palpitations et de la dyspnée ; enfin, plus tôt ou plus tard, il arrive une époque où ces deux phénomènes se manifestent sans cause appréciable, d'abord d'une manière intermittente, puis d'une manière continue. C'est le moment où commence à s'eflectuer un changement dans les dimensions du cœur; mais longtemps avant que ce changement n'ait eu lieu , tous les ajccidens qu'il produit peuvent être survenus, produits par le seul obstacle dont un des orifices du cœur est le siège.

C'est surlout chez les vieillards qu'on a fréquemment l'occasiou d'observer diverses altérations des orifices du cœur qui doivent gêner le passage du sang, et qui cependant ne sont accompagnées d'aucun autre trouble que d'irrégularité du pouls. La lenteur de la circulation du vieillard, et peut-être la moindre quantité de sang qui existe chez lui , expliquent -elles celle absence d'accidens?

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B. Ob stades dans (es Artères.

L'aorte présente quelquefois depuis son origine , ou seulement depuis sa crosse Jusqu'à sa bifurcation , un calibre beaucoup plus petit que celui qu'elle doit normalement avoir, et souvent l'on a remarqué une coïncidence de ce vice de conformation de l'aorte avec une hypertrophie des parois du cœur ou avec une dilatation de ses cavités. Quelquefois aussi Ton a vu un rétrécissement notable de l'artère pulmonaire coïncider avec les mêmes altérations du cœur, bornées dans ce dernier cas au ventricule droit. 11 est permis de penser qu'une étroitesse extrême des vaisseaux dans lesquels le cœur lance le sang qui lui est apporté parles veines, doit gêner le libre dégorgement du cœur, et agir à la manière des obstacles qui ont leur siège aux oriûces mômes du cœur.

D'autres fois, chez des individus atteints d'hypertrophie du cœur ou de dilatation de ses cavités, on trouve au contraire l'aorte considérablement agrandie. Ces deux faits coïncident -ils simplement, ou bien trouvera-t-on dans le second la cause du premier?

D'autres fois, enfm, l'aorte n'est ni rétrécie, ni dilatée , mais ses parois sont incrustées d'ossifications nombreuses; peut-on dire que la diminution de leur élasticité doit, en gênant la circulation de l'aorte, gêner aussi la circulation dans le cœur?

C. Obstacles dans les Réseaux capillaires. ÎSous ignorons complèlemcnt jusqu'à quel point les

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obstacles qui pourraient exister dans la circulation capillaire générale seraient susceptibles de gêner la circulation dans le cœur. Mais ce qui est bien démontré, c'est que la gêne de la circulation capillaire dans les poumons est une cause fréquente d'hyperlropbic du cœur et de dilatation de ses cavités. Le poumon dans lequel le sang séjourne d'une manière vicieuse ou ne circule pas librement , devient pour les cavités droites du cœur ce qu'est le foie engorgé , Gbslruè , pour la veine porte. Je ne doute pas, d'après les recherches auxquelles je me suis livré sur ce sujet, que dans les catarrhes pulmonaires chroniques, l'engorgement sanguin des parois bronchiques ne soit une cause de la production des maladies du cœur, qui si fréquemment compliquent ces catarrhes. En pareil cas, la dyspnée précède souvent de long-temps tout signe local d'affection organique du cœur. Si chez les phthisiques on n'observe qu'assez rarement l'hypertrophie du cœur ou la dilatation de ses cavités, bien que chez eux il y ait souvent obstacle au libre passage de l'air dans les réseaux capillaires, c'est que chez eux la masse du sang devient rapidement moins considérable. Chez eux aussi l'on n'observe pas ces quintes de toux, si fatigantes, si pénibles, accompagnées de suffocation, qui existent dans certains catarrhes, et qui, répétées plusieurs fois par jour, doivent certainement gêner beaucoup la circulation du sang dans l'artère puhnonaire , et qui doivent par conséquent tendre à produire la stagnation du sang dans les cavités droites du cœur.

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II* ORDRE DE CAUSES. — Hypcrcmlc active des membranes qui revêtent les deux faces du cœur.

Je crois avoir démontré ailleurs (i) qu'un certain nombre d'hypertrophies du cœur reconnaissent pour point de départ une péricardite aiguë ou chronique. Des individus qui n'avaient jamais eu le moindre signe d'affection organique du cœur sont pris de tous les accidens qui caractérisent la péricardite. Guéris de cette maladie , ils ne reviennent pas à leur santé première. Leur cœur continue à présenter des batteniens insolites, leur respiration reste gênée, peu-àpeu apparaissent cliez eux les différens symptômes d'une affection organique du cœur; ils succombent, et, à l'ouverture du cadavre, outre cette affection, on trouve dans le péricarde des adhérences cellu- ]euses, ou autres, qui attestent l'existence réelle d'une péricardite antécédente.

Quant à l'influence que peut exccer sur le développement de l'anévrysme du cœur Thyperémie active, soit aiguë , soit chronique, de sa membrane interne, il en a déjà été précédemment question. Quand même les faits que j'ai cités ne démontreraient pas celte inOiience, l'analogie ne porterait -elle pas à l'admettre? Parîout où une membrane musculaire contribue à former les parois d'une cavité , ne voit-on pas bien fréquemment l'hyperlrophie de celte membrane musculaire reconnaître pour cause une liypc»

(i) Clinique Mcii'.ca'.c.

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rémie antécédente de la membrane muqueuFC on autre qui tapisse l'intérieur de la cavité?

IIP ORDRE DE CAUSES. — Modification de l* innervation.

A voir le début d'un certain nombre d'affections organiques du cœur, il semble qu'avant la production de l'affection organique il y avait déjà maladie ;' les symptômes observés alors chez beaucoup d'individus paraissent ne reconnaître d'abord d'autre cause qu'un trouble dans l'action du cœur , sans trouble dans sa texture. En pareil cas, le cœur qui bat trop fort ou trop vite, n'est pas plus nécessairement altéré dans son organisation que ne l'est un muscle dont les contractions viennent à s'accomplir irrégulièrement, sans la participation de la volonté. Or le système nerveux est l'agent de ces divers mouvemens. Il est donc pbysiologique^d'admettre , pour le cœur comme pour les muscles de la vie animale , que l'influx nerveux modifié peut être une cause de la modification de ses contractions. Mais le muscle , dont l'influx nerveux, mis ou non en jeu par la volonté , rend la contraction plus énergique ou plus fréquente , finit par s'hypertrophier : la même chose doit arriver au cœur. Le mot de palpitation nerveuse n'est donc pas, comme on l'a dit, un mot par lequel nous cherchons à déguiser notre ignorance ; c'est l'expression d'un fait Irês-réel. Du reste, en observant ainsi un grand nombre de lésions organiques à leur point de départ , on trouve que là où l'anatonîie pathologique nous monlre une altération de texture, il n'y a eu d'abord qu'allérafion d'^iction.

Du reste, pour que le cœur change dans ses dimensions ou dans ses proportions, il n'est pas du tout nécessaire , comme on Ta dit, qu'un obstacle existe à la libre sortie du sang d'une des cavités du cœur; il n'est pas non plus nécessaire que ses membranes interne ou externe ayent été précédemment byperémiées. On peut trouver toutes les variétés possibles d'hypertrophie des parois du cœur, ou de dilatation de ses cavités, sans que rien prouve l'existence antécédente d'un travail d'irritation en dedans ou en dehors du cœur, et sans qu'on trouve aucune espèce d'obstacle, soit aux orifices du cœur, soit dans le reste de l'appareil circulatoire.

ARTICLE II

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