MATIÈRE ORGANISABLE DES SURFACES TÉGUMENT AIRES
Une substance spontanément coagulable se dépose quelquefois sur les surfaces libres des membranes muqueuses et cutanée, comme sur celles des séreuses. On l’observe principalement dans deux circonstances : 1° étendue en couche membraniforme sur une portion de muqueuse irritée ; 2° unissant plus ou moins intimement deux surfaces opposées de membranes muqueuse ou cutanée, qui ont été accidentellement mises en Contact.
La matière qui s’étend en couche membraniforme sur la surface d’une muqueuse est encore peu connue sous le rapport de sa composition chimique ; ce n’est ni du mucus , ni de l’albumine , puisque ces deux principes ne sont pas susceptibles de se coaguler spontanément, du moins dans leur état normal. Sa tendance à l’organisation est beaucoup moins prononcée que ne l’est celle de la matière concrescible des surfaces séreuses. Le plus souvent on ne trouve autre chose à la surface des muqueuses qu’une couche de matière solide, blanche ou grise, d’épaisseur et de consistance variables. Elle est comme apposée sur la membrane qui l’a sécrétée , on la détache par vastes lambeaux , sans opérer aucune déchirure dans le tissu même de la muqueuse. Quelquefois, au-dessous de la concrétion pseudo-membraneuse , vient à se sécréter une matière plus liquide, séreuse ou purulente, qui en opère le décollement. D’autres fois cette concrétion s’amincit peu à peu ; elle devient comme une pellicule transparente , et enfin disparaît comme si elle avait été graduellement résorbée. Dans tout cela, on ne découvre le plus souvent aucune trace d’organisation. iWpeine, en effet, possède-t-on quelques observations qui démontrent que des vaisseaux aient été vus dans les pseudo-membranes des muqueuses. Je les ai si souvent cherchés en vain, que j’aurais été porté à nier qu’on les y ait jamais rencontrés , si un observateur bien digne de foi, M. Guersent , n’avait rapporté quelques cas dans lesquels il d it avoir vu des vaisseaux qui se ramifiaient dans les fausses membrane
(1) Consultez sur ce sujet un excellent article de M. Villerjné, dans le Dictionnaire des Sciences Médicales, tom. XXXII.
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croupales, et qui allaient s’anastomoser avec les vaisseaux de la muqueuse.
Mais si, étendue en membrane à la surface des muqueuses , la matière spontanément concrescible paraît avoir peu de tendance à s’organiser, il n’en est plus de même lorsqu’elle est sécrétée entre deux surfaces de muqueuse ou de peau , qui se trouvent accidentellement maintenues en contact, et qui sont en même temps irritées. En pareille circonstance, une adhérence intime s’établit entre ces deux surfaces, et si l’on examine la nature de cette adhérence, on trouve qu’elle est constituée tantôt par une trame celluleuse dense que parcourent des vaisseaux plus ou moins nombreux , tantôt par un véritable tissu fibreux, tantôt , enfin, par un tissu de nouyelle formation , qui a une analogie plus ou moins parfaite avec les tissus muqueux ou cutané qu’il sert à maintenir unis. Ici nous trouvons le même développement, les mêmes phases d’organisation que pour les adhérences des membranes séreuses. Le vagin, l’utérus, les trompes, les uretères, lescanaux biliaires sontles parties où de semblables adhérences ont été le plus souvent observées. Il n’est pas rare de trouver ainsi un ou plusieurs doigts réunis à la suite de brûlures. M. Gendrin a vu un cas (l) d’adhérence de la peau du crâne et du pavillon de l’oreille. L’union avait lieu à l’aide d’un tissu cellulaire très-serré, qui adhérait fortement à la peau. Là où elle adhérait, cette dernière membrane semblait elle-même avoir été convertie en un tissu lamineux d’une grande densité.