‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 15 sur 43 · rr.ix.is · texte numérisé non relu

rr.ix.is

doit s'accompiir. Ainsi . cVstdans Ions les (issus qu'on a vu clicz l'homino de la race blanche .s'accon]j)lir de semljlablcs dépôts de matière coiorante. Quoi qu'il en soit, la description précédento démontre , chez un blanc, l'existence d'une couche colorée accidentelle précisément dans le même lieu où l'on a dit qu'elle existait chez le nègre. De plus, c'est de la malière qui remplissait cette couche que dépendait la coloration partielle de la peau dans le membre affecté d'éléphantiasis.

En plusieurs points l'épiderme paraissait recouvrir inunédiatement la couche que je viens de décrire ; il s'en séparait par la putréfaction sans être en aucune façon coloré; mais, en d'autres points, apparaissait une nouvelle couche qui s'interposait entre la couche colorée et l'épiderme, et qui , suivant les endroits où on l'examinait, avait des aspects différens. Tantôt ce n'était qu'une simple ligne blanche analogue à la couche épidermique des papilles; tantôt elle avait une épaisseur plus considérable ; elle acquérait en même temps une couleur grisâtre, une grande dureté, une véritable consistance cornée , et en quelques points elle était constituée par une série d'écaillcs superposées et comme imbriquées. Là où cette dernière disposition existait , on trouvait ordinairement l'écaillc la plus profonde médiatement soutenue par des papilles très-développées. Nui doute, d'après ces détails, que cette troisième couche, au-dessus de laquelle n'existait plus que l'épiderme , ne fût l'analogue de celle qui, chez le nègre aussi , a été trouvée par Gautier, et appelée par lui couche albide super^ ficielle; c'est cette même couche qui, rudimentaire

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rîu'z riiomuic oî se <.lévt'lt!j)pant chez les anirniiux pom- donner naissance «tux divers produits cornes, a ('■lé en conséquence plus scicntifiquenienl désijfnée )>ar M. Dulrocliet, sous le nom de couche cornée.

Ainsi donc se trouve démontrée par l'anatouiie pat}iologi([ue la disposition compliquée de cette parlie de l'a peau interposée entre le derme et lepiderme, que Malpighi signala le premier à l'attention des observateurs sous le nom de corps murjueux et réticulaire. (^elte partie avait surtout fixé son attention comme siéae de la coloration de la peau du nègre ; il avait vu dans la couche colorée cet aspect de réseau que j'ai dit aussi avoir trouvé , et à la surface du vésicatoire d'un nègre , f»t dans l'une des couches de la peau de l'individu afl'ecté d'éléphantiasis dont il vient d'être question.

Depuis ?>Ialpighi jusqu'à nos jours , les recherches en restèrent à-peu-près au point où il les avait laissées. ],e beau travail de M. Gautier ajouta de nouveaux faits à ceux qu'avait connus l'analomiste italien. Le fait pathologique dont je viens de rendre compte me semble démontrer l'exactitude des résultats annoncés par M. Gautier. D'après ce fait, je crois qu'on ne peut plus révoquer en doute que la peau de l'homme de la race blanche , comme la peau du nègre et des animaux , est composée des diverses parties qu'il a surtout constatées chez le nègre, parties qui, suivant les espèces , ou acquièrent leur maximum de développement, ou restent tellement rudimentaires , que ce n'est plus que sous l'influence de quelque circonstance pathologique qu'elles grandissent et deviennent visibles.

Fréquemment aussi on voit s'iiypcrlrophier les dif-

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fcrentes portions du lissu fibreux ; cette hypertrophie se manifeste tantôt par une simple augmentation de volume ; tantôt par le développement insolite de ce tissu en des points où, ordinairement rudiraentaire^ il ne peut être reconnu que par une allcntive ou minutieuse dissection , et où même on no l'admet souvent que par des inductions tirées de l'anatomie comparée.

L'hypertrophie du tissu cartilagineux est peu connue ; celle du tissu osseux, très -couimunément observée, présente un grand nombre de variétés dont la description appartient à celle des maladies de l'appareil locomoteur.

Ici , non plus , je ne dois qu'indiquer l'existence de l'hypertrophie du tissu nerveux, hypertrophie qui a été surtout bien constatée dans ses centres (soit encéphale, soit moelle épinière).

L'hypertrophie du tissu musculaire doit être considérée , 1°. dans les muscles de la vie de relation; 2°. dans le parenchyme charnu du cœur ; 5". dans les plans contractiles qui i^vôtent les 'membranes muqueuses gastro-inlestinale et vésicale ; 4°- enfin en plusieurs autres points où , sous l'influence d'un état morbide, on voit apparaître du tissu musculaire qui, dans l'état normal ^ n'y est pas apparent, ou n'y est qu'infiniment peu développé (trachée-artère^ bronches, vésicule biliaire, etc.). Et ici encore il faut remarquer que ce tissu musculaire , qui chez l'homme constitue l'état pathologique , est chez d'autres animaux l'état normal.

Il arrive quelquefois que les petits vaisseaux, qui charrient le sang dans la trame des tissus , viennent à prendre un développement insolite ; ils semblent

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comme végéter, el j3CUVont Ibrmer. par leur non^breux assemblage, des tumeurs j3lus ou moins volumineuses, qui tantôt s'élèvent au-dessus d'une surface , et tantôt restent cachées dans la profondeur des parenchymes. Ces vaisseaux peuvent former àpeu-près exclusivement la tumeur , soutenus seuleipent par du tissu cellulaire lâche ou serré, rare ou abondant. Ils peuvent aussi n'exister que comme accessoires dans une tumeur formée par d'autres éléiiiens anatomiques , telle qu'une portion végétante de membrane muqueuse. J'ai trouvé une fois , dans l'intestin, un corps mou et rougeâtre, du volume d'une noix, tenant à la surface intestinale par un assez large pédicule. Ce corps était composé , i". de la membrane muqueuse peu altérée ; 2°. du tissu cellulaire sous-muqueux, qui était singulièrement épaissi et induré; c'est de lui que dépendait le volume de la tumeur; 5°. de nombreuses veines qui, vers l'extréniité libre de celte tumeur, se groupaient en franges violacées, de manière à ressembler à des tumeurs hémorrhoidales gonflées de sang. Dans ce corps , du nombre de ceux qu'on appelle végétations ou polypes, nous ne voyons autre chose qu'une hypertrophie de quelques-uns des tissus normaux de l'intestin. En même temps qu'en augmentant de volume ils paraissent aussi augmenter de nombre, ces vaisseaux subi:ssent quelquefois dans leur texture des modifications telles , qu'il en résulte la formation d'un tissu qu'on ne saurait mieux comparer qu'au tissu de la rate. On voit, en effet, comme dans la rate, des aréoles nombreuses, remplies de sang, communiquer librement d'une part entre elles, et d'autre part avec I. 12

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(le grosses veines dont les parois, criblées de trous, se divisent à leur terminaison , ou pour mieux dire , à leur origine , en simples filamens qui se confondent avec le tissu aréolaire. Dans ces veines et dans ces aréoles circule ou stagne du sang dont la quantité variable produit dans la tumeur des changemens rapides de consistance, de forme, de volume. Souvent même ce sang s'échappe au-dehors , et d'abondantes hémorrhagies prennent naissance.

Le sang qui séjourne dans les aréoles présente dans son aspect , dans sa consistance , dans sa couleur , les mêmes variétés que le sang épanché dans les cellules de la rate. Ainsi on le trouve, soit dans diverses tumeurs , soit dans les différentes parties d'une même tumeur, décoloré, rouge pâle, grisâtre, semblable à de la lie de vin , ou noir comme le pigraentum de la choroïde ; on le trouve tout-à-fait liquide, consistant comme de la gelée de groseille bien prise, dur comme un morceau de muscle ; tantôt il est impossible de le séparer du solide qui le contient; tantôt on l'en exprime aisément par le lavage et par la pression, et le parenchyme qui le contenait se présente alors comme un tissu aréolaire ; il rappelle entièrement l'aspect , la texture du parenchyme splénique.

Telle est l'altération qui a été appelée fungus hématode , tumeur sanguine, et plus récemment tissu érectile accidentel. Au sein de ce développement vasculaire il peut arriver que d'autres lésions de nutrition ou de sécrétion viennent à se produire ; c'est ainsi que dans plus d'un fungus hématode l'on a trouvé , avec le réseau vasculaire très -remarquable qui en constituait la base , diverses productions mor-

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bides, des masses fibreuses, des squirrhes, du pus, de la mélanose , etc. De pareilles tumeurs se développent assez souvent soit dans l'épaisseur même de la peau , soit plus fréquemment encore dans le tissu cellulaire sous-culané et intermusculaire. On en rencontre dans les muqueuses , ainsi que dans les tissus qui leur sont subjacens. Parmi les tissus parenchymateux , le testicule est celui qui paraît en ôtre le siège le plus commun; elle constitue dans cet organe une variété du sarcocèle. J'ai vu à la Charité de nombreuses tumeurs érectiles développées dans les poumons d'un individu qui , plusieurs mois auparavant, avait subi l'ablation d'un testicule, dont l'intérieur était occupé par une tumeur également de nature érectile. Les tumeurs du poumon , au nombre de cinq ou six, avaient chacune le volume d'une noix ; elles étaient comme enchatonnées au milieu du poumon, demeuré sain autour d'elles; là où elles existaient, on eût dit que le parenchyme splénique avait remplacé le parenchyme pulmonaire. Dans un autre cas, qui m'a été communiqué parM. le professeur Marjolin, une tumeur, dont je ne saurais donner une idée plus exacte qu'en la comparant à un morceau de rate , fut trouvée dans le cerveau d'un homme dans le testicule duquel avait été également rencontré ce genre d'altération ; il avait été opéré d'un sarcocèle comme le malade de la Charité.

Considérée dans les organes, l'hypertrophie doit être distinguée eh celle qui en envahit toute la masse, et en celle qui ne s'est emparée que de quelques-uns des élémens anatomiques qui entrent dans leur composition. Il peut arriver, par exemple, que le (issu

cellulaire qui existe dans lonl organe s'iiyperlrophic assez pour devenir , dans cet organe , l'élénient prédominant , et pour qu'en même temps , par une sorte de balancement de nutrition, les autres tissus diminuent de volume, s'atrophient, et tendent plus ou moins à disparaître. D'autres fois, lorsqu'un organe est composé de plusieurs tissus propres , on voit un seul de ceux-ci être hypertrophié , tandis que les autres ou ont conservé leurs dimensions normales , ou en ont acquis une moindre. En général , toutes les fois qu'un organe s'hypertrophie , ses vaisseaux acquièrent un excès de volume : il n'est pas prouvé qu'il en soit de même de ses nerfs.

Les organes hypertrophiés peuvent être modifiés à divers degrés dans leur volume, dans leur forme, dans leur texture apparente. Leur volume peut être ou augmenté , ou conservé le même que dans l'état normal , ou diminué. L'augmentation de volume de l'organe hypertrophié est le cas le plus commim. Les deux autres cas peuvent arriver soit parce t[u'en même lemps qu'il y a hypertrophie d'un des tissus de l'organe, les autres se sont atrophiés, soit parce que l'organe est creusé d'une cavité, et que son hypertrophie s'est effectuée par accumulation de substance du côté seulement de celle de ses faces qui limite celte cavité. Alors cette dernière se trouve ou rétrécie , ou même complètement oblitérée. D'autres fois, au contraire, l'hypertrophie d'un organe creux coïncide avec un notable agrandissement de sa cavité ; d'autres fois, enfin, celle-ci n'est ni diminuée ni augmentée. L'hypertrophie isolée de quelquesuns des tissus d'un organe (soit tissus communs, soit

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tissus propres) en modifie quelquefois l'aspccl n un tel poiut qu'il n'est plus réellement reconnaissablo. Alors on peut le prendre facilement pour une production accidentelle, ou bien Tou; peut croire son tissu normal remplacé par un tissu de nouvelle formation , lorsqu'il n'y a eu véritablement d'autre modification dans sa texture, qu'un accroissement insolite de nutrition d'un ou de plusieurs de ses élémens analomiques.

L'hypertrophie peut exister seule ou coïncider avec d'autres altérations dans le tissu ou dans l'organe où elle a lieu. Ainsi il peut y avoir en môme temps hypepémie et hypertrophie ; ailleurs, loin qu'il y ait augmentation de la quantité de sang en circulation dans la partie hypertrophiée, elle en reçoit au contraire moins que de coutume ; elle est pâle , anémique; dans cet état se rencontrent assez souvent certaines portions de tissu cellulaire en hypertrophie; L'hyperémiea pu alors précéder l'hypertrophie ; mais elle a disparu. Ainsi donc on trouve les parties hypertrophiées ttin tôt avec leur couleur accoutumée , tantôt rouges ou brunes, tantôt décolorées et comme exsangues. Quant à leur consistance, il y a des cas où elle n'est pas modifiée; d'autres fois elle est augmentée, et c'est même là le cas le plus commun ; d'autres fois enfin elle est diminuée, et le tissu hypertrophié est en même temps ramolli.

Si de la simple observation du phénomène de l'hypertrophie nous passons à l'étude de ses causes , que saisissons- nous ? Penserons- nous que nous aurons expliqué la formation de cet état par un alïlux de

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sang, plus considénibic que de coutume, vers Id partie qui doit s'hypertrophier? Cette congestion sanguine peut sans doute être conçue comme jouant un rôle dans la production de l'hypertrophie. Mais, théoriquement parlant, elle ne me paraît en être la condition ni unique , ni même nécessaire. Elle n'en est pas la condition unique : car vainement y aurait-il appel insolite de sang vers un organe, il ne ferait qu'engorger celui-ci, sans se changer en son tissu, s'il n'y avait dans l'organe lui-même augmentation de la force assimilatrice ordinaire; alors, si je puis ainsi dire, cette force travaille plus activement les matériaux que le sang lui apporte, et, pour qu'il les entraîne dans son tourbillon nutritif en quantité surabondante, qu'est-il besoin de supposer que plus de sang lui arrive dans un temps donné? Mais cet excès de force assimilatrice est-il lui-môme nécessaire à la production de toute hypertrophie, et ne peut-on pas concevoir des cas où, cette force restant la même, il y a diminution de cette autre force, dite désassimilatrice, en vertu de laquelle les molécules des solides s'en séparent sans cesse pour rentrer dans la masse du sang d'où elles avaient été tirées? Est-ce parce qu'il en est quelquefois ainsi que , dans plus d'un cas, des hypertrophies, vainement combattues par les émoUiens , par les émissions sanguines, ont disparu sous l'influence de substances stimulantes (iode, mercure, etc. ) ? De ces considérations théoriques arrivons à l'observation des faits. De ceux-ci peuvent être tirées les conséquences suivantes :

1°. Plubicurs hypertrophies se produisent par le

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seul fait d'un surcroît d'activité habituelle dans l'exercice des fonctions des organes.

2°. D'autres hypertrophies ont lieu à la suite d'un travail non douteux d'hyperémie active, soit aiguë, soit surtout chronique. Dans ce cas on observe que tantôt l'hypertrophie n'existe que dans le tissu même qui a été irrité et hyperémié , et que tantôt, après le retour de celui-ci à son état normal , ce sont les tissus voisins qui, lentement modifiés dans leur nutrition, restent malades et s'hypertrophient. C'est ce qu'on peut constater dans beaucoup de cas de phlegmasies des membranes tégumentaires internes et externes.

3'. Il est enfin des hypertrophies pour la production desquelles on ne peut plus admettre que par analogie avec les cas précédons l'existence d'un stimulus, ou physiologique ou pathologique, dans l'organe qui en est le siège. On dit alors qu'il y a dans cet organe irritation nutritive; mais pourquoi ne dirait-on pas aussi bien qu'il y a diminution d'activité dans son mouvement normal de décomposition? Dans ces. deux opinions, je ne vois également qu'hypothèse. S'il en est ainsi , n'appuyez exclusivement la thérapeutique ni sur l'une, ni sur l'autre do ces opinions; mais prenant cette hypertrophie comme un fait , cherchez expérimentalement s'il est des moyens de la combattre et de la détruire. Ainsi a été trouvé l'iode pour détruire l'hypertrophie du corps thyroïde. Ainsi a été trouvé le mercure pour détruire certaines exostoses , véritable hypertrophie du tissu osseux.

D'ailleurs, parmi ces hypertrophies, dont il n'est pas démontré que la cause soit une stimulation an-

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téccdenlG ou actuelle de l'organe qui en est le siëge, les unes ne consistent qu'en une affection purement locale, les autres semblent intimement liées au mouvement nutritif général ; ils ne sont, si l'on peat ainsi dire , qu'une des expressions saillantes qui révèlent les modifications profondes qu'a subies dans toute molécule du corps ce mouvement nutritif. Dans ce cas sont les scrophuleux. Parmi les divers groupes de phénomènes morbides que prosentent ces individus, qui n'a pas remarqué l'hyperlrophie simultanée que subissent chez eux le corps thyroïde, le cerveau , plusieurs parties du S3'slème osseux, le foie, la langue, ta lèvre supérieure? 11 nous paraîtrait bien pou physiologiste celui qui, dans chacune de ces modificaiions de la nutrition, ne verrait qu'une affection locale et ne chercherait à combattre qu'elle.

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