‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 168 sur 182 · MÉTHODES DE COLORATION · texte numérisé non relu

MÉTHODES DE COLORATION

peu les couleurs, la différenciation des deux parties constituantes essentielles de la cellule se trouve ainsi nettement accusée. Ce serait faire un exposé de toute rhistologie normale que de passer en revue, môme sommairement, les réactions particulières de chaque cellule vis-à-vis des matières colorantes les plus u sueDes. Nous nous contenterons de rappeler ici i'iraportance de cette histochimie par les couleurs; elle a déjà rendu de grands services à la science et elle paraît appelée à en rendre à l'avenir de plus grands encore. Non seulement elle met en relief les différences de structure moléculaire les plus minimes entre les divers éléments constituants de l'organisme, mais encore elle permettra sans doute un jour de préciser les modalités chimiques de leurs altérations.

En Allemagne on a recours le plus souvent aux innombrables couleurs dérivées de la houille; en France, dans les laboratoires d'anatomie pathologique, on emploie le plus souvent le picro-carminate d^ ammoniaque, dont on doit la formule à Ranvier. La double coloration rouge et jaune qu'il doit au carmin et à l'acide picrique est très délicate dans ses électivités ; de plus, elle donne naissance à des teintes différentielles nombreuses, que Ton ne retrouve à un égal degré dans aucun des autres mélanges de couleurs usités pour obtenir des doubles colorations.

Grâce à elles le picro-carmin de Ranvier met admirablement en relief les différences délicates de structure moléculaire des divers protoplasmas; par là, c'est encore ce réactif qui convient le mieux à la généralité des cas en anatomie pathologique.

On emploie, concurremment avec le picro-carmin, de nombreux réactifs colorants qui, tous, ont leurs avantages particuliers dans des cas spéciaux. Pour en citer quelques exemples, Vacide osmique colore en noir certaines matières grasses ; le violet de méthylaniline ou la solution d'iode iodurée sont précieux pour l'étude

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des surcharges amyloïdes; le chlorure d'or est indispensable pour l'étude des extrémités nerveuses; le nitrate d'argent pour les endothéliums; le carmin ammoniacal pour les centres nerveux; Véosine pour les leucocytes, etc.

Parmi les mélanges de couleurs utilisés pour les doubles colorations, Véosine hématoxy tique recommandée par Renaut mérite une mention particulière.

4<* Montage des coupes.

Nous terminerons cette rapide introduction à l'histologie pathologique par quelques détails sommaires sur le montage des coupes après la coloration par le picro-carmin . La coloration s'obtient en laissant en contact, pendant quelques minutes, avec la substance colorante, la coupe préalablement étalée sur une lame porte-objet. On laisse la coloration se faire à l'air libre; avec le picro-carmin, quelques minutes suffisent d'ordinaire; quelques heures sont parfois nécessaires quand la pièce a été durcie dans le liquide de Millier; il faut alors avoir soin de placer la préparation dans une chambre humide pour éviter sa dessiccation.

La coloration obtenue, on reprend avec un linge la goutte de carmin ; quelquefois même il faut laver la coupe dans l'eau pour enlever l'excès de la matière colorante. On monte ensuite habituellement la coupe dans une goutte de glycérine pure ou légèrement chargée d'acide formique. Cette glycérine est, de plus, légèrement teintée par l'addition préalable d'un peu de picro-carmin.

La lamelle couvre-objet est ensuite fixée à la lame porte-objet par une solution de baume du Canada dans le chloroforme, solution qu'on a avantageusement substituée, depuis quelques années, à la cire à Valcool, autrefois universellement employée.

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