‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 171 sur 175 · MALADIES DU NERF SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

MALADIES DU NERF SYMPATHIQUE

Peu de lésions, appréciables par l’anatomie , ont été jusqu’à présent constatées dans le système nerveux ganglionnaire ; j’ai souvent examiné ce système avec soin chez des individus morts de maladies diverses ; je n’y ai rencontré que deux fois une altération ; c’était une vive rougeur des ganglions semi-lunaires. Il y avait eu pendant la vie des symptômes dits ataxiques, et dans l’un de ces deux cas la mort avait eu lieu au milieu d’un état de roideur tétanique (l). Ce qu’on sait sur l’anatomie pathologique de ce système se réduit à ce qui suit.

M. Lobstein (2) a trouvé dans deux cas les ganglions semi-lunaires fortement colorés en rouge. L’un de ces cas lui a été offert par une jeune, femme qui avait eu pendant plusieurs mois de continuels vomissements. L’estomac fut trouvé sain ainsi que les intestins. Les ganglions semi-lunaires étaient d’un rouge intense. L’autre cas observé par M. Lobstein a été recueilli chez une jeune fille de six ans morte pendant le cours d’une coqueluche, avec des vomissements et des mouvements convulsifs; la moitié droite du plexus solaire était très-rouge.

Le docteur Aronssohn (3) a trouvé les ganglions semi-lunaires vivement injectés chez un homme mort du tétanos. Il les a rencontrés dans le même état chez un individu mort au bout de trois ans de vomissements et de diarrhée.

En examinant le cadavre d’un enfant de dix ans, mort à la suite de la disparition d’un exanthème miliaire, au milieu d’un grandétat de dyspnée, M. Lobstein a constaté un état inflammatoire des neuvième et dixième ganglions thoraciques. Malheureusement il ne décrit pas ce qu’il appelle un état inflammatoire (4).

(1) Ces faits sont consignés dans la Clinique Médicale.

(2) De nervi sympathetici fabricâ, usu et morbis, auct. J. F. Lobstein, pag. 147.

(3) Ibid.

(4) Ibid., pag. 153.

Sur le cœur d’une femme phthisique, M. Lobstein a vu un des principaux nerfs cardiaques rouge, tuméfié et ramolli.

Dans les cas qui viennent d’être cités, la lésion consiste surtout dans une hyperémie des ganglions ou des nerfs qui en partent. Il est d’autres cas où l’on a constaté l’existence d’un état d’hypertrophie de ces parties. Ainsi M. Lobstein dit s’être assuré que les nerfs qui constituent le plexus surrénal étaient beaucoup plus volumineux que de coutume, chez un individu dont les capsules surrénales avaient elles-mêmes acquis un volume insolite; ces capsules étaient en même temps tuberculeuses (1).

Le docteur A. Duncan (2) a cité un cas de diabètes dans lequel il lui a paru évident que le nerfsympalhique avait trois ou quatre fois son volume ordinaire depuis son entrée dans l’abdomen jusqu’à sa terminaison vers le bassin.

Sur un cadavre de crétin, dont les nerfs de la vie animale présentaient une disposition fort remarquable que j’ai précédemment indiquée, le docteur Schiffner (3) trouva que les ganglions du grand sympathique, situés le long de la colonne vertébrale, étaient d’un volume beaucoup plus grand que de coutume. Au niveau de la sixième vertèbre, le nerf sympathique du côté gauche avait un ganglion de la grosseur d’un œuf de poule comprimé.

Dans une thèse sur l’idiotisme, soutenue en 1819, M. Cayre avait déjà parlé de l’excès de développement que lui présenta le système ganglionnaire chez un idiot de naissance. Les ganglions cervicaux avaient un volume trois fois plus grand que de coutume; ceux du thorax étaient aussi plus gros que dans l’état sain : il en était de même des ganglions semi-lunaires (4).

Enfin un état d’hypertrophie d’un des ganglions cervicaux, à peu près semblable à celui signalé par Schiffner, vient d’être représenté par M. Cruveilhier dans une de ses belles planches d’anatomie pathologique (5). Les ganglions cervicaux , beaucoup plus développés que de coutume, représentaient de volumineuses tumeurs, qui furent prises d’abord pour des

(1) Traité d’Anat . pathol . Le tome Ier de cet ouvrage a paru pendant l’impression des dernières feuilles du mien ; je regrette beaucoup qu’il n’ait pas été publié plus tôt , je n’aurais pas manqué de profiler des faits pleins d’intérêt qui y sont consignés.

(2) Reports of the practice in tke clinical wrards of infirmery of Edinburg, 1818.

(3) Archives de Médecine , tom. IL

(4) Bel homme , Essai sur l'idiotie (Thèses de 1824.)

(5) Planches d'anatomie pathologique , etc., par Cruvcilhier , in-folio, l1 2 3 4 5* livraison. Cet ouvrage surpasse de beaucoup, par la beauté des dessins , tout ce qui a été fait jusqu’à présent en anatomie pathologique; il remplit une grande lacune de notre littérature médicale, et nous n’aurons plus rien à envier en ce genre à l’Angleterre et à l’Allemagne.

ganglions lymphatiques malades. Ils paraissaient n’ètre plus constitués que par du tissu fibreux. Ainsi, dans ce cas, les divers éléments anatomiques des ganglions -ne présentaient pas tous un excès de nutrition; c’était surtout leur tissu cellulo-fibreux qui s’étaildévcloppé, tandis que la substance nerveuse s’était plutôt atrophiée. Il est à regretter que dans ce cas l’on n’ait en aucun renseignement sur les symptômes..

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