CHANGEMENTS DE CONSISTANCE DE LA RATE
Ils sont dus de la manière la plus évidente au changement de consistance du sang qui remplit les cellules spléniques. Cette assertion va trouver sa preuve dans ce que nous allons dire.
On a décrit sous le nom de ramollissement de la rate, un état dans lequel le sang que contiennent ses cellules a si bien perdu sa consistance accoutumée, qu’en soumettant la rate, préliminairement incisée, à un filet d’eau, on entraîne tout ce sang, et que la rate se trouve alors réduite à son parenchyme cellulo-fibreux, resté intact. Dans quelques cas , on trouve ce sang véritablement revenu à l’état liquide, et extérieurement la rate présente une sorte de fluctuation obscure.
Le ramollissement de la rate peut coïncider , 1° avec un volume ordinaire de cet organe ; 2° avec une diminution de ce volume ; 3e* avec une augmentation de ce même volume. Ce troisième cas est loin d’être rare, et il est même un des caractères anatomiques les plus constants de certaines maladies. (Fièvres continues avec symptômes adynamiques. )
L’endurcissement de la rate, tel qu’on l’observe eommunément, est encore le résultat d’une modification dans les qualités du sang que contiennent ses cellules. Ce sang est alors d’une densité remarquable , et à la coupe on le prendrait tantôt pour un morceau de foie, tantôt pour un muscle qui a subi un certain degré de congélation ; tous les anatomistes sentiront l’exactitude de cette comparaison.
Lorsque la rate est ainsi indurée, il ne s’en écoule plus de sang ni à la pression ni à l’incision : son tissu est sec, et il donne souvent au doigt qui le touche une sensation de poisseux.
La rate peut être ramollie ou indurée, soit dans toute son étendue, soit d’une manière partielle. Quand ce second cas a lieu, on trouve disséminés dans l’intérieur du parenchyme splénique un certain nombre de points dont la consistance diffère de celle des points environnants.
ARTICLE II