TRANSFORMATION OSSEUSE
Cette espèce de transformation serait mieux appelée transformation ossiforme , car très-raremçnt } là où elle a lieu , trouve-t-on une production qui se rapproche entièrement du tissu osseux de l’état normal ; elle en a la consistance et la couleur ; la composition chimique s’en rapproche , sans être identique ; la forme est rarement celle que l’on trouve dans les trois espèces d’os naturels ; enfin , la texture est encore plus rarement la même.
Trois tissus sont à peu près exclusivement le siège de la transformation osseuse ; ce sont les tissus cellulaire , fibreux et cartilagineux. Ce résul-
(1) L’anatomie comparée nous porterait toutefois à conclure que la tendance des cartilages à l’ossification n’est pas la condition nécessaire de la vascularisation de ces cartilages. On trouve , en effet, des vaisseaux très-développés dans plusieurs parties du tissu cartilagineux des poissons cbondro-ptérygiens , dont le squelette , comme l’on sait , ne s’élève jamais à l’état osseux.
168 PRÉCIS
tat de l'observation est d’accord ayec les lois de transformation que nous ayons précédemment posées.
Là où a eu lieu une solution de continuité du tissu osseux , cette solution se répare à l’aide d’une production nouvelle de matière osseuse, qui, d’abord informe , devient peu à peu semblable à la portion d’os qu’elle doit remplacer. Les nombreux et intéressants travaux qui ont été faits sur ce sujet seront exposés dans le second volume de cet ouvrage ; ici seulement bornons-nous à remarquer que , toutes les fois qu’un os répare les pertes qu’il a subies, c’est toujours aux dépens du tissu fibreux ou du tissu cellulaire. Remarquons, en outre, que lorsque la nature commence à tenter quelque effort pour la réparation de la solution de continuité d’un os , il y a d’abord , si l’on peut ainsi dire , exubérance dans la production de la nouvelle matière osseuse. Dans toutes les parties qui entourent le point fracturé , des dépôts osseux s’effectuent ; le tissu cellulaire environnant, celui qui est interposé entre les faisceaux musculaires, les tendons , les aponévroses , s’encroûtent de phosphate calcaire ; mais plus tard ces d Jpôts disparaissent, et il ne se forme plus de matière osseuse que là où normalement doit exister un os , en même temps que cette matière se circonscrit dans sa production , et rentre , sous le rapport du lieu où elle apparaît , dans les lois de la nutrition de l’état sain , en même temps on la voit également rentrer dans ces lois, sous le rapport de sa forme et de sa texture , qui deviennent la forme et la texture de l’os ancien.
Suivons tour-à-tour l’ossification dans les trois tissus que nous avons dit en être le siège à peu près exclusif ; au moins n’existe-t-il aucun fait , à ma connaissance , qui démontre d’une manière péremptoire que cette ossification ait eu lieu en d’autres tissus.