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DES ORGANES GÉNITAUX DE L’HOMME

Jetons un coup d’œil rapide sur les lésions qui peuvent frapper les di" verses parties dont l’ensemble constitue ces organes.

Indépendamment de l’état d’hyperémie qu’offre assez souvent le testicule , avec tuméfaction plus ou moins considérable de son tissu , cet organe peut présenter, soit dans sa propre substance, soit dans ses enveloppes, un certain nombre d’altérations dénutrition et de sécrétion que nous allons successivement passer en revue, en les suivant tour-à-tour dans les

(1) L’histoire de l’hermaphrodisme et des principaux vices de conformation de l’appareil génital a été tracée d’une manière générale dans le tome I.

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divers tissus qui composent le testicule, depuis son enveloppe cutanée jusqu'aux canaux séminifères.

1° Enveloppe cutanée du testicule . La plus remarquable altération qu’elle présente est une induration considérable de son tissu, avec ulcération consécutive ; c’est la maladie qui a été décrite en Angleterre sous le nom de cancer des ramoneurs.

2° Dartos. Cette couche fibro-celluleuse devient parfois le siège d’altérations tout-à-fait analogues à celles que nous avons déjà si souvent étudiées dans les diverses parties du tissu cellulaire subjacent à des membranes. Sous la peau du testicule, comme sous la muqueuse de l’estomac, ce tissu cellulaire s’épaissit, s’indure, sécrète de la lymphe plastique, du pus, du tubercule, et forme une tumeur qui en a souvent imposé pour une affection de la substance même du testicule. Plusieurs sarcocèles ne paraissent consister en autre chose qu’en ces divers modes d’altérations du dartos.

3* Tunique vaginale. Les lésions de cette membrane séreuse ne diffèrent pas de celles qu’on trouve dans toutes les autres membranes de même nature. Ainsi on peut y rencontrer une certaine quantité de sérosité limpide (hydrocèle), sans qu’il y ait dans la membrane même aucune sorte d’altération appréciable. Tantôt alors la cause de cette collection séreuse nous reste inconnue ; tantôt nous trouvons cette cause soit dans un obstacle au libre retour du sang veineux le long du cordon testiculaire , soit dans une lésion organique développée dans le testicule lui-même; ainsi, des tubercules encéphaliques produisent souvent l’hydrocéphale. Au milieu de la sérosité accumulée dans la tunique vaginale , on a quelquefois rencontré une certaine quantité de cholestérine qui apparaissait sous forme de paillettes d’un jaune brillant, nageant dans le liquide; fait important , puisqu’il démontre que la cholestérine n’est pas un produit de sécrétion propre au foie. Il s’en faut que dans toute hydrocèle la tunique vaginale ne contienne que de la sérosité pure. On la trouve souvent, comme toute membrane séreuse , remplie d’un liquide trouble, floconneux, purulent ; sa surface est parfois couverte de couches membraniformes , et des adhérences en réunissent intimement les différents points.

4° Tunique albuginée. Elle joue un rôle important dans quelques maladies du testicule. Quelquefois, en effet, c’est cette tunique seule qu’on trouve affectée, dans des cas où pendant la vie une tumeur du testicule , dure, bosselée, douloureuse, avait fait croire à l’existence d’une dégénéralion du parenchyme testiculaire. En pareil cas, tantôt on trouve cette tunique simplement hypertrophiée et indurée; tantôt on la trouve passée à l’état cartilagineux , et même osseux en quelques points. Il est vraisemblable qu’ici, comme dans les cas où une membrane fibreuse double une membrane séreuse , les altérations qui paraissent s'y former ont plus particulièrement leur siège dans le tissu cellulaire qui sépare ces deux

membranes. C’est , par exemple , dans ce tissu cellulaire qu’existent certains abcès qu’on trouve quelquefois au-dessous de la tunique vaginale , et qui, cependant , situés à la périphérie du testicule , paraissent n’avoir fait qu’en refouler le tissu, sans l’envahir. J’ai trouvé une fois une couche tuberculeuse qui était ainsi interposée entre la tunique vaginale et la tunique albuginée. Une autre fois , j’ai vu la portion de tunique vaginale qui recouvre le testicule soulevée en un point de son étendue par une concrétion calculeuse, du volume d’une noisette, et qui n’intéressait en aucune façon la substance même du testicule, dont la séparait la tunique albuginée restée intacte. Dans la plupart des cas où il y a altération soit de cette dernière tunique, soit du tissu cellulaire qui l’unit à la membrane séreuse, une hydrocèle s’établit, mais souvent peu considérable.

5° Parenchyme du testicule . Les altérations principales qu’on y a découvertes sont les suivantes :

À. Un simple état d’hyperémie avec tuméfaction plus ou moinp considérable de la substance.

B. Un état d’induration grise ou blanche du parenchyme, avec possibilité de distinguer encore les conduits séminifères.

C. Cette même induration, avec disparition des conduits séminifères ; le testicule représente alors une masse homogène, dure, où l’on ne trouve plus aucune trace de son organisation primitive. Cette induration est tantôt générale et tantôt partielle ï dans ce dernier cas , il n’y a souvent que l’épididyme qui en est le siège.

D. L’existence au milieu du testiculede masses encéphaloïdes, avectous les degrés de dureté ou de ramollissement.

E. Le développement d’un tissu érectile accidentel, qui tantôt n’oceupe que quelques points isolés de l’organe, et tantôt en a envahi la totalité. J’ai rapporté ailleurs avec détail le cas d’un individu qui mourut à la Charité, quelques mois après avoir subi la castration pour une tumeur érectile du testicule, et dans le poumon duquel je trouvai de nombreuses masses rougeâtres, composées aussi d’un tissu érectile analogue à celui qui avait envahi le testicule.

F. Des collections purulentes, qui dans certains cas constituent la seule lésion, et dans d’autres ne font que terminer une des altérations précédentes.

G. De la matière tuberculeuse. Elle existe dans le testicule avec tous ses aspects; tantôt dure, disséminée sous forme de petits grains isolés, ou réunie en grosse masse qui fait saillie à l’extérieur; tantôt ramollie, et transformée en une matière liquide qui, là comme partout ailleurs, tend à se faire jour au-dehors, à l’aide d’ouvertures fistuleuses dont les enveloppes testiculaires deviennent le siège.

M. Reynaud m’a dit avoir trouvé récemment dans un testicule de petites granulations grisâtres, demi-transparentes, dures comme du cartilage, 2 15

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semblables en un mot aux granulations pulmonaires. Ce fait tendrait à prouver que les granulations du poumon peuvent être constituées par autre chose que par l’induration chronique des vésicules pulmonaires. C’est une recherche à poursuivre dans le testicule.

Le canal déférent présente , comme altérations principales, une oblitération de sa cavité, une dilatation de celte même cavité avec ou sans épaississement de ses parois , l’existence d’un liquide purulent à son intérieur, et autour de lui le développement d’une couche de matière tuberculeuse qui lui forme comme une enveloppe accidentelle. J’ai vu un cas de ce genre chez un individu dont le testicule était rempli de tubercules. Il est vraisemblable que dans le tubercule aussi la matière tuberculeuse s’était développée en dehors des canaux séminifères.

Les vésicules séminales sont parfois imparfaitement développées. Meckel parle de cas où il n’y en avait qu’une. On a trouvé de la matière tuberculeuse dans leurs parois, du pus dans leur cavité ; d’autres fois on y a rencontré des calculs ; une communication accidentelle s’établit dans quelques cas entre elles et l’intérieur de la vessie.

La prostate augmente souvent de volume , sans présenter d’autre altération qu’une simple hypertrophie de son tissu. Celte hypertrophie peut être générale, ou bornée soit à l’une de ses parties latérales, soit à sa partie moyenne (Lobe médian de Home ). Au lieu d’être simplement hypertrophiée, la prostate, en augmentant de volume, perd souvent son aspect normal; son tissu ne présente plus qu’une masse homogène, dite squirrheuse. Des corps fibreux, cartilagineux, ossiformes, semblables à ceux de l’utérus s’y développent fréquemment. Enfin, elle peut devenir le siège de collections purulentes. Dans plusieurs cas de suppuration de la prostate, on a observé tous les symptômes des fièvres graves, bien qu’il n’y eût pas en même temps de lésion gastro-intestinale (1).

Il nous resterait à parler ici des lésions diverses qui peuvent atteindre le pénis ; mais de quel profit serait-il pour la science, qu’à la suite d’une foule d’auteurs nous donnassions la description, déjà si complètement faite, de l’épispadias, de l’hypospadias, du phimosis, du paraphimosis, des diverses altérations de nutrition du gland, de ses ulcérations, de ses excroissances variées , enfin de la dégénération squirrheuse ou cancéreuse des corps caverneux ? Ici , comme ailleurs , l’expression de cancer a servi sans doute à désigner des lésions de texture fort différentes les unes des autres, mais qui toutes ont une fin commune, sont liées à un même état général de l’économie, et, une fois développées, exercent sur cette même économie une influence identique. Toutefois, il est ici un fait important et qu’il ne faut pas perdre de vue sous le rapport de l’étiologie de ces lé-

(I) Clinique Médicale*

sions , c’est que la plupart reconnaissent au moins pour cause occasionnelle manifeste l’irritation dont le gland est habituellement le siège, chez des individus affectes d’un phimosis à divers degrés (l).

(1) Consultez sur le cancer du pénis un excellent Mémoire de M. Buret, inséré dans le Journal hebdomadaire, tome I.

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SECTION DEUXIÈME

MALADIES

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