‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 166 sur 182 · II. — PRÉPARATIONS HI8T0L0GÏQUES · texte numérisé non relu

II. — PRÉPARATIONS HI8T0L0GÏQUES

V Examens à l'état irais.

L'examen histologique des pièces anatomiques se fait soit à Tétat frais, soit après durcissement.

L'examen à l'état frais se fait tantôt par dissocia* tion, tantôt à l'aide de coupes minces. La dissoe&atien des tissus sous le champ du microscope montre les éléments anatomiques isolés , privés de leurs rap> ports et de leurs connexions ; aussi n'est-elle utilisable que pour des cas particuliers.

Les coupes qui portent sur les tissus frais sont difficiles à faire avec des rasoirs ordinaires; ou les réussit mieux avec l'instrument à lames parallèles, connu sous le nom de double couteau ou discotome (fig. 120J. Les coupes ainsi obtenues sant toujours assez épaisses et friables ; de plus les tissus frais qui n'ont subi encore aucune immersion dans les liquides coagulants n'absorbent que très mal la plupart des matières colorantes. 11 en résulte que les examens à l'état frais peuvent bien être utilisés pour la vérifica-* tion rapide d'un détail anatomique par un observateur déjà exercé, mais ils sont peu à recommander pour l'enseignement des élèves et ils doivent être absolument rejetés pour les recherches scientifiques.

AURCISSnnHT DBB Pl£CtS.

3° DuTCiisement des piéOM.

On se sert beaucoap dans oertaina laboratoires ailemanda du durcissement instantané des pièces anatomiques par la cougAlatloB. Les pièces sont placées sur des microtomes particnlieis sous la platine desquels on projette des vapeurs réfrigéranteB, telles qQBdesvapenrs d'étherou de chlorure de mé- Ihyle. On obtient ainù en quelques minutes des durcissements excellents et des coupes comparables à ceUes que l'on obtient par les méthodes ordi- yj

naires de durcissement lent, llalheureusement cette méthode est encore peu recommandable ; la congélation altère directement un certain nombre d'éléments anatomiques, les globules rouges du sang, par exemple; l'eau d'imbibition des tissus se congèle et les aiguitlee de glaoe ainsi produites déterminent des changements de structure ; de plus les imprégnations par les réactifs colorants ne donnent que des résultats peu satisfaisants.

En somme et malgré le temps que cette méthode exige, c'est au durcis- — do bi

sèment des pièces dans les liquides muiewi ou diicoappropriés qu'il faut avoir recours tome. dans l'immense majorité des cas, ^^ ^ eïiérifnro, quand on veut pratiquer les examens «t rî, lU iniéFicnr*

hiStolOgiques. d«lin*« à régltr i

Au début des recherches histolo- d^7ïniei "'^'"°"" giqnee, on se contentait deladsBslccatloD comme procédé de durcissement; les UqoidM

754 PRÉPARATIONS HISTOLOGIQUBS.

coagalants ont marqué un grand progrès dans les études histoUigiqiies.

Nous ne nous proposons pas d'indiquer ici les détails techniques nécessaires à ceux qui veulent entreprendre de faire eux-mêmes des coupes histologiqaes, cela nous entraineraità de trop longs développements. Les quelques indications qui vont suivre ont uniquement pour but de faire comprendre les principes généraux qui servent de base àFhistologie pathologique.

Vatcool fort et les solutions à base d'€uside ehromique ou de biehromaUs sont les liquides conservateurs généralement employés pour la préparation des pièces histologiques. Ceux qui sont peu faodilitfriséa avec la technique histologique» et qui veulent s'assurer la possibilité de Texamen ultérieur des pièces de leurs autopsies, peuvent confier à ces liquides des pièces assez volumineuses. Il est toutefois préférable, pour se mettre dans de bonnes conditions d'observation, de prélever de suite sur les pièces à examiner des fragments de petites dimensions, ne dépassant guère un centimètre de côté.

Le choix du liquide n'est pa» indifférent et varie suivant les circonstances ; c'est l'alooolfort à 90^ environ, qui convient à la généralité des cas. On débarrasse les fragments du sang dont ils peuvent être souillés, par un essuyage ou un lavage rapide; on les place ensuite dans un flacon, suspendus par un fil ou reposant sur une petite couche de ouate; l'alcool doit être en grand excès, son volume doit être au moins vingt fois plus grand que celui du fragment à durcir.

Cette première immersion dans l'alcool a pour but de coaguler et de fixer dans leur forme les protoplasmas cellulaires ; vingt-quatre ou quarante^huit heures suffisent pour atteindre ce résultat, mais les pièces peuvent être conservées ainsi presque indéfinitoent sans s'altérer.

DURCISSEMENT DBS PIÈGES. 755

Quand il s'agit de tissus rétractiles, comme des mem* branes ou des parois minces, il faut avoir soin de les maintenir en tension sur des allumettes, des plaques de liège ou de verre, avant de les plonger dans Talcool.

On complète le durcissement par Tacide picrique, la gomme et Talcool de la manière suivante. Au sortir de Talcool, les pièces sont placées pendant un quart d'heure environ dans une solution saturée d'ctcide pi" crique. Après cette immersion qui débarrasse les pièces de leur excès d*alcool, on les porte dans une solution concentrée de gomme artkbique qui les imbibe et les imprègne profondément. Après quarante*huit heures en moyenne, on porte de nouveau les frag- ' ments dans Yalcool fort. Celui-ci coagule la gonune d'imbibition contenue dans les pièces, et après quarante huit heures de ce nouveau séjour, la pièce est durcie et bonne à couper au rasoir.

Le liquide de MUller (1) est préférable dans certaines circonstances ; il faut notamment avoir recours à lui toutes les fois qu'on a affaire à des tissus très vascnlaires dont on tient à conserver les éléments sanguins. Toutefois le durcissement par le liquide de Muller à Tinconvénient d'être long, il exige plusieurs jours avant que Ton puisse porter les coupes dans la gomme et l'alcool destinés à parfaire le durcissement. De plus il gêne certaines colorations ultérieures, et notamment entrave les actions électives du picrooarmin.

Le système nerveux exige une technique spéciale; on se servira pour les tumeurs ou pour les méninges des procédés ordinaires, mais pour le tissu nerveux luimême, il faut toujours avoir recours aux préparations à base de chrome. Nous ne parlerons pas ici des procédés de préparation des pièces pour les musées,

(i) Le liquide de MûUer contient : 20 gr. de bichromate de potasse et 10 gr. de sulfate de sonde pour nn litre d'eau distillée.

7S6 PRÉPARATIONS flISTOLOGIOUSS.

mais uniquement de leur mode de préparation pour les examens histologiquçs.

Le cerveau est découpé en grandes tranches, et celles-ci sont placées dans une solution de bickromette cPammoniaque ou dépotasse de 20 à 40 p. 1000.

Pour la moelle on emploie Vacide chromiquek^ p. iOOO, le bichromate de potasse ou d'ammoniaque à 2 p. 100 ou le liquide deUuller, La moelle doit être divisée par des sections transversales en quatre ou cinq tronçons qu'on laisse reliés entre eux par un pont de la dure mère ; elle est ensuite suspendue dans le liquide. Le flacon doit être très grand et, si la moelle est entière, pouvoir contenir au moins trois litres de la solution.

Le durcissement est toiyours très long à obtenir, il exige des changements répétés du liquide et des soins ' constants sur lesquels il serait trop long d'insister. 11 est préférable, suivant la méthode de Deiters, d'immerger d'abord la moelle dans une solution de bichromate pendant deux ou trois semaines et de continuer ensuite le durcissement dans Vacide chromique, ce qui exige encore quelques semaines.

On obtient un durcissement plus rapide, en un mois environ, si Ton peut maintenir la préparation dans une étuve à une température de 30 à M^.

Il existe aussi un assez grand nombre de techniques spéciales auxquelles il faut avoir recours dans des cas particuliers ; nous ne pouvons que signaler les plus usuelles.

L'alcool au tiers s'emploie quand on veut pratiquer la distocm^ton au lieu du durcissement; mais en pareil cas on doit, si Tattente se prolonge, renouveler le liquide au bout de vingt-quatre heures.

L'alcool absolu permet d'obtenir un durcissement plus rapide et une coagulation plus instantanée que Talcool fort à 92<'; mais il est incomparablement plus cher et le plus souvent son emploi est inutile.

DÉCALCIFICATION DES PIÈCES. 7o'7

On se sert de I -acide osmique tantôt pour utiliser la propriété de cet agent de colorer en noir certaines substances grasses, tantôt simplement pour obtenir une fixation plus rapide dans leur forme d'éléments anatomiques trop instables ou réfractaires à l'action de l'alcool.

En pareil cas les fragments doivent être plus petits encore que d'habitude et ne pas dépasser 6 ou 7 millimètres de langueur sur 2 dépaisseur. On les place dans une solution d'acide osmique à 1 ou 2 p. 100; la quantité de la solution doit être peu considérable et ne pas dépasser quatre ou cinq fois le volume du fragment ; quand il est très petit, on se contente de le suspendre clans un flacon bien bouché au-dessus d'une solution à 2 p. 100, où il est soumis à l'influence des vapeurs osmiques. Après vingt-quatre heures on fait dégorger la pièce pendant deux heures dans de l'eau distillée, et on la conserve dans l'alcool absolu. Cette méthode est à peu près la seule employée pour l'étude des troncs nerveux.

Décalcification. — Quand les tissus à étudier sont incrustés de sels calcaires, soit normalement comme les os, soit par le fait de processus pathologiques, il faut, pour permettre des coupes par le rasoir, les soumettre au préalable à la décalcification dans des solutions acides.

On fixe d'abord les éléments par Valcool ; on porte ensuite la pièce dans Vadde pimque en solution concentrée, et on l'y laisse jusqu'à ce que la décalcification soit complète, ce qui exige toujours au moins cinq à six jours et souvent bien davantage. Vacide chromique à 1 p. 100 est employé pour les pièces qui sortent du liquide de Muller, mais il pénètre mal et ne décalcifie que les couches superficielles. Une solution faible et salée (ïacide chlorhydrique permet d'obtenir une décalcification beaucoup plus rapide, mais elle altère plus ou moins les éléments anatomiques.

Badi). 43

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