‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 12 sur 182 · IX. — Classiftcations · texte numérisé non relu

IX. — Classiftcations

Tous les auteurs qui se sont occupés des tumeurs, depuis les plus anciens jusqu'aux plus récents, se sont efforcés de les classer, c'est-à-dire de les répartir en groupes artificiels. Après les détails dans lesquels nous sommes entré, il est facile de comprendre que tous ces efforts aient été stériles. Gomme nous Favons montré, il n'y a en réalité que des tumeurs embryonnaires ou adultes de toutes les espèces cellulaires, réunies par un certain nombre de formes intermédiaires, et formant en somme autant de séries naturelles et indépendantes qu'il y a d'espèces cellulaires normales. Dans cette manière de voir il faut renoncer nettement à toute espèce de classification artificielle, et revenir simplement, au nom même de Tanatomie pathologique, à l'ancienne et immuable division des cliniciens en tumeurs malignes et tumeurs bénignes de tous les organes et de tous les tissus. 11 ne reste plus ensuite qu'à les énumérer dans un ordre naturel et à les décrire successivement.

Le nombre des espèces naturelles de tumeurs n'a d'autres limites quç le nombre des espèces cellulaires elles-mêmes; ne pouvant songer à embrasser ici Thistoire même sommaire des néoplasmes de tous les tissus, nous devrons nous restreindre aux séries les plus fréquentes et les plus importantes à connaître. Nous décrirons successivement, et dans deux chapitres distincts, les principales formes des tumeurs des tissus définitifs de l'organisme, et celles des tissus transitoires de la période du développement.

Pour notre part, nous ne reconnaissons pour une tumeur quelle qu'elle soit, de dénomination meilleure que celle de

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tumeur embryonnaire^ intermédiaire ou adulte^ complétée par la désignation exacte du tissu d'origine. Toutes les expressions courantes, aujourd'hui en usage dans la terminologie des tumeurs, ont le tort commun de reposer sur des caractères artificiels et mai délimités . Le mieux serait de les abandonner complètement; mais nous ne pouvons pas perdre de vue que notre manière devoir n'a pas encore acquis droit de cité dans la science,' et que nous nous adressons à des lecteurs ou à des élèves qui ont besoin de connaître les divisions et les dénominations classiques.

Cette nécessité nous impose une étude comparative; mais celle-ci soulève des difficultés et des incertitudes plus grandes qu'on ne pourrait le supposer au premier abord. Les genres classiques reposent sur des détails de structure qui sont d'ordinaire communs à plusieurs tissus, et qui n'appartiennent cependant qu'à une étape déterminée du développement de chacun d'eux. Il en résulte que chacun de ces genres réunit, des tumeurs qui appartiennent à des espèces naturelles différentes, et par contre qu'aucun d'eux ne comprend toute l'échelle des tumeurs d'un même tissu. Dès lors aucune synonymie précise, aucune concordance étroite ne peuvent être établies entre les genres classiques des tumeurs et leurs espèces naturelles.

Les rapprochements indispensables à connaître n'en seront pas moins précisés et mis en évidence dans la mesure du possible. D'une part, nous ferons suivre la description de chaque forme déterminée de tumeur de l'indication du terme qui lui serait appliqué dans une description inspirée par les données classiques. C'est ednsi que l'explication des planches qui accompagnent le texte comporte une double dénomination, la première précisant la nature spécifique de la tumeur considérée, la seconde en lettres noires indiquant le genre classique dans lequel elle viendrait prendre place. Il importe toujours de ne pas perdre de vue que ces deux termes superposés ne sont nullement synonymes en général, qu'ils ne s'appliquent simultanément qu'au cas particulier considéré, sans aucune extension possible et sans aucune réciprocité en dehors de lui.

D'autre part, prenant pour base la classification de Cornil et Ranvier, que nous choisissons comme la plus connue et à tout prendre la meilleure de celles qui ont été suivies

jusqu'à ce jour, nous indicpierons, dans un tableau d'ensemble, pour chaque genre classique, les principales espèces naturelles qui répondent au même titre à sa définition. Dans ce tableau placé ci-dessous, la colonne de gauche indique les genres admis par Comil et Ranvier, celle de droite les espèces néoplasiques qui les constituent. Dans cette colonne, les abréviations T. E. , T. I. et T. A. sont là pour tumeurs embryonnaires, intermédiaires ou adultes; les termes en italiques indiquent les lésions pathologiques qui, suivant nous, ne sont pas des tumeurs vraies et qui appartiennent a d'autres processus pathologiques, pour la plupart à des processus parasitaires.

CXASSIFZGATION DES TUMEURS

d'après Ck)RNIL BT RanVIBR.

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