LÉSIONS . CONGÉNITALES DE NUTRITION
Elles produisent un certain nombre de dispositions vicieuses dans la conformation des artères , dans leur situation, dans leurs rapports : elles peuvent aussi modifier singulièrement le cours et la distribution du sang. Je n’indiquerai surtout ici que celles de ces lésions qui peuvent avoir quelque importance sous le rapport médical; et je les examinerai spécialement dans les deux grands troncs artériels (aorte et artère pulmonaire).
Deux aortes se détachent quelquefois du ventricule gauche, ou bien, ce qui a été vu plus souvent, l’aorte, simple à son origine, se bifurque peu de temps après s’être détachée du cœur. Il en résulte deux troncs , dont l’un se termine au tronc brachio-céphalique , et dont l’autre, après avoir produit les artères carotide et sous-clavière du côté gauche, va former l’aorte descendante.
L’aorte peut naître à la fois des deux ventricules, et cela arrive surtout, -1° lorsque la cloison inter-ventriculaire manque; 2° lorsqu’elle est déviée de sa place accoutumée ; 3° lorsqu’il existe un canal accidentel qui fait communiquer médiatement le ventricule droit avec l’aorte.
Enfin l’aorte prend quelquefois naissance du ventricule droit, et, chose remarquable , ce ventricule est alors beaucoup plus épais.
Si nous examinons l’aorte à son origine sous le rapport de sa structure, nous trouverons quelques cas où cette structure n’est plus celle de l’état normal. Ainsi il est des cas où il n’y a que deux valvules aortiques, qui
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sont alors beaucoup plus larges ; il est d’autres cas où l’on trouve quatre et même cinq valvules.
L’artère pulmonaire ne présente pas moins de variétés à son origine.
Il est des cas où celte artère naît du ventricule gauche ; d’autres fois elle est fournie par l’aorte : on l’a vue même tirer son origine de l’artère sous-clavière. D’autres fois on a trouvé son orifice naturel oblitéré , mais il y avait conservation du trou de botal et du canal artériel. Enfin dans quelques circonstances on n’a rencontré aucune trace d’artère pulmonaire, et les poumons ne recevaient d’autre sang que celui que leur envoyaient les artères bronchiques fournies par l’aorte.
Née du cœur, comme de coutume, l’artère pulmonaire peut présenter dans son cours d’autres anomalies : ainsi on a vu des fœtus chez lesquels cette artère se distribuait tout entière aux poumons ; elle ne se continuait pas avec le canal artériel, qui naissait isolément du ventricule droit. D’autres fois, au contraire, l’artère pulmonaire fournit seule l’aorte descendante.
Les artères peuvent présenter dans leur trajet de nombreuses variétés relatives à la manière dont elles naissent les unes des autres. Il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage de les exposer ici ; on pourra consulter à cet égard l’excellent Manuel d'anatomie de Meckel, traduit par MM. Breschet et Jourdan. On trouvera admirablement représentées dans les belles planches de Tiedemann les variétés d’origine des artères auxquelles la crosse de l’aorte donne ordinairement naissance.