DEUXIÈME SECTION
Les troubles profondH du mouvement nutritif des tissus peuvent entraîner à leur suite des lésions anatomiques plus ou moins durables des éléments cellulaires. Ces troubles eux-mêmes sont le fait de causes multiples et variées, itull est nécessaire de signaler d'abord sommairement avant d'étudier leurs effets.
Kodifications de la ▼italitè. — En premier lieu fièrent les altérations d'orii^ine sanguine : les modiâcations des qualités respiratoires du sang ou des actes circulatoires eux-mêmes, telles que l'excès de la circulation capillaire, son ralentissement ou sa suppression. Les lésions cellulaires qui en résultent varient depuis ï hypertrophie îrritative des tissus, ou au contraire leur atrophie ■simple, jusqu'à la nécrobiose conséquence de l'infarctus.
Les modifications de l'influx nerveux déterminent les lésions étudiées en pathologie sous le nom de troubles Irophiques.
Enfin, par le fait même de la solidarité qui réunit tous les tissus de l'organisme, certaines lésions cellulaires reconnaissent pour cause le retentissement d'une lésion de voisinage. Telle est par exemple l'hypertrophie du tissu conjonctif destiné à remplacer un tissu parenchymateux détruit, <oabien encore, par un phénomène inverse, l'atrophie du tissu osseux au voisinage d'un anévrysme. Ces divers troubles réactionnels sont en somme assez fréquents; ils trouvent sans doute leur raison d'être dans une sorte d'ûifluence réciproque à distance que certains éléments ^Uulaires exercent les uns sur les autres.
Causes physiques. — Les agents physiques extérieurs à Torganisme sont souvent la cause de modifications cellulaires. Les traumatismes entraînent des destructions mécaniques C[ue l'organisme s'efforce de réparer par les divers processus de cicatrisation. Les corps étranget*s s'incrustent dans nos tissus, et y déterminent tantôt de simples réactions de défense, tantôt des efforts véritablement expulsife. La chaleur^ Y électricité ont leurs influences propres.
Agents toxiques. — D'autres agents ont une action essentiellement chimique ; quand ils sont solubles dans les liquides de l'économie ils peuvent aller dans la profondeur de nos organes exercer sur les protoplasmas cellulaires leur pouvoir toxique.
Les agents toxiques extérieurs sont connus depuis longtemps, on en trouve depuis les corps simples, comme le phosphore ou le mercure, jusqu'aux corps les plus compliqués de la chimie organique, comme les alcaloïdes ou les produits végétaux chimiquement mal définis.
Tous les agents toxiques présentent un mode d'action qui leur est propre ; de là les différences anatomo-pathologiques et symptomatiques qui permettent de décrire les diverses intoxications dans des chapitres séparés de la pathologie. D'une manière générale, les localisations cellulaires des poisons paraissent être d'autant plus délicates et plus étroites qu*ils ont eux-mêmes une stimcture chimique plus complexe.
Toutes les intoxications ne viennent pas du dehors, les plus nombreuses, les plus complexes, et par suite les plus importantes à connaître, sont le fait des agents toxiques fabriqués de toutes pièces dans l'organisme lui-même, suivant les diverses réactions pathologiques et peut-être même physiologiques dont il est le théâtre.
Les leucomaïnes et les ptomaïnes sont la cause de ces intoxications, dont la réalité est aujourd'hui surabondamment démontrée, mais que l'on étudie depuis peu, et dont l'individualité n'a pas encore été débrouillée. Nous verrons plus loin que les phénomènes d'intoxication prennent une part importante dans l'anatomie pathologique des maladies microbiennes, et jouent assurément le rôle principal dans leur symptomatologie.
Classifications. — Jusqu'à présent on s'est peu préoc-