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SÉCRÉTION TUBERCULEUSE

Les tubercules des centres nerveux ont été décrits dans ces derniers temps avec exactitude par M. Gendrin (l) et par M. Léveillé neveu (2). M. Ollivicra aussi consigné dans son Traité sur la moelle épinière des observations pleines d’intérêt sur cette production morbide. Enfin plusieurs élèves des hôpitaux en ont rapporté des cas dans leurs dissertations inaugurales.

Il résulte de ces divers travaux que les tubercules des centres nerveux sont beaucoup plus fréquents dans l’enfance qu’à aucune autre époque de la vie. Pour peu que l’on ait suivi pendant un certain nombre de mois l’hôpital des Enfants malades, on aura certainement vu quelques cas de tubercules encéphaliques ou rachidiens : à l’hôpital des Enfanls-Trouvés, où l’on ne reçoit que les enfants naissants ou qui ont moins de deux ans, on voit très-rarement des tubercules du cerveau ; il en est de même dans les hôpitaux d’adultes, et chez ces derniers ils semblent être encore moins rares que chez les très-jeunes enfants. Chez les phthisiques adultes, les tubercules des centres nerveux sont loin d’être communs , dans les cas mêmes où chez eux on trouve tuberculisés , en même temps que le poumon, la plupart des organes.

Les tubercules sont beaucoup plus fréquents dans les hémisphères cérébraux que dans aucune autre partie des centres nerveux : dans ces hémisphères ils occupent indifféremment la substance corticale et la substance médullaire ; quelquefois ils semblent comme interposés entre ces deux substances, et il est difficile de dire à laquelle ils appartiennent. Dans quelques cas, bien que logés dans la substance corticale, ils ne paraissent pas s’y être primitivement développés ; il semble que, nés dans la pie-mère, ils aient exercé, à mesure qu’ils ont grossi, une compression sur le cerveau, dans la substance duquel ils ont produit une cavité superficielle. D’autres tubercules paraissent avoir existé d’abord entre deux circonvolutions qu’ils ont écartées , et dont ils ont peu à peu déprimé la substance.

Dans un cas qui a été rapporté par M. Bérard aîné, une masse tuberculeuse s’était développée à la base du cerveau, au-dessous du lobule antérieur ; d’une part elle avait envahi ce lobule inférieurement, et d’autre

(1) Sur les tubercules du cerveau et de lamoelle, broch. in-8°.

(2) Recherches sur les tubercules du cerveau. (Thèse, 1824 .)

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part elle avait déterminé la destruction de la lame criblée de l’elhmoïde.

Les points où, après la masse de substance nerveuse située au-dessus du centre ovale de Yieussens, l’on a le plus souvent rencontré des tubercules, sont le cervelet, le mésocéphale, le bulbe rachidien, diverses parties de la moelle épinière (plus fréquemment dans la portion cervicale de cette moelle que dans ses portions dorsale et lombaire), les pédoncules du cerveau et ceux du cervelet, la couche optique, le corps strié, le corps pituitaire, la commissure même des couches optiques. On peut voir, d’après l’ordre de cette énumération, que les parties des centres nerveux qui sont le siège le plus fréquent soit d’hyperémies, soit de ramollissement, ne sont pas celles où apparaissent le plus souvent les tubercules.

Les tubercules des centres nerveux se développent généralement en petit nombre chez un même sujet; il n’est pas rare de n’en trouver qu’un seul : en aucun cas, ainsi que l’a remarqué M. Gendrin, on n’en trouve autant dans l’encéphale qu’on n’en rencontre ordinairement dans les poumons des phthisiques.

La forme de ces tubercules est semblable à la forme des tubercules qui se développent dans toutes les autres parties du corps; leur surface est quelquefois inégale , bosselée , et on les voit se diviser en lobes que séparent des cloisons celluleuses (Léveillé).

Leur volume varie depuis celui d’un grain de millet jusqu’aux dimensions d’un œuf de poule. On en a même vu de plus considérables : on a observé des cas, par exemple, où le cervelet, soit dans sa totalité, soit dans un de ces hémisphères , était envahi par une masse tuberculeuse qui ne laissait plus voir aucune trace de substance nerveuse.

Les tubercules des centres nerveux ne sont pas toujours en contact immédiat avec la substance de ces centres ; très-souvent ils en sont séparés par une membrane d’organisation variable , qui les entoure de toutes parts, et qui leur forme un véritable kyste. Bayle (l) a décrit un cas de ce genre: il trouva chez un phthisique, dans la moitié gauche du bulbe rachidien, un peu au-dessus des éminences pyramidales et olivaires, un corps presque rond , de la grosseur d’un petit pois, isolé, contigu et non continu à la substance médullaire qui l’environnait de toutes parts. Ce corps était d’un blanc jaunâtre.... C’était un/kyste à parois très-épaisses , qui contenait dans son intérieur un petit noyau tuberculeux, opaque, d’un blanc terne et jaunâtre. M. Gendrin a établi que tous les tubercules cérébraux étaient enkystés , et M. Léveillé a soutenu la même opinion. « Lorsqu’on fait, dit ce dernier 'auteur, à la surface d’un tubercule encore cru, une légère incision , on enlève une membrane peu épaisse, qui se déchire facilement, et dans laquelle on ne peut distinguer de fibres. La surface externe de cette membrane adhère par tous ses points à la substance céré-

(1) Recherches sur la phthisie pulmonaire, obs. vin.

braie ; sa face interne présente des filaments , des brides qui s’enfoncent entre les lobes du tubercule, auquel elle n’adhère que par quelques filets que l’on peut rompre au moindre effort. Quand les tubercules sont anciens, cette membrane est quelquefois séparée du cerveau par une séreuse accidentelle qui les isole. De sa face interne se détachent des prolongements qui forment à l’intérieur du tubercule , des cellules dans lesquelles M. Léveillé pense que la matière tuberculeuse est déposée. Cette membrane est, dans quelques cas , d’une remarquable épaisseur ; elle présente l’aspect du tissu fibreux, cartilagineux, et même osseux (Gendrin). A mesure que le tubercule se ramollit, le kyste devient de plus en plus apparent. Outre la membrane qui forme ce kyste , il y en aurait une autre , d’après M. Léveillé, qui constituerait au tubercule une enveloppe propre, et qui formeraitspécialement les cloisons qui séparent le tubercule en plusieurs lobes.

La portion de substance nerveuse qui entoure les tuberculesest souvent parfaitement saine ; d’autres fois elle a subi différentes espèces d’altérations ; ainsi ou la trouve hyperémiée , ramollie , ou bien détruite , et comme atrophiée. De ces lésions diverses dépendent surtoutles accidents qui se manifestent chez les individus dont l’encéphale contient des tubercules. Si, chez un certain nombre de ces individus, et particulièrement chez les enfants, des tubercules variables en nombre et en volume ont été trouvés dans les centres nerveux, sans que, pendant la vie, aucun symptôme ait jamais révélé quelque lésion du côté de l’axe cérébro-spinal, cela a dépendu souvent de l’état d’intégrité dans lequel se trouvait la substance nerveuse autour des tubercules. D’autres fois on observe des accidents intermittents, et cela peut s’expliquer encore par l’intermittence même des lésions qui ont lieu autour des tubercules. Ainsi un tubercule ne produit pas par lui-même des convulsions , mais il les détermine par la congestion périodique dont il favorise le développement dans la subsistance nerveuse environnante.

ARTICLE IV

PRODUCTIONS SQUIRRHEUSE ET ENCÈPHALOÏDE.

Nousn’avons rien de spécial à dire sur ces productions considérées dans les centres nerveux.. Elles y présentent en effet les mêmes caractères et la même disposition que partout ailleurs. Elles occupent ordinairement une assez grande étendue de ces centres, comme la plus grande partie d’un

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hémisphère cérébral , ou la presque totalité d’un des lobes du cervelet. Développées quelquefois dans les membranes mêmes qui enveloppent les . centres nerveux , elles exercent sur eux une compression plus ou moins grande. Elles coïncident souvent avec de- semblables productions développées dans d’autres organes.

La cause , sous l’influence de laquelle se forment ces productions , n’est pas plus connue dans les centres nerveux que partout ailleurs. Toutefois; dans ces centres, comme dans la mamelle ou dans le foie, on les voit quelquefois se développer à la suite de violences extérieures. Nous avons cité ailleurs le cas d'un individu chez lequel un coup porté sur l’hypochondre droit fut la cause au moins occasionnelle d’une dégénération encéphaloïde du foie. De ce cas nous en rapprocherons un autre dans lequel ce fut aussi à la suite d’un coup avec plaie que le cerveau devint le siège d’une dégénérescence encéphaloïde et squirrheuse. Le sujet de cette observation est un militaire âgé de cinquante-deux ans, qui , plusieurs années après avoir reçu un coup de sabre sur Je côté gauche du crâne, et un coup de pied de cheval sur le pariétal droit, fut atteint de divers symptômes d’une affection cérébrale , tels que céphalalgie continuelle , vertiges, amaurose, somnolence, mouvements épileptiformes, et enfin paralysie du côté gauche. A l’ouverture du cadavre, on trouva que le lobe antérieur de l'hémisphère gauche du cerveau était converti dans une étendue de deux pouces en longueur et d’un pouce de largeur, en une masse squirrheuse, aux milieu de laquelle existait une substance puriforme, qui contenait quelques hydatides. Le corps strié participait à la dégénération squirrheuse.

Tel est en abrégé le cas qui a été rapporté par le docteur Wedmeyer de Hanovre (l). Mais que de réflexions n’inspire-t-il pas 1 dans combien de circonstances des coups de toute sorte n’ont-ils pas été portés sur le crâne, sans qu’il en résultât rien de semblable à ce qui fut observé ici ! de plus , la lésion était complexe ; à côté de la masse squirrheuse existaient du pus et des hydatides. Chez cet individu, la violence extérieure ne me paraît donc avoir agi tout au plus que comme cause occasionnelle. Une autre circonstance bien remarquable de cette observation, c’est l’existence de la paralysie du même côté que la lésion du cerveau.

(1) Revue Médicale, 1826, tom. I, pag. 137.

ARTICLE Y

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