MODIFICATIONS DE QUALITÉ DES SÉCRÉTIONS
Nous avons établi au commencement de ce volume que partout où existait une molécule vivante, existait aussi une sécrétion. Partout où cette sécrétion slaccomplit , il peut arriver qu'elle soit modifiée dans ses qualités; de telle sorte qu'à la place du liquide qui doit normalement constituer son produit , on trouve une matière qui en diffère plus ou moins. Cette matière morbide peut occuper la place , i°. des liquides spéciaux fournis pnx les divers appareils se-
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crëleurs à slructure également spéciale ; 2°. du fluide perspiratoire qui se forme partout où il y a vie. Ainsi le mucus , la salive , la bile , l'urine , etc. , présentent dans leurs qualités de nombreuses et importantes modifications , qui tantôt sont liées à certaines altérations dans le mode de circulation ou de nutrition de l'organe sécréteur, et qui tantôt, existant sans lésion appréciable de celui-ci, reconnaissent souvent pour cause des altérations de la masse même du sang ou des vices de l'innervation. Nous ne parlerons point ici des altérations de ces divers produits de sécrétion , parce que leur histoire ne saurait être séparée de celle des organes euxmêmes qui les forment, organes dont l'anatomie pathologique sera tracée dans le second volume de cet ouvrage. Nous n'allons donc traiter maintenant que des divers produits morbides qui se forment, là où ordinairement vient à se former le fluide perspiratoire. N'oublions pas, d'ailleurs, qu'il est souvent difficile d'établir d'une manière bien tranchée si le produit morbide trouvé dans un organe est le résultat d'une altération de la sécrétion de ce fluide perspiratoire ou d'une altération de la nutrition proprement dite. Très-soift^ent ces deux genres d'altérations se trouvent réunis. C'est ainsi que dans les tumeurs squirrheuses de l'estomac , en même temps qu'il y a épaississement manifeste du tissu cellulaire sous-muqueux, en même temps que la tunique musculaire est notablement hypertrophiée, on ne peut pas méconnaître qu'entre les molécules des tissus s'est opéré un dépôt de matière nouvelle , qui occupe la place du fluide perspiratoire normal.
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Puisque le fluide perspiratoire existe partout, partout aussi peut s'opérer la sécrétion morbide qui le remplace ; la force qui partout produit ce fluide perspiratoire analogue à lui-même , indépendamment de tout arrangement de matière, peut aussi reproduire partout une matière morbide également analogue à elle-même : c'est ainsi que dans les parties les plus diverses apparaît indifféremment du tubercule. Dans ses variétés nombreuses , cette matière morbide peut être liquide ou solide ; elle peut prendre lour-à-tour ces deux états. Une fois séparée du sang, elle tend à augmenter de volume; ce qui a lieu, suivant les cas , ou par simple dépôt de nouvelles molécules incessamment sécrétées (accroissement par juxta-position), ou par développement intérieur, spontané, semblable à celui qui , dans le germe fécondé , transforme peuà-peu une gouttelette de liquide en un être vivant (accroissement par intus-susception). Les produits morbides dont l'accroissement a lieu de cette seconde façon, doivent être considérés comme doués d'une force plastique , en vertu de laquelle , représentant dans leurs diverses phases de développement celui de l'embryon ou des différens êtres de la série animale, ils deviennent eux-mêmes des êlres de plus en plus organisés et vivans.
Soit que ces produits morbides restent stationnaires, soit qu'ils augmentent de volume de l'une ou de l'autre des manières qui viennent d'être indiquées, ils peuvent subir dans leur aspect , dans leur texture , dans leurs propriétés, diverses mutations dont il faut chercher la cause , soit en eux , soit hors d'euxmêmes. S'ils n'oflVent aucune trace apparente d'or-
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ganisatlon , si rien en eux ne révèle de phénomène vital, ce n'est point en eux (ju'il faut chercher la cause des changemens qu'ils éprouvent ; ces changemens leur sont imposés par les modifications mêmes que subissent les parties vivantes au sein desquelles existe le produit morbide. Si, par exemple , après avoir été mou, ce produit vient à durcir, c'est parce qu'il y a eu par les tissus vivans qui l'entourent absorption de quelques-uns de ses principes. Si après avoir été dur il vient à se ramollir, c'est le plus ordinairement parce que de la part de ces tissus , irrités par sa présence, il y a eu sécrétion d'une autre matière nouvelle, de pus, qui tend à dissocier les molécules de l'ancien produit , afin que s'accomplisse la loi en vertu de laquelle tout corps étranger, déposé en un point de l'économie , doit en être éliminé. ( frayez plus bas l'article sur les Tubercules.) Si, au contraire, le produit morbide présente quelque trace d'organisation ou de vie, c'est à-la-fois et hors de lui , comme dans le cas précédent, et en lui-môme , qu'il faut chercher la. cause de ses modifications ultérieures. Comme tout être doué de vie, ce produit morbide se nourrit et sécrète ; de là , en lui , deux séries de phénomènes , dont l'une est pour lui l'état physiologique ( formation de vaisseaux , exhalation de sérosité , développement de divers tissus , etc. ) , et dont l'autre est pour lui l'état pathologique (troubles de circulation , de nutrition ou de sécrétion, analogues à ceux que présentent les dilTérens êtres vivans).
Les tissus au sein desquels se développent ces produits morbides se présentent avec l'un des états suivans.
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1% ÉlaJ; sain , soit que ces tissus l'ayent toujours été, 5oit que l'examen des circonstances antécédentes porte à penser que , plus ou moins gravement lésés à l'époque de la première formation du produit morbide , ils soient ultérieurement revenus à leurs conditions physiologiques. Tout en conservant son état sain, le tissu où existe le produit morbide peut être soumis de la part de celui-ci à une compression qui en modifie l'aspect et peut en altérer l'action.
2°. Hyperémie active. Dans ce cas, autour du produit morbide on trouve une injection plus ou moins vive, et comme en s'accroissant par juxta- position, plusieurs produits morbides viennent à emprisonner entre leurs molécules des parties mômes du lissu au milieu duquel ils ont pris naissance, il s'ensuit que la même injection que l'on retrouve autour de la masse entière peut se retrouver aussi dans son intérieur; en pareil cas, l'on a à tort regardé comme appartenant au produit morbide lui-même des vaisseaux qui quelquefois le sillonnent en sens divers. Ces vaisseaux appartiennent aux débris de tissus emprisonnés au sein de la production accidentelle. On peut s'en assurer, suivant les cas, soit par la dissection, soit par une macération peu prolongée. Celte hyperémie peut se présenter avec toutes les nuances de coloration que nous avons ailleurs signalées. Ainsi autour ou à l'intérieur d'un produit de sécrétion morbide, on peut observer, soit une couleur rouge , soit une teinte grise ou brune , soit une teinte d'un noir plus ou moins foncé ; et lorsque dans ce dernier cas il y a en même temps induration de tissu , l'on a l'habitude de dire qu'il existe une complication
de mélanose. Cette hyperémie n'est pas nécessairement continuelle ; il peut arriver qu'elle n'existe que par intervalles, qu'elle se produise d'une manière périodique. Plusieurs produits de sécrétion morbide ne signalent leur existence par quelque symptôme que lorsqu'autour d'eux vient ainsi à se reproduire riiyperémie. Développée sous l'influence d'une irritation qui a son point de départ dans le produit morbide, dont l'action sur les parties environnantes peut être comparée à celle exercée par un corps étranger , l'hyperémie détermine à son tour une activité nouvelle dans le travail de sécrétion : le produit de celleci est tantôt une matière analogue à celle qui constitue l'ancien produit ; tantôt c'est une matière d'aspect différent ; c'est , par exemple , du pus ou du sang.
3°. Modification de la consistance des molécules du tissu environnant. De là , autour de la production morbide , divers degrés d'induration ou de ramollissement.
4°. Modification du nombre des molécules du tissu environnant. Delà, tantôt un état d'hypertrophie, mais tantôt aussi une atrophie lort remarquable , par laquelle peut disparaître peu-à-peu tout un parenchyme à mesure que s'accroît la sécrétion morbide. 11 semble que dans ce cas , en même temps que devient prédominante la force de sécrétion dans la trame cellulovasculaire de l'organe , en même temps diminue celle autre force en vertu de laquelle se séparaient du sang , au sein de cette trame , les molécules destinées à constituer le tissu propre de l'organe. Dans celui-ci se passe en quelque sorte ce qui a lieu dans tout le
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X!orps, lorsqu'il maigrit par suite de l'activilé insolite d'une B^crétiofi quelconque. Celte atrophie , qui coïncide avec une sécrétion, indique une modification des actions organiques : mais est-elle un résultat d'irritation? rien ne le prouve.
5°. Sécrétion purulente. Elle a lieu soit autour de la masse entière du produit accidentel, soit entre ses diverses parties , lorsqu'entre celles - ci sont restés comme emprisonnés des débris du tissu de l'organe au sein duquel ce produit a pris naissance. La période de ramollissement des productions accidentelles ne me semble être autre chose que le résultat d'une sécrétion de pus, qui vient ainsi » sk)pérer autour ou au milieu de la production morbide : dans le premier cas , celle-ci perd sa consistance de la circonférence au centre; dans le second cas , elle la perd du centre à la circonférence. Les molécules de la production morbide sont divisées, délayées par le pus nouvellement sécrété, ^et, comme un coa'ps étranger, elles sont de la sorte entraînées facilement hors de l'économie , à travers des voies accidentellement formées pour leur livrer passage. A la place qu'occupait le produit de sécrétion morbide, reste le plus ordinairement une solution de continuité , une ulcération qui tantôt se cicatrise et tantôt continue à sécréter indéfiniment , soit du pus, soit une matière plus ou moins -Semblable à celle qui constituait l'ancien produit morbide. Ainsi, dans cet ensemble de phénomènes pathologiques , comme dans toute fonction de l'état sain , nous voyons se succéder une série d'actions organiques qui se reproduisent constamment dans le même ordre et avec une même fin. •
Que si nous cherchons à déterminer les symptômes qui se lient à l'exislence de l'une quelconque de ces productions morbides, nous trouverons d'abord que pour toutes il est des cas dans lesquels elles naissent et s'accroissent, sans qu'aucune sorte de symptôme, soit local, soit général , en révèle l'existence. D'autres fois, sans qu'il y ait encore aucun trouble local dans le point où s'effectue la sécrétion morbide, on observe, dans l'ensemble des diverses fonctions, plusieurs désordres dont la cause est obscure, inappréciable : tantôt ce sont des troubles variés de l'innervation, c'est un malaise, une difficulté d'être; on re*garde ces désordres comme de simples résultats d'une névrose, d'un état d'hypocondrie, etc, Jusqu'à ce que des symptômes locaux plus tranchés en fassent connaître le véritable point de départ; tantôt ce sont de petits accès de fièvre , qui n'ont rien de régulier, soit dans leur forme , soit dans leur retour; tantôt, enfin , la nutrition proprement dite s'altère , un amaigrissement de plus en plus considérable a lieu, et quelquefois mêiue existe un commencement de marasme avant que la lésion qui la cause ait pu être reconnue. Quel plus frappant exemple pourrait-on trouver de cette merveilleuse solidarité des diverses actions organiques, en vertu de laquelle le trouble d'une seule entraîne tôt ou tard le trouble de toutes?
Les désordres locaux , qui sont le résultat de l'existence d'une production accidentelle au sein d'un organe, consistent ou dans le trouble même des fonctions de cet organe , ou dans l'éveil de la douleur. Celle-ci n'est constante pour aucune des productions morbides que nous étudierons plus bas; pour au-
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cnne elle n'offre de caractère particulier par lequel puisse être reconnue la nature de la production ; trèssouvent elle manque complètement. Toujours, d'ailleurs, il faut distinguer les symptômes que produit la sécrétion morbide elle-même, de ceux auxquels donnent lieu les diverses lésions qui peuvent se développer dans le tissu môme où elle a pris naissance. Ainsi, sous le rapport des symptômes locaux ou généraux qui peuvent en résulter, il est bien différent, par exemple, qu'autour de la production accidentelle existent ou non une congestion sanguine, un ramollissement, une sécrétion de pus, etc.
On a souvent essayé de remonter aux causes sous l'influence desquelles prennent naissance les productions accidentelles; pour en expliquer l'origine, trois principales opinions ont été émises : les uns ont vu dansées productions un résultat d'atonie ; les autres les ont rapportées à un accroissement de vitalité, à un état de stimulation ou d'irritation ; d'autres, enfin, n'admettant comme élémens nécessaires de ces productions ni la faiblesse, ni l'irritation, ont tout simplement établi qu'elles étaient le fruit d'une modification, d'une perversion de l'acte normal de nutrition et de sécrétion. C'est également en s'appuyant sur des fails réels que les partisans de l'une ou de l'autre de ces trois opinions les ont soutenues. Ainsi ceux qui n'ont vu dans les productions accidentelles qu'un résultat de faiblesse, ont surtout insisté sur ce que quelques-unes de ces productions se développent principalement chez des individus d'une constitution débile , dont la peau décolorée , les muscles grêles et le sang peu riche en fibrine annoncent une vitalité
peu active; ils ont surtout été frappés de ce que, parmi ces productions-, il en est quelques-unes qui apparaissent plus spécialement au milieu de circonstances qui ont pour effet d'éîiervcr les individus qui y sont soumis, d'en empêcher le complet développement. Ainsi, en même temps que, sous l'influence d'un air humide et sans soleil^ le sang circule moins abondant ou moins coloré dans les réseaux capillaires de l'enveloppe cutanée , en même temps qu'il y a tendance à un accroissement d'acLivité dans les diverses sécrétions de sérosité et de mucus , en même temps aussi des tubercules se forment , des entozoaires se développent en diveI^es parties du corps. Dans tout cela , il y a, en fait, diminution des forces apparentes de l'individu et tendance à une rétrogradation réelle vers l'organisation des êtres inférieurs; mais en théorie l'on peut répondre que cette diminution de l'activité vitale n'existe que dans quelques appareils ou dans quelques fonctions, et qu'ailleurs, là où se forment des tubercules ou des vers , il y a accroissement de cette activité vitale , ou en d'autres termes irritation. A cela l'on peut dire qu'en développant toutes les nuances possibles d'irritation l'on ne fait pas naître ces productions accidentelles, tandis que sans irritation apparente elles naissent et se multiplient avec une merveilleuse facilité , toutes les fois que viennent à agir sur l'économie les influences réellement débilitantes d'air et d'alimentation précédemment indiquées. Les parties où naissent alors les productions accidentelles ont -elles réellement une vie moins active, comme celles où se formic le sang? je l'ignore; mais toujours est-il qu'in-
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conteslablement elles reçoivent un sang modifié; de là, niodilicalion nécessaire et de leur nutrition et de leurs sécrétions. Voilà jusqu'où les faits nous conduisent. Etablir qu'il y a en pareil cas perversion de ces actions organiques , c'est rester dans le domaine des faits; établir que ces actions organiques sont ou diminuées ou augmentées, ce n'est plus que soutenir une hypothèse. Il est toutefois incontestable que des signes non douteux d'irritation , ou en d'autres termes , d'une augmentation de vitalité dans les parties malades , y précèdent bien souvent le développement d'une production accidentelle. Mais cette irritation dont l'existence peut être également démontrée , soit par les symptômes , soit par l'anatomie pathologique, soit par l'examen des causes , cette irritation , dis-je , suffit-elle seule pour expliquer la formation du moindre produit accidentel? 11 faudrait pour cela que l'on pût démontrer que la formation de tout produit accidentel est en rapport avec un certain degré dans l'intensité ou dans la durée de la congestion sanguine, par laquelle se traduit à nous l'irritation. Or il n'eu est certainement point ainsi, et, soit que la congestion soit forte ou faible , de longue ou de courte durée , on voit apparaître indifleremment à sa suite les produits les plus variés, ou bien l'on n'en voit aucun se former. De là il suit déjà que si cette congestion est une condition de l'existence de ces produits, elle ne détermine pas nécessairement leur formation ; et ce n'est en aucun cas ni par cette congestion seule, ni par ses degrés, que peut être expliquée la nature spéciale de ces produits. Dans beaucoup de cas, d'ailleurs, rien ne démontre que cette congestion ait ja-
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mais existé; que si, en l'absence de toute congestion appréciable, on n'en admet pas moins une irritation nutritive ou sécrétoire ^ je réponds que la supposition de celte sorte d'irritation est la plus gratuite des hypothèses. Que si l'on dit que par analogie on est conduit à l'admettre, je répondrai que le raisonnement par analogie n'est admissible que lorsqu'il repose sur une rigoureuse induction, que lorsque, par exemple, il est démontré que la coexistence de deux faits ne peut avoir lieu sans qu'un troisième existe; en pareil cas, il suffit d'apercevoir les deux premiers pour affirmer l'autre. Où en serait la science , si de la coexistence fréquente de deux phénomènes on en déduisait leur corrélation nécessaire? Sur ce vice de raisonnement repose cependant la doctrine dans laquelle tout produit accidentel est regardé comme dû à une augmentation de vitalité , à une irritation dont l'observation dément la constance, et dont la théorie repousse la nécessité. Tout ce qui tend à modifier le travail normal de sécrétion interstitielle, tend à créer une production accidentelle. C'est seulement ainsi qu'agit l'irritation ; ce n'est pas parce qu'elle augmente l'activité de la nutrition ou de la sécrétion ^ c'est parce qu'elle dérange cette double action organique , que l'irritation concourt à la formation des produits accidentels. Tout iiiodificateur, par cela seul qu'il change le mode normal de nutrition ou de sécrétion , peut également donner naissance à ces produits. Qu'il agisse d'ailleurs ou en excitant ou en débilitant, cela importe pour la détermination du traitement à suivre , nsais nullement pour la formation même du produit. Si ce produit prend souvent naissance dans un organe dont
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le mouvement vital a pris antécédemment une hisoHle activité , d'autres fois aussi il apparaît là où il v a activité moindre de ce même mouvement vifa!. C'est ainsi que la mélanose , qui se forme fréquemment dané des poumons cbroniquement irrités, vient aussi à se déposer dans des poumons très -sains de vieillards, poumons dont les élémens auatomiques s'atrophient, et qui vivent réellement moins que des poumons d'enfans ou d'adultes.
11 y a dans chaque individu certaines manières d'être qui fondent les diverses constitutions, et qui, imprimant un caractère spécial à l'innervation , à l'hématose , à toute nutrition et à toute sécrétion, sont la cause réelle , nécessaire, des productions morbides. Ces constitutions peuvent être indépendantes de l'organisation primitive de l'être : elles peuvent lui avoir été données par les influences extérieures. Ainsi l'habitation d'un air froid, humide et ^ans soleil, modifie l'économie de telle sorte, que dans tout organe vient à naître une disposition à la sécrétion du tubercule : ainsi, dans ce même air, on voit des entozoaires se développer avec abondance , soit dans le tube digestif, soit ailleurs; une alimentation aqueuse, insuffisamment réparatrice, produit chez les moutons la douve du foie [fasciola lispatica ) , et chez l'homme, un régime trop fortement azoté donne naissance à une sécrétion surabondante d'acide urique , soit dans les reins , soit dans d'autres parties où il ne s'en forme pas ordinairement. Indépendamment de ces influences extérieures , il est d'autres influences qui résident dans l'être lui-même. Ainsi , à mesure que chaque âge apporte dans l'organisme des modifications nou -