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qui limite la quantité de sang qui tend à s'échappef du cœur. Dans plusieurs cas de ce genre, je n'ai trouvé dans le péricarde qu'un caillot peu considérable, qui n'en distendait pas même la cavité ; la mort, dans cette circonstance, semble donc plus particulièrement résulter du trouble subit qu'apporte dans les fonctions du cœur la perforation dont il devient le siège. Parmi les individus chez lesquels une mort subite suit cette perforation, les uns présentaient depuis long-temps les signes d'une afTection organique du cœur plus ou moins avancée ; les autres n'avaient jamais offert aucun aceident du côté des voies circulatoires ; d'autres avaient de temps en temps accusé un sentiment de gêne ou même de douleur à la région précordiale, et rien autre chose.
Au lieu d'être presque instantanée , la mort peut n'avoir lieu qu^au bout de plusieurs heures; quelquefois même la mort ne survient qu'au bout d'un temps encore plus long, et l'on trouve alors la perforation bouchée par une concrétion fibrineuse plus ou moins solide. Serait-il possible que cette concrétion devînt dans quelques circonstances le noyau d'une véritable cicatrice , comme cela arrive dans les parois artérielles, et que toute perforation du cœur ne fût pas ainsi un accident nécessairement mortel?
Les perforations du cœur, par pénétration d'instrument vulnérant dans sa substance, ne présentent rien de différent de celles qui viennent d'être décrites. Toutefois je ferai ici mention d'un cas dans lequel , pour arriver au cœur, un instrument vulnérant avaife commencé par s'introduire dans l'estomac. Ce cas »
C'té observé par M. Dupuy (i) sur un taureau. L'animal succomba après quatorze jours de maladie , pendant lesquels il présenta les symptômes qui chez les chevaux caractérisent la pousse. Le bonnet, adhérent avec le diaphragme, était percé, au point de son adhérence, ainsi que ce muscle lui-même, par un lU de fer qui était ainsi engagé dans le péricarde , et avait enfin pénétré le tissu du cœur; son extrémité existait dans l'intérieur du ventricule droit.
Une autre espèce de solution de continuité, que celle dont il vient d'être question, a été observée dans le cœur; c'est la déchirure des tendons et des piliers des valvules. Corvisart en a cité trois cas , dans lesquels cette déchirure parut s'être effectuée au milieu de violens efforts. Chez un individu atteint d'hypertrophie avec dilatation des deux ventricules du cœurj Laennec a trouvé rompu à son milieu un des tendons de la valvule mitrale. Un autre tendon était aminci d'une manière remarquable près de son extrémité valvulaire»
Enfin la solution de continuité peut avoir pour siège les colonnes charnues elles-mêmes. Chez une jeune fille phthisique, qui avait des quintes de toux très-violentes, et un pouls tellement précipité qu'on pouvait à peine en compter les batleuaens, M. Bouiilaud a trouvé rompue une des colonnes charnues auxquelles se terminent les tendons de la valvule tricuspide; il n'y avait dans le cœur aucune autre altération.
Les sokitions de continuité, complètes ou inconi-
(«) Journal de Mcdccinc vétérinaire , par Diipuy, onnrL'C 1S26, pag. 24.
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plètes du cœur , commencent quelquefois par la surface extérieure du cœur; c'est alors du côté du cœur qui touche le péricarde qu'on trouve des ulcérations. Un des cas les plus intéressans de ce genre qui ayent été publiés se trouve consigné dans les Mémoires de la Société Royale de Médecine, année 1776. Ce cas, qui est peu connu , me paraît assez curieux sous plus d'un rapport , pour que je croye devoir le transcrire
Une fille de vingt-deux ans, que sa mauvaise conduite avait fait renfermer à l'hôpital du Refuge de Perpignan , se plaignit , à son entrée dans cette maison , d'une pesanteur dans l'intérieur de la poitrine , qui répondait vis-à-vis de la mamelle gauche, entre la cinquième et la sixième vraie côte. Elle était en même temps atteinte d'un écoulement , de chancres à la vulve , de ragades et de condilômes près de l'anus. Elle fut soumise à un traitement antivénérien. Les divers symptômes syphilitiques disparurent, mais les accidens du côté de la poitrine persistèrent , et au bout de six mois il s'y joignit une douleur pongitive qui s'étendait de la partie latérale externe de la mamelle gauche , à la partie moyenne latérale gauche du sternum. Le pouls était petit, fréquent, irrégulier; dans les vives douleurs il se suspendait pendant quelques secondes. 11 y avait de fréquentes syncopes. 11 arriva un moment où la malade ne put plus se coucher : elle restait assise , un peu penchée en arrière sur le côté gauche ou sur le devant de la poitrine. La mort survint au bout de deux ans.
L'ouverture du cadavre montra les lésions suivantes : uï\c espèce de carcinome avait envahi une
d'aNATOMIE rATlIOLOGIQUE. OOi)
partie du cœur. On ne trouvait plus que quelques lambeaux du péricarde. Extérieurement un large ulcère occupait la face postérieure du cœur, dans toute l'étendue des deux ventricules. Au fond de cet ulcère on ne trouvait plus que quelques fibres musculaires qui formaient une toile très-mince , et qui furent rompues par une légère pression du doigt. Tout autour de l'ulcère la substance du cœur était notablement indurée , et comme squirr lieuse. Le cœur avait onze pouces huit lignes de circonférence au-dessous des oreillettes, et l'ulcère avait neuf pouces deux lignes et demie.