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CHAPITRE III

LESIONS DE SÉCRÉTION.

On trouve dans le poumon les mêmes produits de sécrétion morbide que ceux qui se forment partout ailleurs ; mais ces produits ne s’y montrent pas tous avec une égale fréquence. Ainsi , il est assez rare de rencontrer du pus en foyer dans le poumon , tandis que c’est l’organe où se déposent le plus souvent du tubercule ou de la mélanose. Les produits de ces diverses sécrétions ne peuvent exister qu’en trois points : 1° dans la cavité des vésicules ; 2° dans leurs parois ; 3° dans le tissu cellulaire intervésiculaire ou interlobulaire. Parmi ces produits il en est qui déjà ont été décrits. Telle est la mélanose. Les particularités qu’elle présente dans le poumon , sous le rapport de son siège , de ses causes , de sa nature , ont été signalées dans le premier volume , lorsque j’y ai traité de la mélanose en général .

Les concrétions calculeuses, composées, dans le poumon comme ailleurs , de phosphate calcaire , présentent peu d’intérêt comme affection isolée: elles existent rarementdansle poumon sans autre altération ; elles coïncident presque toujours avec des tubercules, et paraissent en être une des terminaisons. Elles ne se montrent le plus ordinairement qu’au sommet du poumon ; tantôt elles y sont mêlées à de la matière tuberculeuse, sous forme de masses ou de petits grains, semblables à des grains de sable; tantôt elles existent sans mélange de tubercules, entourées le plus souvent d’un parenchyme pulmonaire noir et induré ; tantôt, enfin, elles sont contenues dans une cavité qui semble être une ancienne excavation tuberculeuse.

Enfin, qu’avons-nous à dire des enlozoaires qui, parfois, ont été rencontrés dans le poumon? Rien autre chose que ce que nous aurions à en dire dans tous les autres organes. Les seuls entozoaires qui aient été jusqu’à présent observés dans le poumon de l’homme sont des acéphalocystes. Là, comme partout ailleurs, ces êtres sont renfermés dans des kystes de grandeur variable , autour desquels le parenchyme pulmonaire peut être ou simplement refoulé, ou atrophié, ou induré. On a vu un lobe entier du poumon transformé en un vaste kyste hydatique. Dans un cas, que j’ai cité 2 10

PRÉCIS

pilleurs, les acéphalocystes avaient unsiégebien remarquable; ellesexistaient dans l’intérieur même des veines pulmonaires considérablement dilatées (l).

Je ne ferai non plus qu’indiquer deux autres altérations dont le tissu cellulaire du poumon peut être le siège. L’une de ces altérations consiste dans une exhalation de sérosité qui a lieu au sein du tissu cellulaire, intervésiculaire ou interlobulaire. Cette altération, décrite par Laennec sous le nom d’œdème du poumon, est tantôt idiopatique; tantôt elle coïncide avec un état général de leucophlegmatie. M. Billard l’a vue quelquefois coïncider, chlz les enfants nouveau-nés , avec l’endurcissement du tissu cellulaire; tantôt elle est consécutive, et se montre à la suite d’un certain nombre d’hyperémies aiguës du parenchyme pulmonaire.

L’autre altération consiste dans un épanchement de gaz au sein du tissu cellulaire interlobulaire. C’est cet épanchement quia été décrit par Laennec sous le nom emphysème interlobulaire. Tantôt cet emphysème est le produit d’une exhalation gazeuse ; tantôt l’air qu’on trouve dans le tissu cellulaire interlobulaire n’y est pas né; mais il y a été introduit par suite de la déchirure de quelque vésicule pulmonaire.

Deux altérations de sécrétion me restent à décrire avec quelque détail : l’une est la sécrétion du pus dans le poumon, et l’autre est la sécrétion du tubercule dans ce même organe.

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