‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 165 sur 175 · PRODUCTIONS FIBREUSES, CARTILAGINEUSES ET OSSEUSES · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS FIBREUSES, CARTILAGINEUSES ET OSSEUSES

Ces productions diverses se développent le plus ordinairement autour des centres nerveux, dans leurs membranes d’enveloppe. Ainsi, des tumeurs fibreuses s’élèvent souvent d’un point de la dure-mère, semblent en être comme des végétations , et, acquérant un volume considérable , vont exercer sur l’encéphale une compression plus ou moins grande. Parmi ces tumeurs , les unes sont situées à la base du crâne ; j’en ai vu une de ce genre , grosse comme un œuf de poule, qui reposait sur une des fosses temporales. Les autres sont en rapport avec la voûte du crâne; souvent alors les os de cette voûte sont détruits , et la tumeur paraît à l’extérieur.

De larges plaques cartilagineuses ou osseuses parsèment assez souvent les méninges ; nous en avons parlé ailleurs. On a vu quelquefois la tente du cervelet transformée ainsi dans sa totalité en une voûte cartilagineuse ou osseuse.

Ces mêmes productions peuvent se développer dans la substance même des centres nerveux. J’ai trouvé une fois , au milieu d’un des lobes cérébraux , une tumeur fibreuse , tout-à-fait analogue aux tumeurs fibreuses de l’utérus ; elle avait la grosseur d’une petite noix, assez près d’elle existait un foyer apoplectique. On n’observa d’autre symptôme pendant la vie que ceux qui accompagnent ordinairement une hémorrhagie cérébrale.

En ouvrant avec M. Blandin le câdavre d’une petite fille morte à l’hôpital des Enfants, j’ai trouvé vers le centre d’un des lobes latéraux du cervelet une demi-douzaine de petites concrétions, dures comme de la pierre, de forme irrégulière, semblables à des esquilles. Autour d’elles existait un léger ramollissement de la substance nerveuse. Aucun symptôme spécial n’avait annoncé pendant la vie cette singulière altération.

M. Thion, médecin à Orléans, a fait connaître à l’Académie un cas

fort remarquable de transformation cartilagineuse et osseuse du cervelet, qu’il a eu occasion d’observer sur une vache. Un des lobes du cervelet était transformé, dans la plus grande partie de son étendue, en une masse ovoïde, fort dure, qui résistait au bistouri; intérieurement elle offrait des espèces d’arborisations cartilagineuses qui, vers la périphérie, se terminaient à des points osseux.

ARTICLE VII

ENTOZOAIRES.

Plusieurs espèces d’entozoaires ont été rencontrées dans les centres nerveux. D’abord plus d’une fois l’on a trouvé, soit dans la substance du cerveau, soit dans celle de la moelle épinière, des acéphalocystes. L’on y a vu aussi des cysticerques ; j’en ai trouvé dans l’encéphale d’un homme de moyen âge, dont l’observation a été consignée par M. Fauconneau- Dufrêne dans sa thèse. Ces cysticerques occupaient surtout les circonvolutions des hémisphères, et entr’eux la substance cérébrale était saine. M. Calmeil a trouvé ces mêmes cysticerques dans le cerveau d’un individu âgé de quarante-sept ans, qui, à la suite d’excès de tout genre, d’une syphilis et d’un traitement mercuriel, fut pris de manie et d’un délire fébrile, au milieu duquel il succomba. M. Calmeil décrit de la manière suivante l’état dans lequel fut trouvé l’encéphale : « Dans le tissu cellulaire sousarachnoïdien, vers la partie moyenne supérieure d’un des hémisphères, nous rencontrons un ver vésiculaire gros comme un pois. La pie-mère s’enlève sans difficulté. Sur le lobe moyen du côté gauche, entre deux circonvolutions, nous trouvons un second ver vésiculaire entièrèment libre. A quelque distance de là, non loin du lobe postérieur, nous apercevons une troisième vésicule de la grosseur d’une graine de raisin ; cette vésicule, qui paraît entièrement sphérique, est transparente et enchâssée dans la substance cérébrale. L’une de ses faces fait cependant saillie au niveau des circonvolutions ; l’autre face est enveloppée dans un kyste où elle se trouve logée comme dans une petite poche; en pressant sur le kyste l’bydatide est expulsé au dehors ; elle ressemble à une petite vessie remplie de liquide, terminée par une sorte de col ou de goulot cylindrique, charnu, vivant, susceptible de s’alonger et de se contracter sur luimême. Deux autres cysticerques libres s’échappent d’une circonvolution de l’hémisphère droit. En pratiquant quelques incisions dans la substance

PRÉCIS

grise, on met à découvert deux globules arrondis et comme gélatineux , qu’on parvient facilement à isoler de leurs kystes, dont la composition offre une certaine solidité ; ces globules offrent la même organisation que les précédents. En continuant à diviser cette moitié de l’encéphale, on trouve encore deux autres cysticerques : l’un d’eux fait saillie au-dessous de la membrane ventriculaire, entre la couche optique et le corps strié ; l’autre est logé profondément entre lesdeux tubercules quadrijumeaux du côté gauche (l). »

Les acéphalocystes et les cysticerques sont jusqu’à présent les deux seuls entozoaires qu’on ait trouvés dans le cerveau de l’homme. Chez les animaux, d’autres entozoaires s’y rencontrent; le plus connu d’entr’eux est le polycéphale ou cœnure cérébral , qui se développe fréquemment dans l’encéphale des moutons , et que les vétérinaires regardent comme la cause la plus commune du tournis. M. Dupuy a rencontré un de cescœnures au milieu de la portion lombaire de la moelle d’un agneau ; il n’y avait eu d’autres symptômes qu’une paraplégie.

(1) Journal hebdomadaire de médecine, tom. I, pag. 45.

SECTION DEUXIÈME

MALADIES

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