TUMEURS DU POUMON
partie des deux poumons, très adhérente aux parois thoraciques qu'elle envahit, notamment au diaphragme qui est d'ordinaire bourré de noyaux secondaires et plus ou moins détruit.
L'examen histologique montre alors le plus souvent qu'il s'agit d'une tumeur épithéliale à stroma alvéo* laire. Les cellules fondamentales sont volumineuses, sphériques, contenant des noyaux ovoïdes, volumineux, multinucléolés. Le stroma est alvéolaire, mais délicat ; il présente de grandes ressemblances avec le stroma normal des alvéoles pulmonaires, aussi a-t-on pu dire que les cellules de la tumeur étaient simplement distribuées dans les alvéoles normaux de l'organe. Le volume même de la tumeur suffit cependant à montrer qu'on est réellement en. présence d'une néoformation de travées conjonctives.
Le cancer primitif provient d'ordinaire du revêtement ejidotfiélial de l'alvéole. Cependant Chiari a décrit, sous le nom d'adénome, une tumeur maligne qu'il fait naître des glandes de la muqueuse bronchique (4). Il s'agit là d'une seconde forme d'épithélioma, à mettre en opposition avec celui qui vient du revêtement de l'alvéole.
Le tissu conjonctif du poumon donne à son tour naissance à des tumeurs ; on ne trouve nettement décrites dans les auteurs que des tumeurs bénignes de ce type : des fibromes et des lipomes.
Cancers secondaires. — Les tumeurs secondaires sont beaucoup plus fréquentes dans le poumon que les cancers' primitifs, soit qu'il s'agisse de tumeurs propagées par extension directe^ soit qu'il s'agisse de semis métastatiques.
Ce sont surtout les tumeurs du médiastin qui envahissent le poumon par extension directe. Les ganglions de cette région, et notamment ceux du médiastin an-
(Ij Chiari, Prager med. Wochenachr., 1883.
térieur, deviennent assez fréquemment cancéreux; ces lympho-sarcomes prennent un grand développement, et, dès le début, refoulent et envahissent le parenchyme pulmonaire adjacent. On trouve alors une énorme tumeur, blanche, molle, bosselée, sur la périphérie de laquelle s'étale une lame pulmonaire mince. Il est souvent difficile de reconnaître en pareil cas si la tumeur s'est développée primitivement dans le poumon ou dans les ganglions; l'examen histologique est parfois nécessaire pour trancher cette difficulté d'appréciation d'origine.
Les noyaux mélastaiiques les plus fréquents son,t ceux qui proviennent des cancers épithéliaux des •organes glandulaires. Ils se présentent d'ordinaire sous la forme de nodules assez petits, arrondis, dissér minés, dépassant rarement le volume d'une noisette. Ils ressemblent à des noyaux de broncho-pneumonie vulgaire, dont ils se distinguent par leur dureté et par leur blancheur sur la coupe. Ces noyaux cancéreux secondaires n'atteignent d'ailleurs presque jamais dans le poumon le volume considérable qui leur est habituel dans le foie ; mais ils déterminent fréquemment par leur présence des pleurésies hémorrhagiques^
io Lésions de cause circulatoire.
I. — Anémie. — L'anémie du poumon se rencontre surtout comme la manifestation locale d'une anémie générale. Parfois elle est la conséquence d'une compression partielle ou d'une oblitération vasculaire. Sur le cadavre le sang s'accumule par le fait de la pesanteur dans les gouttières vertébrales, et l'anémie qui en résulte dans les parties antérieures ne doit pas être prise pour un phénomène pathologique.