‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 155 sur 182 · OUVERTURE DU CADAVRE · texte numérisé non relu

OUVERTURE DU CADAVRE

mencer par elle, parce que cetle ablation est beaucoup plus facile à pratiquer sur un cadavre encore entier, que sur un cadavre qui a déjà subi l'ouverture antérieure.

Pour l'ouverture des cavités abdominale et thoracique, l'opérateur doit se placer à droite du cadavre, s'il est droitier, ou inversement dans le cas contraire.

Incision médiane. — Il fait d'abord, avec le couteau tenu de la manière indiquée plus haut, une longue incision médiane, qui va en ligne droite de la fourchette du sternum jusqu'au pubis.

Il faut avoir la précaution de passer un ^e\xà gauche de V ombilic f pour respecter le bord libre et l'extrémité antérieure du ligament suspenseur du foie. Sur le thorax, le couteau ne risque aucune échappée, aussi faut-il appuyer avec force, et d'un seul coup aller jusqu'à l'os. Plus bas, l'incision ne doit pas pénétrer d'emblée dans le péritoine; pour cela, elle doit être faite avec prudence, et s'arrêter dans l'épaisseur de la paroi. On reprend ensuite l'incision à ï'épigastre, on ouvre le péritoine sur une petite étendue ; on introduit l'index et le médius gauches dans cette boutonnière, et on continue entre eux la section jusqu'au pubis, sur la paroi ainsi soulevée, sans courir le danger de léser les viscères abdominaux.

Dans les cas exceptionnels, où l'on veut constater la présence de gaa libres dans la cavité péritonéale, il est bon de se servir d'un artifice que l'on peut employer également pour la cavité pleurale, et qui consiste à ne faire la ponction de la paroi qu'à travers une petite couche d'eau, maintenue dans le fond de la première incision à la faveur d'un pli des téguments. Le dégagement des bulles gazeuses à travers l'eau est alors d'une constatation plus facile et surtout plus certaine, que si l'on se contentait d'en observer la sortie à l'air libre.

S'il y a des liquides péritonéaux dont on veuille mesurer la quantité, il faut les recueillir dans des

Dard. 40

vases gradués. Quand ils sont abondants, et que Tantopsie est pratiquée sur une table inclinée à rigoles, munie d'un réservoir spécial et mobile, on obtient une approximation suffisante en laissant les liquides s'écouler dans le réservoir, où ils peuvent être me-, sures ultérieurement.

Incisions transversales. — On peut, à la rigueur, se contenter de cette incision médiane, mais il est préférable de se donner plus de jour, en la complétant par deux incisions transversales. On fera partir ces dernières de la ligne médiane, immédiatement au-dessous de VombUic, pour les diriger en bas et en arrière vers l'épine iliaque antérieure et supérieure. En renversant le lambeau inférieur sur le haut des cuisses, on découvre parfaitement les fosses iliaques, et cela sans entamer la région inguinale, qu'il est parfois utile de respecter.

L'abdomen étant ainsi complètement dégagé, on peut se rendre un compte exact de la situation et des rapports des organes qui y sont contenus. Il est utile de le faire dès le début ; on ne négligera pas d'explorer les fosses iliaques, le cœcum, le petit bassin, l'hiatus de Winslow, l'arri ère-cavité des épiploons ; d'abord en écartant l'intestin, puis en l'attirant au dehors avec précaution, on constate les adhérences, les volvulus ou les invaginations qui pourraient exister. On devra «'arrêter pour le moment à cet examen général et à l'étude des rapports; sauf de très rares exceptions, il vaut mieux ne procéder à aucune ablation d'organe avant d'avoir ouvert la cavité thoracique.

Oaverture du thorax. — On revient alors au thorax, on met ses parois osseuses à découvert, en en détachant la peau et les masses musculaires sous-cutanées. Pour cela, on saisit la peau au niveau de l'incision médiane, on la maintient tendue, et en s'aidant de tractions, on détache en un seul lambeau la peau et les couches musculaires sous-jacentes, avec le cou-

Page 1