BOUCHE ET PHARYNX
et plus denses. Des couches nbuveUes se forment sans cesse avec une assez grande rapidité, au fur et à mesure que la prolifération des cellules de la couche génératrice apporte de nouveaux matériaux à la fermentation.
Les fausses membranes de la diphtérie ne sont bien apparentes que pendant la vie; après la mort elles disparaissent plus ou moins complètement par dessica* tion ou se réduisent à une simple couche d'apparence pultacée. Ë. Wagner attribue ce fait à ce qu'elles ne seraient pas composées par de la fibrine, mais bien par des cellules épithéliales soudées les unes aux autres et pouvant être dissociées.
Caractères histolosiqaes. — Le processus est •essentiellement constitué par la destruction fermentative spéciale des cellules proliférées de Tépithélium •de la muqueuse. Ces dernières s'infiltrent peu à peu •d'une substance albuminoide particulière, qui d'après •Cornil et Ranvier se rapproche des substances colloïdes par la facilité avec laquelle elle ûxe le carmin. Cle processus est un de ceux que Gohnheim et Weigert réunissent sous le nom de nécrose de coagulation.
Les cellules perdent peu à peu leurs noyaux, elles se tuméfient, prennent un aspect homogène et réfringent; en même temps elles deviennent anguleuses et ramifiées à la façon des bois de cerf, cellules rameuses •de Wagner. Les cellules ainsi altérées forment la partie principale de la plaque ; il s'y mêle des coagulations fibrineuses qui enferment à côté d'elles, dans leur réseau à larges mailles, des leucocytes et des globules rouges.
Dans les couches tout à fait superficielles, les éléments perdent leurs caractères difi'érentiels et tendent À se fondre en une masse granulet^e; dans les parties moyennes la fibrine est plus apparente, elle est disposée •en lames parallèles ou en fibrilles entrecroisées. Plus profondément les cellules fermentées sont plus nettes «t prédominantes.
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La lésion occupe ainsi toute Tépaisseur des couches épithéliales et arrive au contact du chorion, parfois simplement congestionné, parfois infiltré de cellules embryonnaires et de globules rouges. Le processus n'entraîne pas d'ordinaire Ja chute totale de Tépithélium (diphtérite superficielle des Allemands).
Quand l'intensité du processus diminue, la prolifération de la couche génératrice donne naissance à des cellules moins altérées, à des couches membra!neuses moins cohérentes; les plaques se détachent et l'épithélium se régénère rapidement. Ce n'est que dans les cas exceptionnels où l'épithélium a été complètement détruit, que la perte de substance peut laisser une ulcération, et plus tard une cicatrice.