ŒDÈME DU POUMON
L'obstruction eoibolique des branches de l'artère pulmonaire détermine une anémie locale, mais, par le fait même de la double circulation de cet organe, on n'observe pas dans le poumon les infarctus blancs, nécrosiques, que les embolies déterminent dans les autres viscères. D'ailleurs l'embolie survient d'ordinaire dans les affections cardiaques, sur des poumons qui sont déjà le siège d'une congestion chronique; sous cette double influence naissent des foyers héraorrhagiques particuliers que nous décrirons plus loin.
II. — Œdème. — Il est général ou partiel, suivant la nature de la cause qui l'a produit.
L'œdème pulmonaire, qui n'est qu'un épisode local de l'anasarque, est plus ou moins généralisé, mais toujours prédominant aux bases. On le trouve encore généralisé dans les poumons, quoique limité à ces organes, dans certains cas d'asphyxie par des gaz irrespirables, de même qu'après les agonies prolongées qui se sont accompagnées de paralysie cardiaque.
Plus rarement l'œdème est localisé; il en est ainsi dans les régions dont la circulation capillaire est entravée par des embolies capillaires multiples, notamment dans les cas d'embolies graisseuses.
Caractères macroscopiques. — Les poumons œdémateux sont augmentés de volume, mais leur consistance est molle, sans élasticité; ils gardent l'empreinte du doigt. Leur coloration est blanche, leur surface lisse n'est le siège d'aucun exsudât. A la coupe, sans même qu'il soit nécessaire d'exercer aucune pression, on voit sourdre un liquide spumeux, incolore, aéré, que la pression fait écouler en grande abondance.
Caractères histologiqDes. — Les alvéoles con>
tiennent une sérosité claire, mêlée d'eau, très pauvre
en éléments figurés : quelques rares globules, rouges et
blancs, de plus rares cellules épithéliales desquamées.
Cependant quand l'œdème survient dans un poumon
qui est le siège d'une stase chronique, dans les œdèmes hypostatiques des cardiaques par exemple, les globules rouges augmentent de nombre dans Texsudat, qui devient un peu rosé ; il en est de même dans l'œdème localisé qui accompagne les foyers inflammatoires de diverses natures. C'est là une variété spéciale d'œdème qui constitue en somme un état intermédiaire entre l'œdème véritable et la congestion.
III. — Hypérémie. — Le poumon est très fréquemment le siège d'hypérémies ; mais il faut distinguer deux séries de cas bien différents : tantôt l'hypérémie est le fait d'une dilatation active des vaisseaux, elle est plus ou moins aiguë, de durée relativement courte pouvant aller de quelques heures à quelques jours; tantôt les vaisseaux sont le siège d'une dilatation passive, fixe, ordinairement très prolongée et véritablement chronique. Dans le premier cas l'hypérémie est active, le terme de congestion lui convient particulièrement ; dans le second cas Fhypérémie est passive, et constitue la stase proprement dite.
Congestion. — La congestion ne frappe pas spécialement les parties déclives; souvent elle se localise à. un lobe ou à une partie d'un lobe et mérite le nom de congestion lobaire : c'est l'apoplexie vasculaire des anciens. Cette forme est fréquente dans les inflammations aiguës du poumon, surtout chez les enfants; elle n'en possède pas moins une certaine individualité; elle évolue parfois pour son propre compte, comme une complication additionnelle, et peut devenir la cause déterminante de la mort.
Dans les maladies fébriles ou chroniques qui entraînent le décubitus dorsal prolongé, on rencontre souvent une congestion plus étendue, plus intense, frappant les bases pulmonaires déjà le siège d'un, œdème hypostatique. C'est à ce mélange de stasCy de, conge&tion aiguë et d'inflammation, qu'on a donné le nom assez impropre de pneumonie hypostatique.