CHAPITRE PREMIER
LÉSIONS DE CIRCULATION
Les veines, comme les artères, présentent deux espèces de rougeur *. l’une, toute cadavérique, est produite par l’imbibition du sang ; c’est la plus commune. Elle présente le même aspect uniforme que dans les artères, seulement la teinte est différente, ce qui dépend de la nature différente du sang. Cette différence dans la nuance de la coloration des artères et des veines ne peut-elle pas encore servir à démontrer la nature de cette coloration?
La rougeur des veines, par imbibition sanguine de leurs parois, s’observe plus fréquemment que celle des artères, due à la même cause; ce qui paraît dépendre de ce qu’elle se forme plus promptement après la mort. Ouvrez comparativement sur les mêmes cadavres l’aorte et la veine cave inférieure , vous trouverez celle-ci très-rouge dans beaucoup de cas où l’aorte n’offrira aucune altération de couleur. La rougeur des veines diffère encore de celle des artères en ce que dans les veines elle envahit toute l’épaisseur du vaisseau, tandis que dans les artères elle est presque toujours bornée à la membrane interne.
L’on peut établir en principe que, dans les veines encore plus que dans les artères, la seule existence de la rougeur ne peut être donnée comme une preuve de l’état morbide de ces vaisseaux.
M. Gendrin a répété sur des veines d’animaux vivants les mêmes expériences que sur les artères, et il a obtenu les mêmes résultats que pour ces derniers vaisseaux.
PRÉCIS