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II. — Mé/anose proprement dite

Cette affection donne naissance à des accumulations pigmentaires qui ne présentent aucun des caractères anatomiques des tumeurs vraies. Elle est très fréquente chez le cheval, surtout chez les sujets de robe blanche. Nous l'avons rencontrée dans un dixième des cas chez leë chevaux Âgés qu'on conduit aux abattoirs. Elle présente, dans cette espèce animale, une marche lente et ordinairement bénigne ; chez l'homme au contraire elle est fort rare, mais elle présente une gravité extrême ; la généralisation survient très rapidement et entraîne la mort en quelques mois.

La matière pigmentaire contenue dans ces productions présente les plus grandes ressemblances avec la mélanine des tumeurs choroîdiennes. Il est possible que le pigment ne soit pas absolument identique dans ces deux séries de faits, mais le? différences ne sont pas encore connues ; aussi nous ne reviendrons pas sur la description que nous en avons donnée plus haut.

Par contre, la structure de la tumeur et le mode de répartition du pigment sont différents dans les deux cas. Chez le cheval, et dans quelques cas types chez l'homme, les foyers de la mélanose sont constitués par les productions auxquelles Cornil et Ranvier ont donné le nom de

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masmos métanlqaea slmplea olroonsorltoM sovs forme d« tmaenm (m*l»nomea slrniHeB InfM-

tlenx de Heurtaux].

Ed pareil cas, l'&ccuinulatioii da pigment est le hil es- Eentie) et presque uoique àf la lésion ; U prolifération cellulaire active, caractéristique essentielle de toute tumeur vraie, fait plue ou moias complète ment défaut. Les masBes mélauiques ont des dimeusions très variables, les plus peUtes ne sont visibles qu'au microscope, les plus grosses peuvent dépasser le volume du poing {6g. 17).

Elles Bont ordinairement très noires, souvent enkystées, séparées des tissus saius par une limite nette, sans aucune lone intermédiaire de coloration décroissante.

Les foj'ers mélaniqucs se présentent avec des caractères différents qui permettent de décrire trois formes dis-

1" Dans une première «érie de faits, des granulatîou^ pigmentaires s'accumulent simplement au milieu des lissus normaux ; elles infiltrent par grandes masses les cellules préexistantes, qu'elles masquent sans les détruire. Dans les ganglions surtout, la structure normale disparait sous la masse noire, et l'ensemble de la coupe se présente comme un morceau de charbon daus lequel ou ne peut distinguer aucun détaîL

Le lavage au pinceau débarrasse, à grand'peine, le

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tiflftu 80us-jacent des graniiiatioas qui rencombrent, un peu i la façon de la poussière charbonuense dans un ganglion anthracosique. Il s'agit là d'un simple encombrement méianique; l'absence de réaction des tissus est si complète qu'on serait tenté de n'y voir qu'une accumulation de matières inoffensives, comme peuvent l'être des granulations calcaires ou des tophus uratiques. Mais l'accroissement rapide, l'extension, les semis périphériques des masses mélaniques, ne peuvent laisser aucun doute sur la présence d'éléments particuliers, susceptibles d'une multiplication propre.

20 Quand les masses deviennent plus volumineuse», leur centre perd sa cohésion ; ce ramollissement commence déjà sur celles qui atteignent le volume d'une amande ; il aboutit, sur les plus grosses, à la formation d'une bouillie presque fluide, mais ordinairement tout à fait sèche.

Dans ces cas, les granulations pigmentaires ont entraîné la destruction des cellules dans lesquelles elles s'étaient accumulées ; la lésion se présente alors sous la forme d'une sorte de kyste, rempli par des granulations noires au milieu desquelles on ne trouve plus que des vestiges du tissu primitif. A ce stade ces tumeurs méritent le nom de masses mélaniques proprement dites.

30 La troisième forme se rapproche davantage des tumeurs vraies, mais elle appartient encore à la mélanose pure. Elle est plus fréquente chez l'homme que les deux formes précédentes ; elle mérite la dénomination de no~ dûtes mélaniques qui nous servira à la distinguer des autres.

Les nodules mélaniques se présentent sous la forme de petits foyers globuleux, moins bien limités que les lésions précédentes, et habituellement inclus dans le tissu cellulaire sous-cutané. Les foyers noirs y sont relativement rares ; ils sont disséminés dans l'épaisseur du nodule, surtout au voisinage de son centre ; la tumeur est blanche dans son ensemble, tout en présentant des points pigmentés d'intensité variable. Cette forme se caractérise essentiellement par l'existence d'un certain degré de réaction des tissus, qui s'accuse par la prolifération plus ou moins abondante des cellules conjonctives. Le processus est alors plutôt exubérant que destructif. Les cellules proliférées qui constituent ces nodules appartiennent aux types con-

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jonctife ; elles se présentent à des étapes diverses de leur développement, depuis là cellule voisine des formes embryonnaires néoplasiques jusqu'à la cellule adulte du tissu coigonctif fibrillaire. Ia plupart sont allongées et fusi formes, aussi ces nodules sont le plus souvent rapportés par les auteurs au sarcome fascicnlé. Les foyers mélaniques sont englobés dans la masse ; on ne constate pas toujours facilement leur siège intra-cellulaire; ils se présentent sous la forme de taches noires et opaques, homogènes, qui masquent les éléments cellulaires et paraissent leur être superposées.

Les trois formes que nous venons de décrire se rencontrent rarement à l'état pur et isolé ; sur une môme tumeur on peut rencontrer en un point un kyste mélanique volumineux, et à côté de lui un tissu blanc simplement infiltré de quelques petits foyers mélaniques.

La mélanose proprement dite dont nous venons de décrire les lésions s'éloigne nettement des tumeurs vraies ; les données anatomo-pathoiogiques et cliniques nous ont fait admettre, depuis quelques années déjà (1), la nature parasitaire de cette affection, bien que l'on ne puisse pas même soupçonner encore quel peut en être l'organisme pathogène.

IIL — Cas mixtes : tumeurs avec mélanose.

Un certain nombre de tumeurs pigmentées par des granulations mélaniques ne nous paraissent pas pouvoir rentrer dans les deux classes que nous venons de décrire. On observe en effet des cas dans lesquels les granulations mélaniques coïncident avec des proliférations cellulaires, qui dépassent la signification de simples hypertrophies irritatives, qui rappellent absoliunent les tumeurs proprement dites et qui n'émanent pas néanmoins des formes cellulaires dont la pigmentation est une propriété normale. La structure de ces tumeurs se rapproche beaucoup de celle des nodules mélaniques ; elle en diffère par la prépondérance de la prolifération cellulaire et par le caractère embryonnaire des cellules proliférées. Les cellules fondamentales

(1) L. Bardj De la nature parasitaire de la mélanose et de certaines tumeurs mélaniques. Lyon médieaU 1885.

Bard. 7

(■aroome ou oarolnoms mb- ^ lanlque).

sont très variables eulvant les cas, tanUt il s'agit de cellules embr^oanaiies du type conjonctif, UDtAt de formes épitfaëlialeB diverses; ces demièree sont souvent réparties dans des alvéoles (carcinomes mAlaniqnes). Le pigment ee trouve alors distribué tout A la fois daus le etroma conjonctif, où il est très aboD- , dant; et dans les masses cel- 1 lulaires néo-formées, où il se

présente sous la forme de taches arrondies, ou d'Ilots disséminés, assex semblables à ceux des nadutes mélani' ques que nous avons décrits plus haut (fig. 281.

' L'interprétation de ces cas mixtes est certainement difficile et ne peut être encore e, eellulei embryonnaires de la qu'hypothéûque. Quand les tumeur; p, griins pignentalreg cellules constituantes appar-

diMéminés entre les ceiEgiéi ou tiennent au type épidermiincriutéi diDi les traïèea con- que, ce qui est assez fréjonctiseB; (,trai*69 conjonctiïes. quent, OU peut soutenir qu'il s'agit simplement d'une tumeur vraie, née des cellules pigmentaires de la peau. Cette explication ne s'appliquerait qu'à ce cas particulier, et ne suffit pas à résoudre le problème. Deux hypothèses seulement nous semblent admissibles ; ou bien l'agent pathogène de la mélanose est capable de déterminer des proliférations cellulaires très voisines d'aspect île celles qui caractérisent les tumeurs vraies ; ou bien il s'agit en pareil cas de tumeurs vraies, que la mélanose a envahies secondairement comme elle eût pu le faire de tissus normaux, et auxquelles elle a imprimé, par sa présence même, une marche plus rapide et une malignité toute nouvelle.

Nous nous contentons de signaler ces deux hypothèses, sans entrer 4ans aucune discussion, et sans nous dissiniu~ 1er leur insuffisance; ces cas mixtes appellent de nouvelles recherches.

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