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SÉCRÉTIONS GAZEUSES

Les travaux des physiologistes ont démontré que, dans l’état normal, des gaz sont exhalés par plusieurs membranes. D’abord il s’en exhale continuellement de la surface cutanée. Outre ceux qui dans le tube digestif sont introduits du dehors ou qui s’y forment par une réaction chimique des principes alimentaires, il y a aussi dans l’intestin des gaz, qui sont directement fournis par la membrane muqueuse même qui tapisse la surface interne de l’estomac et des intestins. Enûnles savantes et ingénieuses recherches de M. Edwards ne permettent pas de douter que la membrane muqueuse des voies aériennes n’exhale, outre la vapeur aqueuse, de l’acide carbonique et de l’azote, la quantité de ces gaz n’étant pas d’ailleurs la même , soit dans les différents âges , soit dans les différentes saisons ou les différents climats (1). Il est des animaux chez lesquels un organe n’a d’autre fonction que de sécréter des gaz : tels sont les poissons pourvus d’une vessie natatoire.

Il est très-vraisemblable que , dans un grand nombre de maladies , les gaz , que doivent normalement exhaler la peau d’une part , et plusieurs portions de membranes muqueuses d’autre part, se modifient notablement sous le double rapport de leur quantité et de leurs qualités. A cet égard, d’importantes recherches restent à faire. Mais qui ne voit que le seul fait de cette modification de sécrétion gazeuse pourrait bien être la cause de plus d’un état morbide? qui pourrait dire s’il n’importe pas beaucoup, pour l’accomplissement normal de plus d’une fonction , que la quantité d’hydrogène, d’azote, d’oxygène ou de carbone, qui s’échappe du corps à l’état de gaz, ne s’en échappe qu’en de certaines proportions et dans de certains rapports? On a attribué la grande fréquence de la gravelle dans les pays froids et humides à un état d’irritation des reins , dont les fonctions deviennent , dit-on , plus actives , parce que celles de la peau le sont beaucoup moins. Mais avec cette formation surabondante d’acide urique coïncide dans les pays froids et humides un autre phénomène : c’est une diminution notable de la quantité d’azote que les poumons sont chaYgés d’exhaler; du moins est-on porté à admettre cette diminution, puisque M. Edwards a prouvé que dans l’hiver humide de nos pays cette diminution a lieu. L’excès d’acide urique qui se forme alors dans les reins ne se forme-t-il pas pour suppléer à la diminution de l’exhalation de l’azote par les voies respiratoires? dans cette hypothèse, l’irritation dont les reins deviennent le siège ne serait elle-même qu’un phénomène secondaire, et ce serait hors de l’organe même où semble résider toute la maladie, qu’il

(1) De l'influence des agents physiques sur la vie. Un vol. in-8".

faudrait en chercher le point de départ et la véritable cause. Ainsi donc dans ce cas , comme dans beaucoup d’autres , une maladie peut avoir sa source ailleurs que dans le lieu où l’on observe une altération de fonction ou de texture.

Les sécrétions gazeuses sont susceptibles, comme toutes les autres sécrétions, de présenter des altérations, dont les unes portent sur la quantité du gaz exhalé, et les autres sur ses qualités. De plus , il peut arriver que, dans l’état morbide, on trouve des gaz en certains points où l’on n’en découvre point dans l’état de santé. De là, les divisions suivantes.

PREMIÈRE CLASSE

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