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cation , des dépots de matière albiimineuse , atht*roraateiise , eartilaginiforine , etc.? Mais, pour ces produits divers , il faudrait d'abord commencer par prouver qu'ils sont eux-mêmes le résultat nécessaire d'une irritation antécédente \ car aucune preuve satisfaisante n'en a encore été donnée. S'appuyerat-on , pour attribuer l'ossification artérielle à l'irritation, des changemens fréquens de nutrition que subit la tuni jue moyenne en même temps qu'elle s'ossifie? Sans doute il arrive souvent qu'on la trouve épaissie : mais le coronal d'un vieillard est-il irrité ou l'a-t-il été , parce qu'il est beaucoup plus épais que celui d'un enfant ?
L'ossification des artères, comme un grand nombre d'autres altérations de nutrition et de sécrétion , ne peut être expliquée ni par l'augmentation ni par la diminution (i) de la somme de vitalité répartie aux divers organes; cette ossification est le résultat d'une modification de l'acte de nutrition ou de sécrétion ; mais, cela posé , nous ne sommes qu'au commencement de nos recherches. Il faut que nous trouvions quelles sont les causes de cette modification , et , une fois ces causes connues , quels sont les moyens de les combattre. Mais comment se livrer à ces recherches? Peut-être, dans le cas actuel, ne serait-il
(i) Quelques auteurs ont effectivement regardé l'ossiGcatîon des artères comuie un résultat de leur diminutiou de vitalité. Mais il est bien évident que ce n'est encore là qu'une hypothèse , et voilà pourquoi ont souvent échoué la plupart de ceux qui ont essayé de prouver que l'irritation n'expliquait pas tous les états niorbide^s dont on voulait rendre compte par elle, 'c'est qu'à celte hypothèse ils en opposaient une autre, en restant brownistcs , et en attribuant à la faiblesse; ce que l'école de M. Broussais altribuail à un accroissement d'excitaliun.
d'anatomie pathologique. 587
pas absurde de partir d'une hypothèse , dans le but de la vérifier par des faits. Il y a long-temps que les praticiens ont remarqué la coïncidence ou la succession de trois grands phénomènes chez les goutteux : ces malades présentent à-la-fois des concrétions dures dans les articulations, de fréquens dépôts calcaires dans le système artériel, et ils sont tourmentés de la gravelle. Il y a long-temps aussi qu'on a observé que les goutteux , comme les individus sujets à la gravelle , avaient fait des excès de table, avaient abusé de la nourriture animale. Il y a enfm peu d'années que M. Magendie a démontré qu'en nourrissant un animal Carnivore avec des substances non azotées ou qui ne le sont qu'infiniment peu , on fait disparaître de l'urine, 1". l'acide urique , 2°. le phosphate de chaux; d'où il suit que si un individu se nourrit en trop grande abondance de substances qui contiennent beaucoup d'azote , son urine devra éliminer du sang une plus grande quantité d'acide urique et de phosphate de chaux* Mais si cette quantité devient encore plus abondante, on peut supposer que d'autres voies d'élimination viennent à s'ouvrir, que l'acide urique que l'on retrouve dans les articulations des goutteux est celui que les reins n'ont pu évacuer , et que le phosphate de chaux qui se dépose dans les artères est celui qui n'a pu sortir du sang avec l'urine. Ainsi ^ dans cette hypothèse, voilà plusieurs phénomènes qui semblaient n'avoir aucun rapport, et qui se trouvent unis par un lien intime : il y a du phosphate de chaux dans les artères ^ comme il y a de l'acide urique dans les articulations, parce qu'il s'en forme trop dans le sang, et ces divers troubles locaux n'ap-
paraissent plus que comme des eflfets d une causé* morbide générale dont le sang est le siège. Avant que ces affections locales ne se manifestassent , fie sang était donc déjà altéré , et partout devait tendre à s'établir un travail de sécrétion pour le débarrasser des principes en excès qu'il contenait ; mais cette tendance à un travail de sécrétion, comment se traduit-elle physiologiquement? Par une apparence d'accroissement local de vitalité, par l'afïlux d'une plus grande quantité de sang. Pathologiquement , cette tendance à la sécrétion devra se traduire aussi par les mêmes phénomènes : delà l'irritation réelle qui, d'une manière plus ou moins apparente, peut précéder la sécrétion morbide. Mais qui ne voit qu'alors cette irritation n'est elle-même qu'un effet , et qu'un élément fort secondaire de la maladie ? et ainsi , loin de la considérer comme la cause des sécrétions morbides qui vont s'accomplir , nous arrivons à admettre qu'elle ne prend naissance que pour favoriser l'élimination d'une matière morbide qui existe dans le sang. En arrivant à cette conséquence j'en suis en quelque sorte étonné moi-même ; mais ce retour vers des idées dont l'exagération a fait tant de mal à la médecine pratique doit-il arrêter ma plume?' je^ne le pense pas ; car, après tout, je sais fort bien que je ne suis que dans l'hypothèse ; mais celte hypothèse me semble très-bien lier tous les faits observés; elle les embrasse tous, soit les faits de symptômes, soit ceux d'anatomie pathologique, soit ceux de traitetnent, et, je ne crains pas de le dire, parce que ji'en ai la conviction profonde , cette hypothèse rend des faits un compte bien plus large que l'hypothèse
t)'ANATOMrE PATIIOLOCIQUE. SSg
4ans isiquelle chacun des désordres locaux dont nous avons cherché à saisir le lien n'est considéré vque comme le résultat d'une irritation toute locale, <Iont la cause ne saurait être cherchée ailleurs que dans le point inème au le désordre s*est accompli. De ces deux hypothèses la seconde a donné tout ce qu'on pouvait en tirer , elle sera désormais stérile; la première est bien autrement féconde, elle ouvre un champ vaste aux recherches 4 elle mérite doiie examen , et elle vaut la peine que pendant un certain temps on recueille des faits sous son influence. Lorsqu'on croira avoir épuisé le champ placé dans le point ûe vue de cette hypothèse, elle deviendra stérile à son tour, et il sera philosophique de chercher à la remplacer par une autre hypothèse.