C. D’un intestin aux parois abdominales
D. De l’épiploon à un autre point de l’abdomen.
E. D’un des viscères abdominaux à un autre viscère.
Ve Cause. Mésentère contourné sur lui-même comme un cordon, entraînant avec lui les anses intestinales, et les étranglant en un point.
Les causes d’étranglement qui peuvent provenir du tube digestif luimême sont les suivantes :
Ire Cause. Compression d’une portion d’intestin par une autre portion. Un des cas les plus remarquables de ce genre qui aient été observés est celui qu’a rapporté le docteur Gendrin (1) : chez un enfant de six mois qui depuis sa naissance avait eu une constipation habituelle et de continuels vomissements, ce médecin trouva une portion du colon transverse située entre la colonne vertébrale et le duodénum qui le pressait comme un ligament.
IIe Cause. Perforation d’une anse intestinale ; sortie, à travers cette perforation, d’une autre anse invaginée dans la première ; étranglement de l’anse invaginée par les bords mêmes de la perforation (2).
IIIe Cause. Longueur insolite de l’appendice cœcal, qui se tortille autour de l’iléum et f étrangle.
IYe Cause. Adhérences contre nature de l’extrémité ordinairement libre de l’appendice cœcal, d’où formation d’un arc ou d’un anneau qui produit très-facilement un étranglement, si un intestin vient à s’y engager.
Ye Cause. Existence d’un diverticule qui, venant à se tortiller autour d une anse intestinale, la serre et l’étrangle comme un cordon.
YIe Cause. Adhérences de l’extrémité libre du diverticule, qui, transformé en un arc, peut comprimer l’intestin qui se glisse au-dessous de lui. Du reste, ce n’est pas toujours l’intestin qui s’engage qui vient à s’étrangler : on a vu quelquefois cet intestin devenir lui-même une cause d’étranglement pour une autre portion d’intestin, qui, fixant l’extrémité péritonéale du diverticule, complète l’anneau dont ce diverticule forme un segment.
Les diverses causes d’étranglement intestinal qui viennent d’être passées en revue peuvent se former subitement ou lentement. Dans le premier cas, surviennent tout-à-coup des accidents très-graves, rapidement mortels, que n’a annoncés aucun phénomène précurseur. Dans le second cas, on observe pendant un temps plus ou moins long, pendant des mois et même des années, des symptômes divers, qui se lient tous à l’existence d’un obstacle plus ou moins grand au libre cours des matières dans le tube digestif.
(1) Ârehives de Médecine , tom. VIII , pag. 494.
(2) Bulletins de la Société médicale d’émulation %our 1822. Obs. de M. Martin Solon.
Parmi ces causes, il en est qui ne donnent pas nécessairement lieu à un étranglement ; c’est ainsi qu’on trouve à l’ouverture des cadavres toutes les variétés de brides dont nous avons parlé, sans qu’il y ait eu d’étranglement intestinal ; mais chez les individus qui ont de ces brides, il aurait suffi d’un mouvement de contraction d’une anse d’intestin, fait dans un certain sens, pour qu’un étranglement eût lieu.