rr.Kcis
veiks, des socrélions morbides, de nature diverse , tendent à s'eflecliier. Dans l'enfance, par exemple, le tubercule est la plus fréquente de ces sécrétions; dans la vieillesse, c'est la mélanose.
L^s produits des sécrétions morbides sont nombrciix <"t très -variés ; aussi a-t-on cherché à les classer et à les distinguer par des noms. Mais tout ce qtii a été tenté à cet égard ne peut être considéré que comme du provisoire. Ainsi ce ne peut être que provisoirement qu'on est convenu de distinguer certains produits morbides les uns des autres, en les dénommant tantôt d'après leur forme (tubercule) , tantôt d'après leur couleur (mélanose ) , tantôt d'après leur ressemblance plus ou moins grossière avec divers corps, soit avec de la colle (matière colloïde) , soit avec la substance du cerveau (matière encéphaIoïde\ Qui ne sent que toutes ces dénominations appartiennent encore à l'enfance de la science? convaincus de leur insuffisance , essayerons-nous de leur substituer d'autres dénominations? nous éprouverons un grand embarras, parce que les données scientifiques nous manqueront. Chercherons-nous en effet à dénommer les productions morbides d'après leurs caractères chimiques? nous ne le pourrons pas ; car les produits les plus dissemblables sous beaucoup de rapports présentent à l'analyse des principes identiques, soit de l'albumine, soit de la fibrine, soit d'autres matières animales, qui ne se rapportent d'une manière bien tranchée à aucun des principes immédiats bien connus.
Lesproduits de sécrétion morbide , quels que soien t leurs caractères chimiques ou physiques, peuvent se
«livîser en deux grandes classes , suivant qu'ils offrent ou non des caractères d'organisation et de vitalité. Je crois cette division bonne à établir, parce qu'elle fixe dans l'esprit un des phénomènes les plu« iniportans à connaître des productions accidentelles. Voici donc l'ordre dans lequel ces productions pourraient être classées et décrites.
Dans une première classe pourraient être rangés tous les produits de sécrétion morbide, qui jusqu'à présent n'ont manifesté aucun caractère d'organisation, aucune trace de vitalité.
Ces produits présentent tous les degrés de consistance ; ils sont indifféremment solides ou liquides ; le même produit peut tour-à-tour offrir l'un ou l'autre de ces étals : liquide .d'abord, il peut ensuite se solidifier ; solide dès qu'on commence à l'apercevoir il peut se liquéfier plus tard. La chimie démontre surtout dans ces produits l'existence de l'albumine de la gélatine, et d'un certain nombre de sels. Cher che-t-on à en faire l'anatomie ? on ne trouve dans ceux de ces produits qui sont solides , ni fibres, ni lames j ni aréoles, ni canaux, rien en un mot de ce qui annonce ordinairement un corps organisé. Les phénomènes de vie ne s'observent jamais en eux , mais seulement dans les tissus au milieu desquels ils se sont formés, soit que ces tissus les entourent ou les traversent. C'est également dans ces tissus que réside la cause des changemens que ces produits morbides peuvent éprouver, ainsi que j'ai cherché à le démontrer plus haut.
Les produits de sécrétion morbide , qu'il faut ranger dans celle première classe . sont les suivans :
r. Le pus.
2°. Le luberculc.
5'. La matière colloïde.
4°. Les matières grasses.
5". Les matières colorantes.
6". Les matières salines.
Ces divers produits peuvent d'ailleurs exister ou isolés, ou combinés de diflerentes manières.
Une autre classe de produits de sécrétion morbide diffèrent des précédens en ce qu'ils présentent des traces d'organisation , et qu'ils manifestent un certain nombre d'actes vitaux. Ils paraissent être plus spécialement composés de fibrine; mais il s'en faut que dans tous les cas la nature de la matière animale qui les compose soit bien connue.
Le plus simple de ces produits, celui qui paraît être le point de départ de beaucoup d'autres , c'est un fragment de fibrine pure , qui peut être ou coagulée dans les vaisseaux sanguins, ou épanchée hors de ces vaisseaux. Ce fragment de fibrine apparaît comme Tine masse rouge ou blanche , de consistance variable, apte à s'organiser et à vivre, mais qui n'est encore ni or2;anisée ni vivante.
Cette masse fibrineuse , semblable au germe fécondé , peut devenir le siège d'un véritable mouvement organique, qui se manifeste à nous, i°. par une tendance de plus en plus grande à revêtir une des textures simples ou complexes que l'on retrouve dans les divers degrés de la série animale; 2°. par l'accomplissement de sécrétions diverses; 5°. par l'apparition des différens phénomènes morbides qui se manifestent dans un tissu, lorsqu'un travail d'irritation l'a éloigné
d'aNATOMIE PATIIOLOCIQIE. 3^5
de son état noniial. Ainsi, comme l'être doué de vie, cette masse fibrineuse se nourrit, absorbe, sécrète, et est susceptible de maladie.
Ces phénomènes , qui révèlent la vie partout où ils existent, peuvent se passer dans un morceau de fibrine , sans qu'on y rencontre aucun organe proprement dit,' aucune texture bien distincte. Il a la vie imparfaite de ces zoophytes qui ne consistent non plus qu'en une masse gélatineuse amorphe. Eux aussi se nourrissent , absorbent, sécrètent, sans qu'ils ayent un vestige d'appareil circulatoire. On comprend ainsi comment de la sérosité peut être exhalée au sein d'un simple fragment de fibrine coagulée , comment elle peut y être déposée dans des cellules plus ou moins régulières , qui se forment pour la recevoir ; comment, dans ce morceau de fibrine, du pus peut se former ;^ comment, enfin, toute sécrétion morbide peut s'y accomplir. J'ai trouvé plusieurs fois de petits loyers de pus au milieu de caillots fibrineux qui existaient en un point des cavités du cœur; il n'y avait nulle part de travail de suppuration, et rien ne prouvait que ce pus v eût été porté par voie d'absorption. Dans un autre caillot très-ferme, et qui adhérait trèsintimement aux parois de l'appendice de l'une des oreillettes, j'ai trouvé une matière blanche semblable à un peu de plâtre délayé dans l'eau, telle qu'on en trouve fréquemment dans les poumons. Chez l'individu où fut observée celle concrétion semi-calcaire, qui me sembla résulter d'une sécrétion morbide opérée dans le caillot lui-même, les poumons et les autres solides ne contenaient aucune concrélion. L:î fibrine , solidifiée dans les vaisseaux sanguins ,
constitue quelquefois dans les organes des tumeurs dont l'origine a été méconnue. Les exemples suivans éclaireront ma pensée. Sur le cadavre d'un homme de moyen âge, je trouvai l'un des poumons rempli de masses blanchâtres semblables à celles qui constituent les tumeurs dites cancéreuses de cet organe. L'artère pulmonaire, dans ses moyennes ramifications, était remplie par une matière solide , d'un blanc sale , rou- ^eâtre en quelques points , liquide et semblable à une bouillie grisâtre en quelques autres; cette matière, attentivement examinée , ne me parut être autre chose que du sang solidifié, réduit à l'élément fibrineux , avec conservation de la matière colorante en quelques points, et çà et là liquéfaction de la fibrine. En poursuivant ma dissection, je constatai dans les plus petits vaisseaux , aussi loin qu'il me fut possible de les suivre, la présence d'une semblable matière , et j'arrivai ainsi à me convaincre que les masses blanchâtres qui parsemaient le poumon , au lieu d'être ou une dégénération du tissu de cet organe, ou un tissu accidentel formé de toutes pièces au milieu de lui , n'étaient autre chose que des assemblages <le petits vaisseaux remplis par de la fibrine solide, et en grande partie décolorée. Ce n'est pas là le seul cas de ce genre que j'aie observé : j'en ai vu un semblable dans le foie ; dans cet organe aussi je me suis assuré que certaines masses dites cancéreuses sont produites par des ramifications de la veine porte , remplies de fibrine solide , plus ou moins complète^ ment décolorée. J'ai vu la môme chose dans un rein : ui1c concrétion fibrineuse, d'un blanc s:il<; , remplissait la veia.e émulgente , aux paroi" de laquelle elle
d'anatomik pathologique. 3"^
adhérait fortement ; elle se prolongeait dans les divisions de cette veine, et on pouvait la suivre, dans ses plus petits rameaux, dans les points du rein où . avant cette dissection , l'on n'avait vu autre chose que des masses blanches , ou d'un rouge pâle , que Laennec aurait appelées du tissu encèp/ialoïde à l'état de crudité. Si cet aspect peut être donné par de la fibrine coagulée encore contenue dans ses vaisseaux . il peut l'être aussi par cette même fibrine sortie de ses vaisseaux, et rassemblée en masse plus ou moins considérable au sein d'un organe quelconque. Telle me paraît être la nature d'un certain nombre de tumeurs appelées par Laennec tumeurs encéplialoides, ÎNous venons de trouver dans cette masse fibrineuse des actes vitaux manifestes , avant d'y avoir découvert encore de trace d'organisation, dans l'acception du moins que l'on donne ordinairement à ce mol. VA\e. va maintenant nous présenter d'aulres phénomènes , qui , dans leur développement successif . nous rappelleront les métamorphoses diverses du germe depuis l'instant de sa fécondation jusqu'à celui où il arrive à être un animal parfait, devenu apte à vivre d'une vie propre et indépendante. Le premier rudiment d'une tendance à une véritable organisation va se manifester dans ce produit morbide par l'apparition de points rouges , semblables à ceux qu'on observe dans la membrane vitellaire du poulet. Ain^^i dans ce produit pathologique , comme dans le produit de la conception , les éléraens chimiques viennent à se combiner de telle sorte qu'il en résulte la formation d'une matière colorante semblable à celle du sang. Quelques points rouges , semblables à de
petits amas de sang, disséminés à l'intérieur ou à la surface d'une masse blanchâtre , voilà souvent tout ce qu'on observe. D'autres fois,, au lieu de points, l'on observe des lignes , des sillons rougeâtres , variables en longueur et en direction : tantôt ces premiers linéamens des vaisseaux restent isolés les uns des autres ; tantôt ils s'abouchent, s'anastomosent, et, en s'entre-croisant en sens divers, ils forment un réseau à mailles plus ou moins fines. D'autres fois, enfin, ce sont de véritables vaisseaux que l'on observe ; on peut les séparer de la masse qu'ils parcourent , ce qu'il était impossible de faire dans le cas précédent; ordinairement ils sont remarquables par leur extrême finesse. En se développant, quelques branches de ce système circulatoire particulier, isolé à son origine comme l'est celui de la membrane du jaune , finissent par s'aboucher avec les vaisseaux des tissus environnans.
11 peut arriver qu'au lieu de trouver dans le produit de sécrétion morbide du sang contenu dans des vaisseaux à développement plus ou moins parfait, ces A aisseaux manquent , et qu'au sein du produit pathologique soit épanché du sang liquide qui s'y est rassemblé en foyer, comme nous avons vu déjà que peut s'y rassembler de la sérosité ou du pus. De pareils épanchemens de sang sont en effet loin d'être rares; ainsi , dans ce cas, il y a du sang sans qu'il y ait des vaisseaux. Il y a d'autres cas où une hémorrhagie véritable a lieu : c'est-à-dire que le sang s'échappe de vaisseaux dont l'inspection démontre l'existence. On comprend que leurs parois très- minces doivent se rompre avec une grande facilité.
Une fois que des vaisseaux se sont développés ntr
d'anatomie l'ATiioLoniQUE. ô-jg
sein du produit morbide, ou que, sans vaisseaux, des courans sangin'ns y ont pris naissance (i). cette niasse amorphe tend à perdre son homogénéité et à revêtir une texture. Les élémens anatomiques qui \a composent s'arrangent en fibres, en lames, en cellules ou en réseaux; on les voit prendre l'apparence de tous les tissus de l'état normal, à l'exception de deux de ces tissus, le musculaire et le nerveux.
Les productions morbides, aptes à s'organiser el à
(i) Les recheirhcs récentes faitesea Allemagne par le docteur Dollinj(cr «ciilirment pleiuemeut les résultats obtenus déjà par d'autres observateurs : il me parait demoutré maintenaut que daus une niatiérc animale en voie de formation , des courans liquides peuvent s'établir , sans que des conduits particuliers leur livrent passage. Chez beaucoup d'animaux inférieurs, le saug ou le liquide qui le remplace n'est non plus renfermé dans aucun vaisseau ; il se trace des voies à travers les solides. Enfin il y a aussi des courans sanguins, saus vaisseaux, dans les diverses trames organiques, chez les animaux supérieurs. C'est un curieux spectacle que de voir au sein de ces trames des globules de sang se séparer, soit de la matière solide , soit d'autres globules en mouvement , et après avoir cheminé dans des directions diverses , soit seuls, soit unis à d'auties globules, tantôt aller se perdre dans d'autrescourans , tantôt se fixer dans la matière solide; de telle sorte qu'entre celle-ci et le sang il n'y a d'autre différence que l'état de repos ou de mouvement. Un tissu quelconque, c'est la matière animale en repos; le sang, c'est la matière animale en mouvement. Quelle est la force qui produit celle-ci et donne naissance aux courans ? Nous l'ignorons ; car il est bien clair que ce n'est rien dire du tout aue d'attribuer ce mouvement à la vie. Autant vaudrait dire que les corps célestes vivent aussi parce qu'ils se meuvent. S'il me fallait faire une hypothèse, je serais porté à admettre que dans ce passage de la matière animale de l'état de repos à l'état de mouvement, l'électricité joue un rôle ; remarquez en effet que dans le corps de l'électricité doit tendre sans cesse à se produire, soit parce que dans le corps des frottemens continuels ont lieu, soit parce que des substances hétérogènes s'y trouvent partout en présence , etc.
L'apparition de courans sanguins au sein d'un grand nombre de productions morbides, avant qu'on n'v découvre de vaisseaux, devrait donc cire admise comme un fait qui rentre dans un autre fait très-général , quand même par l'observation on ne l'aurait pas directement démontrée.
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vivre, peuvent se montrer partout où il y a du san» j dans leurs apparences variées, ces productions ne sontelles autre chose que des modifications de l'élément fibrineux, seule partie qui dans le sang soit suscepti^>le de se coaguler spontanément, et de présenter, une fois coagulée, des phénomènes d'organisation. •• Ces productions morbides ont été trouvées dans les vaisseaux eux-mêmes, dans les plus gros comme dans les plus petits, et c'est là surtout qu'on a pu suivre par degrés toutes les transformations de la fibrine, depuis son simple état de coagulation jusqu'à sa vascularisation , et l'accomplissement de sécrétions morbides dans son intérieur. Plus il'une fois on a vu du sang sorti d'un vaisseau blessé se coaguler dans le tissu cellulaire environnant, et y revêtir des caractères distincts d'organisation ^ ainsi Hunter a injecté des vaisseaux formés au sein d'un caillot , et pins récemment une injection semblable a été pratiquée par Everard Home.
Mais ce n'est pas seulement lorsqu'un vaisseau a éprouvé une solution de continuité que la fibrine peut ainsi s'en échapper pour venir se déposer et s'organiser .'autour de son conduit naturel; il peut arriver que, sous l'influence de causes plus ou moins appréciables , cette fibrine abandonne , seule ou avec une quantité variable de matière colorante , les autres élémens du sang, et que , sortant des vaisseaux par un travail morbide , elle vienne prendre place au sein des différens tissus. Cela est de toute évidence dans les cavités des membranes séreuses ; nous verrons plus bas qu'il a été démontré par l'analyse chimique , que la matière organisable , exhalée à la surface
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libre de ces meinbranes clans les cas de pleurésie, de péritonite, etc. , n'est autre chose que de la fibrine. La matière plastique, qui se forme partout où a eu lieu une solution de continuité (lymphe coagulable des Anglais) , est également de la fibrine. L'analogie me porterait à penser que c'est ce même principe, qui , dans la trame même des divers tissus, soit membraneux, soit parenchymateux , constitue la base de tout produit morbide, lorsque ce produit manifeste quelque caractère d'organisation. Du reste , dans l'état actuel des connaissances chimiques, l'albumine et la fibrine ne se présentent pas toujours avec des caractères qui permettent de distinguer facilement ces deux principes l'un de l'autre. ]\'y a-t-ii pas des cas où l'albumine, en se solidifiant, se modifie de telle sorte qu'elle devient peu-à-peu fibrine? [\'a-t-on pas dit que l'albumine du chyle se rapprochait d'auîant plus de la fibrine , qu'on l'examinait plus près du (•anal ihoracique? Ici donc notre science anatomique reste vague, parce que la chimie l'est elle-même.
Les produits morbides qui viennent d'être passés en revue vivent tous de la vie du reste du corps; ils lui adhèrent et communiquent avec lui, soit par des vaisseaux, soit par d'autres liens. Mais il n'en est pas toujours ainsi : d'autres produits morbides n'ont plus avec les tissus qui les entourent aucune sorte de connexion ; et d'abord à cette classe pourraient se rapporter quelques concrétions fibrineuses , qui, nageant au milieu du liquide d'une cavité séreuse, présentent déjà un travail de vascularisation. Béclard montrait dans ses cours des pièces de ce genre , et j'en ai vu moi-même plus d'un exemple. Au lieu de
ces masses connue Ooconneuses qui ont une organisation avant d'avoir une forme , on trouve quelquefois, également libres au sein d'un amas de sérosité, des kystes à parois transparentes, et qui contiennent dans leur intérieur un liquide semblable à celui au milieu duquel ils nagent. Dans ce produit, il y a, de plus que dans le précédent, une forme bien déterminée. Le cas le plus remarquable de ce genre que j'aie eu occasion d'observer est le suivant : sur un singe dont je fis l'ouverture avec M. Magendie eu 1818 , Je trouvai l'une des plèvres remplie d'une grande quantité de sérosité, au milieu de laquelle nageaient une quarantaine de petits corps, exactement sphériques, ayant, terme moyen, la grandeur d'une noisette, doués d'une grande élasticité qui les faisait rebondir sans se déchirer, lorsqu'on les jetait à terre. Chacun de ces corps représentait un kyste , dont les parois incolores et transparentes étaient constituées par un tissu homogène dans tous ses points, semblable à du tissu séreux, lisse à ses deux faces, sans apparence de bourgeons ou de granulations. Le liquide qu'il contenait était d'une limpidité parfaite. On rencontre plus fréquemment des kystes de ce genre dans les cavités séreuses accidentelles , et souvent alors il y en a plusieurs contenus les uns dans les autres. La texture de leurs parois n'a pas toujours la fermeté, la densité , la résistance du tissu séreux naturel : ces parois semblent parfois n'être constituées que par une sorte de matière gélatineuse, qui s'écrase sous le doigt comme de la glu, ou bien encore qui ressemble assez bien au tissu de la cornée transparente, ramolli par une macération prolongée. Cette
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matière ne se trouve pas toujours arrondie en kyste; on la rencontre quelquefois sous l'apparence de Glamens ou de toile informe suspendue au milieu d'un liquide séreux ou autre ; c'est donc au luilieu de ce liquide qu'elle se forme , d'abord amorphe , pour s'arranger plus tard en kyste , comme s'y forme le flocon fibrineux, qui d'abord également amorphe et sans texture , plus tard se vascularisera, et deviendra le siège des sécrétions et des nutritions les plus diverses. Ce n'est pas tout : au lieu de ces simples kystes, on peut trouver, au sein des divers liquides naturels ou accidentels, des corps plus compliqués, qui , outre ime vessie remplie d'un fluide aqueux, présentent des parties qui , par leur forme et leur situation , donnent à CCS corps vésiculeux l'apparence d'un animal : ainsi c'est uq appendice semblable à une tête, qui surmonte la vessie dans laquelle elle rentre , et d'où elle sort alternativement. Cette tête peut être simple ou multiple; elle présente des orifices, qui semblent être tantôt des suçoirs, tantôt des organes de progression. Peu-à-peu la forme vésiculaire se change en une forme aplatie ou cylindrique ; les caractères d'animalité se prononcent dès-lors de plus en plus , soit par la manifestation de mouvemens bien dessinés , soit par l'apparition d'organes aussi distincts, aussi complets que ceux d'un vertébré. INous nous élevons donc peu-à-peu et par degrés du simple flocon de fibrine déposé au sein d'une cavité séreuse jusqu'au strongle ou à l'ascaride lombricoïde ; ainsi dans la formation de l'embryon , nous le voyons s'élever de l'état où il n'est qu'une masse sans forme et sans texture , jusqu'à celui où il a acquis tous les organes d'un vertébré; ainsi , dans
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l'échelle des êtres, nous voyons la vie se développer avec l'organisation depuis la matière verte jusqu'à l'homme. Dans cette série de transformations qui se passent au sein du corps, comme elles ont lieu partout où il y a de la matière , il me semble oiseux de rechercher le point où commence ce qu'on appelle un animal. Si on donne ce nom au kyste séreux contenu dans une cavité au sein de laquelle il nage libre (àcéphalocysle de Laennec), pourquoi le refuserait-on au flocon librineux qui nage libre aussi , et pourvu de vaisseaux, dans un liquide? Mais alors où s'arrêtera-t-on? si l'on donne le nom d'animal h tout agrégat matériel qui, développé au sein d'un autre être, se nourrit, se conserve et s'accroît sans avoir aucune connexion de tissu avec cet être , les kystes séreux dont il vient d'être question devront être rangés au nombre des animaux , et c'est ce qu'avait fait Laennec. Que si, au contraire, on ne reconnaît l'animalité que là où l'on observe quelque trace de sensibilité et de motilité (i), ces kystes ne seront point regardés comme des animaux. Ce n'est donc là , selon moi, qu'une dispute de mots , qui ne se terminera que lorsqu'on aura bien déterminé ce que c'est qu'un animal , et à quel degré ou à quel mode d'arrangement de matière il faut ou com-
(i) Frappés des mouvemens remarquables qu'exécutent les globules sanguius , quelques auteurs ont été jusqu'Ji en faire des animalcules infusoires ; mais à cela , il y a à dire que ces mouvemeus ne sont pas vraisemblablement spontanés , bien que par fois ils en ayent toute l'apparence; ils sont le produit d'une force étrangère, électrique ou autre. Rendez cette force inhérente au globule lui-même , et il deviendra un animal. C'est donc la spontanéité d'action qui semble plus paiticulièremcnt caractériser l'animal ; ce n'est pas telle forme ou telle structure.
d'aNATOMTE PATFTOrOGIQCE. 3S5
mcncer , ou cesser d'imposer cette dénomination. Je viens d'indiquer lesprincipales variétés de forme, de texture , de situation , que sont susceptibles de prendre les produits morbides organisables. Développés sur les surfaces libres des membranes, ilscons-^ tituent les pseudo-membranes; développés dans le lissu cellulaire, soit libre, soit combiné aux parenchymes des organes, ils constituent des productions qui diffèrent de la matière des pseudo- membranes beaucoup moins par leur nature que par la forme à laquelle les assujétit leur lieu de développement ; leur apparence est variable comme celle des pseudo-membranes : ces variétés d'apparences portent principalement sur leur consistance , sur leur couleur, sur leurs divers degrés de vascularisation. Ici , autant qu'on voudrait, on créerait, on multiplierait lejs espèces de productions morbides, si à chacune des variétés d'apparences on croyait nécessaire d'imposer un nom particulier. C'est ce que Laennec avait fait pour l'une d'elles en l'appelant matière encéphaloïde. Mais, dans cette création d'espèces , il n'y aurait à mon avis rien de philosophique , rien de profitable pour la science. Qu'importent ici les apparences? ce qui importe, c'est de voir, à travers les apparences diverses de ces productions, la nature identique de toutes; c'est de savoir que dans toutes il y a tendance au développement d'une organisation; c'est de ne pas oublier que dans toutes peuvent s'accomplir les phénomènes essentiels à toute vie : la nutrition , la sécrétion et l'absorption; que dans toutes, enfin, s'il y a du sang, il peut se former des hyperémies ; s'il y a une sécrétion , il peut se former du pus, des tubercules, etc. I. 25
j8(V rniîcis
Pour ces produits uiorbides susccpULlcs de s'organiser et de vivre, il me semble que deux seules classes doivent être admises.
La première classe comprend ceux de ces produits qui vivent d'une vie commune avec le reste du corps. Ils dépendent de celui-ci comme en dépend un organe ; ils se continuent avec lui comme se continue cet organe ; les divers rapports matériels qu'a celui-ci avec le corps, ils les ont également. Tantôt ils sont déposés sur une surface ; tantôt ils naissent et s'accroissent dans une trame organique.
La seconde classe comprend les entozoaires, c'està-dire les divers produits morbides qui, au sein de l'être où ils ont pris naissance , ont une vie tout individuelle, comme serait celle d'un animal. Et, en effet, la plupart sont des animaux aussi parfaits que ceux qui occupent certains degrés de l'échelle zoologiquo.
En définitive, il m'a semblé que la classification la plus pbilosopliique des produits de sécrétion morbide, la plus en rapport avec la marche actuelle de la science, classification provisoire, toutefois, comme les autres, était la suivante.
Première Classe.
Produits de sécrétion morbide non organisables.
Premier Genre.
Matières d'apparence albumineuse. \ .^^^
Deuxième Genre.
Matières d'apparence gélatineuse. Type : Substance colloïde de Laennec.
Pus.
LiLercuIf
d'aXATOMIE PATIIOLOGIQrE. ôgn
Troisième Genre.
Matières grasses.
Quatrième Genre.
Matières salines.
Cinquième Genre.
Matières colorantes.
Deuxième Classe.
Produits de sécrétion morbide orgauisabics.
Premier Genre.
Matière organisable déposée à la surface des or"-anes. Elément chimique démontré : Fibrine.
Terme générique : Pseudo-membranes.
Deuxième Genre.
Matière organisable déposée dans la trame des organes.
Elément chimique présumable : Fibrine.
.' Squirrhe.
1 Sarcome simple.
TkT 1* •!• •'•.'• '1 Sarcome ilijrnu.
INoms divers qui lui ont ete imposes. < sarcûme vascuiaire.
1 Sarcwme uiédullairc.
f Encéphaluïde.
\ Fongus licmalode.
Troisième Classe.
Produits organisés jouissant dune vie individuelle. Éléniens chimiques : multiples comme dnns tout animal.
Terme générique : Entozoaires.
C'est dans cet ordre que je vais décrire ces divers
r>.S8 PRKCIS
j3roduils (le sécrétion. Il en est c]uelques-iins que je ne ferai qu'indiquer, soit en raison de leur peu d'importance, soit parce que sur eux on ne sait encore que très-peu de chose, et qu'à leur égard il y a dans la science des lacunes à remplir.