‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 12 sur 43 · o PKÉCIS · texte numérisé non relu

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qui semblent être les vestiges de la p<ai'Iie antérieure du crâne et de la face. Il semble donc que les deux têtes étaient placées l'une au-devant de l'autre , et que la postérieure ne s'est pas développée. A l'intérieur du crâne, on trouve encore des vestiges d'une seconde tête; ainsî^ l'encéphale, simple en avant, offre en arrière des parties surnuméraires : souvent, par exemple, on a trouvé deux cervelets, circonstance qui est en rapport avec l'existence d'un double occipital. Le reste du squelette offre jusqu'au cou une duplicité plus ou moins parfaite. Dans chaque thorax existent deux poumons bien développés ; il y a deux trachées-artères, deux larynx, qui souvent ne sont surmontés que par une seule épiglotte. On trouve te plus ordinairement ]deux cœurs, dont la grandeur n'est pas toujours égale. Les deux aortes ascendantes se réunissent en une seule pour envoyer des artères à la tôte. Dans quelques cas cependant on n'a trouvé qu'un seul cœur logé au milieu d'un double thorax; les vaisseaux qui en naissaient présentaient alors une division double de celle qui leur est ordinaire. La disposition du canal digestif varie en raison de l'état plus ou moins simple des parties supérieures. Ainsi on a observé : i°. une ouverture buccale simple, puis immédiatement derrière elle toutes les parties doubles; deux langues, deux œsophages, etc. ; 2°. le anal digestif simple jusqu'à l'insertion de l'œsophage dans l'estomac; 3°. l'estomac lui-même simple , et le reste double; 4°. enfin l'intestin grêle simple également Jusque près de sa réunion avec le gros intestin. Le foie a été vu tantôt simple , mais très-volumineux, et pourvu de deux vésicules du fiel; tantôt on a ren^ contré deux foies bien distincts, La rate et le paii-

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créas sont notés comme étant doubles dans toutes les observations qui ont été publiées; il en est de même des organes génitaux et urinaires. Quant aux extrémités, on eu a trouvé tantôt huit bien conformées; tantôt il n'y avait que deux bi-as; et un troisième, soit incomplet, soit résultant au contraire de la fusion de deux autres , sortait du point où supérieurement les deux corps se réunissaienL Le&mem bres inférieurs ont présenté les mêmes anomalies La seconde division , opposée à la jjvécédente comprend les monstres à deux têtes (diccpbales), et à corps simple, etc.; ici d'ailleurs se présentent plusieurs variétés : i". la tête simple en arrière, peut n'être double qu'antérieurement; alors il y a un seul crâne et deux faces plus ou moins complètes, placées Tune à côté de l'autre. Une fente longitudinale, variable en profondeur, est interposée entre elles. Le nez est toujours double ; la bouche , d'après Meckel, n'a été vue simple que dans un seul cas. Chaque face est pourvue de deux yeux ; dans un cas cependant on n'en a trouvé que trois; mais l'un de ces yeux, placé au milieu, semblait formé de la réunion de deux autres, comme dans la cyclopie. On a trouvé de même soit quatre oreilles , les deux intermédiaires étant séparées ou réunies, soit trois, soit deux seulement ; en général , le côté par lequel chaque face se correspond présente quelque imperfection. 2°. Les deux têtes peuvent être séparées dans toute leur étendue, et parfaites dans tous les points. Quelquefois cependant la tête est encore réunie en arrière par une membrane tenue , ce qui semble constituer le passage du degré précédent à celui-ci. 5°. La duplicité, bornée

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à la tète dans les deux premières , peut s'étendre à tout le cou. 4°- Avec une tête et un cou doubles, portés sur un corps simple, on peut rencontrer une augmentation de nombre des extrémités supérieures, consistant dans la présence d'un membre surnuméraire qui monte entre les deux cous plus ou moins distans l'un de l'autre. Ce membre surajouté est d'ailleurs plus ou moins compliqué : ainsi ony a trouvé un humérus double , ou un seul humérus plus épais que de coutume, deux radius, une main munie de deux pouces ou de plus de cinq doigts, deux mains au bout d'un bras, et d'un avant-bras simple ; enfin on a trouvé cette extrémité fixée à un scapulum qui lui-même est quelquefois double. 5°. Avec l'existence d'une tête double à l'un des degrés précédens, et seulement des deux membres supérieurs , on peut trouver trois membres inférieurs. Ce cas est rare. On a vu le membre pelvien surnuméraire naître d'une des parties latérales du bassin, qui alors présente aussi des vestiges de duplication. 6°. Les extrémités supérieures peuvent être parfaitement doubles j mais alors les têtes ne sont plus placées l'une à côté de l'autre ; elles sont opposées par leur face. 7°. Enfin , les deux extrémités inférieures elles-mêmes peuvent être doubles, soit d'ailleurs que les deux surnuméraires soient complètement ou incomplètement développées. On les a vues, par exemple , ne consister qu'en de simples excroissances qui se détachaient des fesses, n'avaient que quelques pouces de longueur, et se terminaient par un ou deux doigts au plus.

Dans ces divers degrés de dicéphalie , bien qu'à l'extérieur le tronc paraisse simple , on trouve inté-

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rieurement plusieurs organes doubles , el qui le sont d'autant plus que la tête et le cou sont plus parfaitement séparés, et qu'il y a un plus grand nombre d'extrémités surnuméraires. Ainsi la colonne vertébrale, qui souvent n'est double que dans la région cervicale, peut être bifurquée dan§ toute son étendue, ou du moins jusqu'à la région lombaire. Chaque os du bassin peut lui-même être doublé. On a vu deux coeurs renfermés le plus souvent dans un seul péricarde ; il y a constamment augmentation de nombre des vaisseaux qui se portent aux parties supérieures. L'appareil respiratoire a été également rencontré double. La portion sus-diapbragmatique du canal digestif, l'estomac , l'intestin lui-même sont doubles ; mais inférieurement celui-ci devient simple, et se termine à un seul orifice anal. Le foie est toujours simple, mais plus grand que de coutume, et muni souvent d'une double vésicule du fiel. Il y a fréquemment deux rates. Les reins sont tantôt simples, tantôt ils commencent en quelque sorte à se doubler, ou, pour parler plus exactement, ils ofî'rent des vestiges d'un état double. Ainsi , deux des reins étant situés à leur place naturelle, on en a trouvé deux autres couchés sur la colonne vertébrale, et réunis en un seul. Dans un autre cas, il y avait aussi quatre reins; mais deux d'entre eux étaient très-petits, et sans uretère. La vessie urinaire et les organes génitaux sont généralement simples et bien conformés.

Ainsi donc, de même que lorsqu'une seule tête surmonte deux corps, on trouve fréquemment qu'elle résulte de la fusion de deux autres têtes, de même , dans un grand nombre de cas de dicéphalies , l'exis-

tejiee d'un seul corps n'est le plus souvent qu'apparente.

Enfin , dans un dernier degré de monstruosité double, toutes les cavités splanchniques sont séparées, du moins extérieurement; il'.y a deux têtes et deux troncs. Dans ce degré les membres peuvent encore présenter quelque imperfection. On a vu , par exemple, le quatrième membre inférieur n'exister qu'en rudiment; il sortait, comme un appendice, d'une cuisse bien conformée ; la jambe normale qui se continuait avec cette cuisse se terminait à un pied muni de sept doigts.

La réunion de ces fœtus peut avoir lieu par tous les points du corps : ainsi on en a vu joints l'un à l'autre , i". par le sommet de la tête Sur une même ligne droite; 2°. par la partie antérieure du thorax; 5°. par la partie antérieure de l'abdomen ; 4°. par l'épine dorsale; 5°. par le sacrum; 6*. par les fesses; etc. Quel que soit le point de la réunion , on peut en ad^ mettre de deux espèces, une superficielle, dans la-r quelle la jonction des deux fœtus n'est établie que par la peau et les os ; et une profonde , dans laquelle , au point de jonction, deux cavités qui paraissent séparées extérieurement n'en forment qu'une seule, et où, dans ce môme point de jonction, quelques organes des deux fœtus tendent à se confondre. Si, par exemple , les deux êtres sont réunis par la partie antérieure du tJiorax, il peut y avoir absence du sternum : alors les deux cavités thoraciques communiquent ensemble, et les organes contenus présentent dans leur disposition de notables variétés. Ainsi , tantôt il y a deux cœurs bien distincts et bien séparés ; tantôt, bicu

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ronforraés l'un et l'autre, ces cœurs sont renfermés dans un seul péricarde , étant d'ailleurs ou isolés, ou réunis dans leur périphérie, soit par du tissu cellulaire , soit par une véritable substance charnue , en un point ou dans toute leur étendue. D'autres fois il y a encore deux cœurs; mais ni l'un ni l'autre n'a subi son degré normal d'évolution. Enfin, on peut ne trouver qu'un seul cœur, mais plus ou moÏAS singulièrement conformé. Ainsi on l'a vu composé de quatre ventricules distincts; ailleurs il n'y avait que le nombre ordinaire des cavités, mais le ventricule gauche, beaucoup plus grand que de coutume, était divisé en deux loges par une cloison. De l'une de ces loges naissait l'aorte du fœtus gauche, qui fournissait l'artère pulmonaire de ce même fœtus; de l'autre loge naissait un simple rameau qui communiquait avec l'aorte du corps droit, laquelle naissait du ventricule droit, et fournissait aussi l'artère pulmonaire (Meckel). Chez d'autres monstres, le cœur bien conformé donnait naissance à un nombre double de vaisseaux ; ainsi deux aortes naissaient du ventricule gauche, etc. Enfin, dans ces mêmes circonstances, le cœur, loin d'être double, est quelquefois réduit à un plus grand état de simplicité que dans l'état normal. Ainsi on a vu des cas où au centre d'un double thorax réuni en une cavité unique était situé un cœur qui n'était composé que d'une seule oreillette et d'un seul ventricule; les artères pulmonaires naissaient de l'aorte , qui ne se bifurquait qu'à quelque dislance de son origine. Dans un autre cas rapporté par Meckel comme le précédent, il y avait deux oreillettes, et toujours Vin seul ventricule, d'où naissaient deux aortes; mais

de ptas une porlioii de ce ventiicule était séparée du reste par une cloison très-imparfaite ; de celte espèce de loge naissaient deux artères pulmonaires.

Si la réunion a li^u vers l'abdomen , le canal intestinal peut être simple dans une partie de son étendue : on peut aussi ne trouver qu'un foie, mais très-volumineux , souvent multilobé, et muni de deux vésicules.

Si enfin la réunion n'existe que vers la partie toutà-fait inférieure de l'abdomen , on voit se confondre plus ou moins les diverses parties qui constituent les parois du bassin ou qui sont renfermées <ians sa cavité. Alors il peut arriver que pour deux corps on ne trouve qu'un seul anus, ou que des parties génitales simples. Quant aux os du bassin, ou bien on en trouve de surnuméraires, ou bien, circonstance remarquable, oa n'en rencontre plus du tout; les membres inférieurs manquent, ou n'existent qu'imparfaitement développés, et fixés au bas de la colonne vertébrale à l'aide de petites pièces osseuses rudimentaires.

La force formatrice . sons l'influence de causes plXis ou moins appréciables, peut être non-seulement augmentée ou diminuée, d'où résultent les deux grandes classes de vices de conformation dont il a été jusqu'à présent question dans cet article, mais encore elle peut s'éloigner de son type normal, se pervertir, et de là résulteront d'autres vices de conformation dans lesquels il n'y aura ni défaut, ni excès de développement , mais seulement disposition insolite d'un ou de plusieurs organes. Dans cette nouvelle classe de vices de conformation , se range surtout la transposition générale desyiscères ihoraciques et abdominaux, de

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telle sorte, que toutes les parties qui clans l'état normal sont à droite se trouvent à gauche, et vice vcrsâ; le cœur, en particulier , est disposé de manière que sa pointe correspond à l'intervalle qui sépare la cinquième et la sixième côte du côté droit; ses ventricules et ses oreillettes occupent une position inverse de celle qui leur est ordinaire ; l'aorte est couchée le long du côté droit de la colonne vertébrale; c'est le poumon gauche qui a trois lobes; l'orifice pylorique de l'estomac est tourné vers l'hypochondre gauche, qui est occupé par le foie, tandis que la raîe est passée à droite. Le reste du cannl intestinal est également transposé ; ainsi le cœcum repose sur la fosse iliaque gauche , etc.

On ne peut expliquer cette transposition générale qu'en admettant une aberration dans le mode de formation primitive des organes; il faut noter que, dans les premiers temps de la vie intra-utérine, plusieurs viscères qui, par la suite s'inclineront à droite ou à gauche, commencent par être perpendiculaires, et situés sur la ligne médiane du corps : tel est le cas du cœur, de l'estomac, du foie même qui d'abord fait autant de saillie à gauche qu'adroite. La connaissance de cette disposition ne peut-elle pas servir à concevoir un peu plus facilement comment plus tard ces mêmes organes , situés sur la ligne médiane , s'inclinent accidentellement d'un côté plutôt que de l'autre? quant aux causes qui déterminent cette inclinaison insolite, on ne les a pas encore pénétrées.

Dans cette même classe de vices de conformation peuvent encore être placées les nombreuses anomalies d'origine des artères ou des veines ; nous ne signa-

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lerons ici que les principales, les autres ne consliluant que de simples variétés anatomiques qu'on est convenu de ne pas ranger parmi les vices de conformation. Le cœur, bien conformé d'ailleurs, peut donner naissance à deux aortes qui toutes deux naissent du ventricule gauche; l'artère pulmonaire peut provenir immédiatement de l'aorte. On a vu deux veines caves supérieures distinctes s'ouvrir isolément dans une seule oreillette droite (Béclard et J. Cloquet). Les artères qui naissent de la crosse de l'aorte présentent souvent dans leur origine des anomalies qui ont été décrites avec beaucoup de soin par Meckel et figurées par Tiedemann. Ces anomalies ont surtout rapport au nombre , qui est plus souvent accru que diminué : cette augmentation de nombre peut dépendre ou bien de ce que l'artère sous-clavière droite naît immédiatement de l'aorte, on bien de ce que l'aorte fournit des artères qui n'en proviennent pas ordinairement, telles que la vertébrale, la thyroïdienne inférieure, la mammaire interne. Ici, d'ailleurs, existent beaucoup de variétés relatives au lieu d'origine, à la direction et aux rapports mutuels de ces différentes artères. La diminution de nombre des troncs fournis par la crosse de l'aorte est le résultat de la réunion insolite de deux artères , soit que l'artère carotide gauche devienne une branche du tronc innominé , soit qu'elle]naisse d'un tronc commun avec la sous-clavière gauche , soit qu'un tronc fournisse les deux carotides, et un autre les deux sous-cîavières, soit enfin que, l'artère sous-clavière droite naissant isolément à sa place accoutumée, un autre tronc produise à-la-fois la sous-clavière gauche et les^deux ca-

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Votides. D'autres fois le nombre des troncs qui naissent de la crosse aortique n'est ni augmenté, ni diminué; mais leur origine est modifiée ; ainsi il n'y a plus de tronc innominé; chaque artère sous-clavière provient isolément de l'aorte, mais il y a un tronc commun pour les deux carotides. Les artères carotide et sous-clavière du côté droit naissent séparément, et le tronc innominé est à gauche. Celui-ci existe à sa place naturelle , et fournit la carotide gauche ; mais le nombre des troncs provenant immédiatement de l'aorte n'est pas pour cela diminué, parce qu'une des vertébrales en provient directement. D'autres fois, enfin, il n'y a d'autre anomalie qu'un changement plus ou moins notable dans la situation respective des trois troncs que fournit naturellement la crosse de l'aorte, soit que ces troncs soient plus éloignés que de coutume, soit qu'au contraire, plus rapprochés, ils tendent à se confondre, anomalie qui semble constituer le passage à la précédente , dans laquelle il y a réunion véritable d'artères ordinairement divisées. Il est remarquable que plusieurs des anomalies d'origine d'artères dont il vient d'être question représentent l'état normal de certains animaux; ainsi, par exemple, chez les oiseaux, la carotide gauche naît ordinairement d'un tronc qui lui est commun avec la sousclavière du même côté, etc. D'ailleurs, depuis qu'il est reconnu que les qualités du sang ne dépendent pas du lieu d'origine des artères , les variétés que peut présenter cette origine sont devenues moins importantes à connaître sous le rapport physiologique : elles ne peuvent tout au plus qu'apporter quelque modification dans la rapidité du cours du sang. En principe

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général, les artères se détachent de leur tronc le plus près possible de l'organe auquel elles doivent se distribuer; si cet organe a une situation insolite congéniale, le point d'origine de son artère est aussi changé , et toujours elle naît près du lieu où se trouve placé l'organe. C'est ainsi que chez un individu dont j'ai trouvé le rein droit logé dans le bassin, l'artère rénale de ce côté naissait de l'hypogastrique.

Si nous avons bien interprété les diflérens faits consignés dans cet article , nous en tirerons la conséquence générale que la plupart des monstruosités peuvent être rapportées à des vices de développement, de telle sorte que, pour s'en rendre compte, il est inutile d'avoir recours à l'existence d'une maladie qui aurait frappé le fœtus. D'abord cette dernière espèce de cause , à laquelle plusieurs auteurs ont voulu faire joiier un rôle à-peu-près exclusif dans la production des monstruosités, n'est point admissible pour l'explication des monstruosités par excès de nombre ou de grandeur des parties : elle ne saurait non plus rendre compte des différens vices congéniaux de situation dont nous avons déjà parlé. Quant aux monstruosités par défaut , il serait absurde de prétendre qu'elles ne peuvent jamais résulter de la destruction accidentelle d'une partie, ou des altérations que peut produire dans l'organisation du fœtus un travail morbide. Nul doute que certains cas d'anencéphalie, d'hydrocéphalie, d'encéphalocèle , d'atélomyélie, ne doivent être rapportés à une accumu-, Jation morbide de sérosité dans l'intérieur du crâne ou du rachis ; c'est ce qu'a très-bien fait ressortir , dans ces derniers temps, M. le professeur Dugès.

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M. Velpeaii a eu occasion de disséquer plusieurs fœtus venus avant terme, chez lesquels un bras, une portion de la face ou d'autres parties tombaient en une sorte de détritus , et tendaient à se détacher du reste du fœtus , comme si Ces parties avaient été frappées de gangrène. 11 est vraisemblable qu'un peu plus tard la séparation complète de ces parties malades se fiit opérée , et le fœtus fût venu au monde privé d'organes, qui, ayant d'abord existé, auraient été détruits; mais il n'en est pas moins Vrai que , dans d'autres cas qui semblent être les plus communs, les diflférens vices de conformation que nous venons de nommer ne doivent être considérés que comme'le résultat d'un simple arrêt de développement. De nombreuses preuves en ont été données dans le cours de cet article ; il serait d'autant plus inutile de les résumer ici , que déjà , à l'article Jnencéphale , M. Breschet a donné sur ce point tous les détails nécessaires. Nous ne pouvons donc mieux faire que de renvoyer à son excellent travail.

M. Geoflroy Saint-Hilaire , dont les beaux travaux ont fourni des argumens si puissans en faveur de l'opinion qui rapporte les diverses monstruosités à des vices de développement, ou , en d'autres termes à une altération du nisus formativus ^ admet dans un certain nombre de cas l'existence d'une influence mécanique. 11 pense que des adhérences contre nature établies entre le fœtus et ses membranes à une époque où les organes ne sont encore qu'ébauchés, peuvent d'abord détourner ceux-ci de leur situation accoutumée; et que dé plus, en détournant vers le placenta une partie du sang destiné aux organes du fœtus

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elles jirotîiiiscnl 'Lui'", ceux-ci un arrêt de dcvoloppcmeril. Si l'on objocle à colle théorie l'existence des Tices de conformation à l'intérieur du corps, M. Ge(jffrby Saint-IIilaire répond qu'il y a eu une époque où les organes atteints de ces vices de conformation ont été extérieurs , et par conséquent susceptibles de contracter des adhérences avec le placenta. Si ces adhérences persistent, continue l'illustre zoologiste, les orgiines internes resteront externes, et îes parois, qui ne se forment ordinairement qu'après eux et qui les renferment dans une cavité, ne se produiront pas. Si, au contraire, par suite de l'augmentation de pesanteur du fœtus ou de toute autre cause, les brides se rompent, les organes, qu'elles avaient gênés dans leur développement, pourront ne plus faire hernie, mais ils resteront imparfaits , parce que l'époque normale de leur évolution sera déjà passée. D'apics M. GeofiVoy, on retrouve chez beaucoup de fœtus des traces d'anciennes adhérences qui ont été détruites, et que l'on a prises mal-à-propos pour des débris d'organes. Cette théorie ne repose encore que sur un petit nombre de faits, et jusqu'à présent elle ne nous semble pouvoir rendre compte que de quelques cas particuliers de monstruosités ; un plus grand nombre d'observations sont nécessaires, pour qu'on puisse en faire une application un peu générale.

Si les monstruosités sont le résultat d'un vice de développement, et si ce dernier provient lui-même d'une influence mécanique extérieure , il s'ensuit qu'en agissant sur l'embryon à diverses époques de son existence , on pourrait empêcher le développement régulier de ses organes et produire à volonté

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un cerlain nombre <\c monsirnosités; c'est ce qu'a essayé de faire M. Geoffroy Sainl-Hilaire. Des poules ont couvé des œufs, soit renfermés, en totalité ou en partie , dans de la baudruche , soit vernissés par place;, ou bien dont la coquille avait élé rendue perméable par divers moyens. Dans différenscas, tantôt le poulet ne s'est pas développé du tout; tantôt il n'a pas acquis tout son volume; tantôt, au contraire , il a grandi outre mesure. Dans d'autres expériences , M. Geoffroy Sainl-Hilaire a cherché à modifier l'organisme de poulets renfermés dans des œufs couvés depuis plusieurs jours : pour cela , il secouait vivement, frappait ou perforait ces œufs. M. Geoffroy indique simplement ces expériences, et promet d'en donner plus tai'd les résultats. Nul doute d'ailleurs que certaines espèces de modifications , apportées dans la nutrition, ne puissent exercer une remarquable influence sur le développement de plusieurs parties. A l'appui de cette assertion, on peut citer en particulier les intéressantes expériences de M. Hubert de Genève, dans lesquelles, en plaçant une jeune abeille dans une alvéole plus ou moins fournie de miel il créait à volonté des mâles , des femelles ou des neutres.

Plusieurs auteurs ont encore fait jouer dans lu production des monstruosités un rôle plus ou moins exclusif à la pression insolite exercée sur le fœtus, soit par des tumeurs annexées aux parois de l'utérus , îsoit par la présence d'un second fœtus ou d'une masse d'hydatides. D'autres ont cru pouvoir attribuer un grand nombre de monstruosités à certaines dispositions dn cordon ombilical. Mais qu'est-il besoin de

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dire que , daas l'état actuel de la science , sans exclure aucune de ces causes , on ne doit les regarder que comme n'ayant qu'une influence très-secondaire sur la production des différens vices de conformation ? Que dirons-nous aussi de la grande influence attribuée long-temps à l'imagination des mères? Il nous semble toul-à-fait inutile d'allonger cet article par la discussion d'une opinion qui ne compte plus de partisans, et qui ne reposait que sur de grossières ressemblances entre certains vices de conformation et des objets hideux dont l'esprit des mères avait pu être occupé pendant leur grossesse. Ce qu'il n'est pas toutefois déraisonnable de supposer , c'est que de fortes émotions morales éprouvées par une femme enceinte ne puissent avoir une influence sur la nutrition de l'en/ant qu'elle porte dans son sein, en arrêter, en pervertir le développement ; mais celte cause elle-même n'est pas aussi puissante qu'on pourrait le croire à priori; car, d'une part, on voit tous les jours des femmes en proie aux émotions les plus fortes, accoucher d'enfans bien conformés, et , d'autre part , des monstres ont été mis au monde par des femmes dont la grossesse avait été fort heureuse sous tous les rapports.

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