III. Oxyure
Ce ver est beaucoup moins long que le précédent , mais un peu plus gros; le mâle n’a guère qu’une ligne à une ligne et demie de longueur ; la femelle , plus grande , est longue de quatre à cinq lignes. Il se termine en pointe à son extrémité postérieure ; de là le nom d’oxyure qui lui a été imposé , au lieu de celui d’ascaride sous lequel on le connaissait autrefois. Son organisation est la même que celle de l’ascaride lombricoïde et du tricocéphale.
L’oxyure a une habitation spéciale : c’est presque exclusivement dans le rectum qu’on le rencontre ; c’est quelquefois par milliers qu’on l’y trouve ; il est très-commun dans l’enfance.
Bremser révoque en doute les cas cités par divers auteurs , danslesquels on dit avoir découvert l’oxyure dans d’autres parties que dans le gros intestin : ainsi Bloch a rapporté un cas où des oxyures étaient contenus dans un kyste formé au sein des parois de l’estomac (1). Breza assure avoir rencontré dans l’œsophage d’une femme qui succomba à une fièvre lente nerveuse , une grande quantité d’oxyures.
IY. Tœnia.
Cet entozoaire diffère des précédents sous de nombreux rapports, et spécialement sous ceux de sa grandeur, de sa forme et de son organisation. Il n’a jamais moins de plusieurs pieds de longueur, et parfois il a la grandeur de plusieurs toises. Yandoeveren a cité le cas d’un indi-
fl) J’ai souvent trouvé dans l’épaisseur des parois de l’estomac du cheval des tumeurs dures, de texture cellulo-fibreuse , creusées à leur intérieur de loges nombreuses dans lesquelles existaient de petits vers blancs , vivaces, longs de quelques lignes, cylindroïdes ; plusieurs , sortis de ces loges qui semblaient être leur demeure habituelle , étaient répandus à la surface interne de l’estomac. Ces entozoaires , que les vétérinaires connaissent sous le nom de crinons , sont-ils ceux qui ont été vus par Bloch ?
PRÉCIS
vidu qui rendit une portion de tœnia longue de cent cinquante pieds , et Roseinstein a parlé d’un autre cas où le tœnia évacué avait trois cents pieds.
Le tœnia a un corps aplati, composé d’une série d’articulations , dont chacune présente des pores latéraux. Son extrémité antérieure, trèsmince , se teïmine par une tête carrée , creusée de quatre petits suçoirs , entre lesquels se montre , d’une manière plus ou moins évidente suivant les espèces , une bouche ou une trompe entourée d’une couronne de crochets rétractiles.
On ne trouve autre chose , à l’intérieur du tœnia , qu’une cellulosité amorphe, sans aucune trace d’organe distinct., Il semble que chez cet animal il n’y ait du tube digestif qu’une première ébauche , représentée par la bouche ou la trompe. On a observé chez lui des mouvements ondulatoires très-marqués.
Le tœnia habite l’intestin grêle ; quelquefois , cependant, on l’a trouvé dans l’estomac. Il peut en exister plusieurs chez un même individu. Différent de l’ascaride lombricoïde , du tricocéphale et de l’oxyure qui existent surtout dans l’enfance , le tœnia est plus fréquent chez l’adulte que chez l’enfant. Le chien le présente beaucoup plus communément que l’homme, et il ne paraît pas d’ailleurs que chez cet animal le tœnia soit la source d’aucune incommodité ; bien souvent, en effet, il m’est arrivé de trouver des tœnias énormes dans les intestins de chiens sacrifiés aux expériences physiologiques, lorsqu’ils paraissaient jouir de la meilleure santé.
On a distingué, chez l’homme, deux espèces de tœnias. L’une de ces espèces est le tœnia armé, qu’on a appelé aussi tœnia solium, tœnia à longs anneaux, tœnia cucurbitain. Ce sont des articulations détachées de ce tœnia, qui ont été désignées sous le nom d evers cucurbitains. Ce tœnia n’a guère vers la tête qu’un quart ou un tiers de ligne de largeur , puis inférieurement il acquiert jusqu’à la largeur de six lignes. Sa tête est hérissée de crochets ; et des deux bords libres de chacune de ses articulations , une seule est percée d’un pore.
L’autre espèce de tœnia est connue sous le nom de tœnia lata, de tœnia non armé , de bothriocéphale. Ce tœnia acquiert en général une longueur moindre que le précédent , mais il est plus large , et chacune de ses articulations est plus courte ; un pore existe sur chaque côté de ces articulations , ce qui est un des meilleurs caractères pour le distinguer du tœnia solium . Sa tête est dépourvue de crochets.
ARTICLE Y
ÉTAT DU TUBE DIGESTIF DANS LES DIFFÉRENTS CAS OU IL Y A EU, PENDANT LA VIE , TROUBLE DE SES FONCTIONS.
Nous venons de passer en revue toutes les altérations du tube digestif qui peuvent nous être révélées par l’anatomie pathologique, avec ses moyens actuels d’investigation. Si chacune de ces altérations produisait pendant la vie un certain groupe de symptômes bien tranchés , nous pourrions facilement, d’après leur seule inspection, reconstruire toute la maladie ; mais il s’en faut qu’il en soit ainsi : dans le tube digestif, plus que partout ailleurs , l’identité des lésions n’entraîne pas l’identité des symptômes, soit locaux, soit généraux , dont ces lésions sont au moins le point de départ ou l’occasion. Une autre tâche nous est donc maintenant imposée, et nous allons essayer de répondre à la question suivante : Les différents groupes de symptômes auxquels desnoms particuliers ont été imposés, ayant existé, dans quel état trouve-t-on après la mort le tube digestif?
La plupart des désordres fonctionnels dont le tube digestif peut être le siège ont été rapportés, dans ces derniers temps , à un état d’irritation de cet organe, annoncé sur le cadavre, 1° par divers degrés de congestions sanguines; 2° par des altérations variées de nutrition et de sécrétion. Suivant les points du tube digestif où l’irritation a son siège , on a désigné l’ensemble des désordres fonctionnels qui ï’anuoncent, sous les noms de gastrite, d’entérite, de colite , de gastro-entérite, d’entéro-colite , de duodénite, de dothinentérite , etc. Ces expressions peuvent être adoptées, pourvu qu’on ne les regarde que comme des expressions provisoires, dont l’avantage est de rappeler à l’esprit un certain nombre d’altérations qui reconnaissent, dans l’irritation, le lien commun qui les unit, ou si l’on veut, un des éléments de leur production, mais qui, d’ailleurs, diffèrent beaucoup les unes des autres et par leur nature, et par leurs causes, et par les désordres fonctionnels qu’elles produisent, et par la thérapeutique qu’il est convenable de leur opposer. Sous ce rapport , on n’en est donc encore véritablement qu’à l’entrée de la science; mais il me semble que c’est déjà un progrès que de le sentir. Pour remplir le but de ce livre, qu’avonsnous donc à faire? nous avons à prendre à part chaque désordre fonctionnel saillant, et à voir à quel état anatomique du tube digestif il correspond. Mais les désordres de fonctions dont nous allons chercher la cause peuvent être de deux sortes : les uns sont des désordres de fonctions du tube digestif lui-même ; les autres sont des désordres généraux que l’on a dit avoir leur point de départ dans ce tube digestif. Cet ensemble de désordres généraux constitue les fièvres dites essentielles. Après que nous
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aurons étudié quel est l’état du tube digestif dans ces deux sortes de désordres, nous essaierons de retracer les principales modifications qu’il présente dans les maladies des différents organes.
S I. ÉTAT DU TUBE DIGESTIF DANS LES DIVERS DESORDRES FONCTIONNELS DE CET