‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 166 sur 175 · DES NERFS DE LA VIE DE RELATION · texte numérisé non relu

DES NERFS DE LA VIE DE RELATION

L’anatomie pathologique est encore peu riche en faits relatifs aux altérations des nerfs. Dans beaucoup de cas où pendant la vie le siège de la maladie avait résidé d’une manière non douteuse dans ces nerfs, l’ouverture des cadavres n’y a montré aucune lésion appréciable. J’ai examiné plusieurs fois les nerfs, dans des cas de sciatique ancienne ou récente ; je n’ai jamais pu y découvrir la moindre altération , si ce n’est dans un seul cas, où le tronc nerveux , qui pendant la vie avait été le siège de la douleur, était notablement injecté. Chez une femme qui, pendant les derniers mois de sa vie, avait eu constamment à la nuque , à l’occipital et dans la région latérale gauche du cou , des douleurs très-vives , qui présentaient tous les caractères des douleurs névralgiques, j’ai suivi avec la plus grande attention les nerfs des plexus brachial et cervical, dans leurs troncs et dans leurs rameaux , sans pouvoir rien y découvrir. J’ai aussi examiné sur plusieurs cadavres des nerfs de membres qui étaient le siège de douleurs rhumatismales au moment de la mort ; je n’ai pas plus trouvé d’altération dans ces nerfs que dans les cas de névralgie sciatique. Je les ai disséqués avec tout le soin possible chez quelques individus atteints de la colique de plomb, et morts avec une paralysie des membres supérieurs , et je n’ai pu saisir aucune lésion dans les divers cordons nerveux qui se distribuent à ces membres. Enfin , dans la maladie épidémique qui a régné à Paris tout l’été dernier (l 828), et dans laquelle un des symptômes prédominants était une exaltation de la sensibilité des mains et des pieds , suivie d’une diminution plus ou moins grande de cette sensibilité, quelques ouvertures de cadavres ont été faites , et aucune lésion appréciable n’a été trouvée, à ma connaissance , dans les nerfs des membres , si ce n’est dans un seul cas , que j’ai vu moi-même. Dans ce cas , un des nerfs sciatiques était plus rouge, plus injecté que de coutume. Celte injection n’existait que dans le tronc du nerf; les rameaux qui en partent avaient leur blancheur ac-

PRÉCIS

coutumée , et cependant c’était seulement aux extrémités de ces rameaux qu’avait lieu la douleur ; de plus, les deux pieds étaient également affectés, et un seul nerf sciatique était rouge.

Quelque rares que soient les lésions des nerfs appréciables par l’anatomie pathologique , quelque peu proportionnées qu’elles soient souvent avec les désordres fonctionnels que ces nerfs ont présentés pendant la Yie, la science possède cependant un certain nombre de cas remarquables de ces lésions; nous allons les passer successivement en revue.

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