III. — LÉSIONS MICROBIENNES
Les ganglions sont le siège de nombreuses lésions microbiennes; ils paraissent être vulnérables par la plupart des ferments du tissu conjonctif, sans qu'il soit bien facile ëe dire s'ils doivent cette propriété au tissu conjonctif qui
entre dans leur composition ou aux affinités propres des cellules lymphatiques elles-mêmes.
Ces processus fermentatifs envahissent le plus souvent les ganglions, seco/idatre9»»en/ à un foyer primitif situé dans leur territoire ; dans quelques cas ils sont atteints sans porte d'entrée apparente, ou tout au moins sans que la porte d'entrée ait réalisé elle-même un foyer pathologique.
Enfin il nous paraît certain qu'il existe une forme de fermentation microbienne qui est propre aux ganglions; elle les envahit de proche en proche, quand une fois elle s'est installée dans l'un d'eux ; mais, malgré cette dissémination, elle n'intéresse pas les autres tissus. Cette forme constitue le plus grand nombre des cas cliniques qui ont été réunis dans le groupe disparate de la^maladie de Hodgkin ; elle appelle une description spéciale et mériterait de garder seule le nom dUadénie; c'est sous le bénéfice de cette définition restreinte que nous employons ce terme dans le patagraphe qui va suivre.
I. — Adénie. — Les caractères anatomo-pathologiques des ganglions atteints par la fermentation spéciale qui donne naissance à Tadénie n'ont pas été décrits, parce que les auteurs n'ont pas séparé ces faits des hypertrophies ganglionnaires leucocythémiques, et des généralisations des tumeurs malignes des ganglions.
D'après les observations encore peu nombreuses mais très nettes dont nous avons pu recueillir les pièces anatomiques, la lésion de Tadénie vraie se rapporte à celle qui est décrite par quelques auteurs allemands, et en particulier par Ziegler, sous le nom de lymphadénome dur.
Aspect macroscopique. — Les ganglions atteints prennent une consistance dure, ré ni tente; le tissu conjonctif périganglionnaire est le siège d'une irritation bypertrophique très accusée, qui entraine la soudure des ganglions voisins. Ceux-ci arrivent ainsi à former des masses plus ou moins volumineuses, lobulées, dans lesquelles les ganglions ne sont nullement fusionnés
GANGLIONS LYMPflATlQUES. 251
et ne perdent pas leur individualité et leurs limites propres.
Sur une. coupe, la surface de Fincision reste plate; la substance du ganglion est sèche, sa coloration est pâle, d'un blanc jaunâtre^ elle contient quelquefois de petites hémorrhagies. Dans un certain nombre de ganglions et surtout dans les plus atteints, on constate des zône$ opaques, souvent semilunaires et périphériques.
GAraotères histologiques. — On constate tout d'abord un degré de sclérose mterstitieUe assez accusé ; les mailles du réseau caverneux sont plus étroites, les travées plus larges, plus nombreuses, finement striées. La séparation des follicules et des travées intercalaires n'est plus distincte. Les cellules lymphatiques ont pro^ liféré ; dans les parties du ganglion restées à peu près claires elles sont assez distinctes, tandis que dans les zones opaques ces cellules sont troubles, elles ne s'imprègnent plus nettement parles réactifs colorants et tendent à s'agglutiner en une masse granuleuse jau'nuire. On n'observe pas néanmoins de foyers caséeux proprement dits; cet état ne va jamais jusqu'à pro* duire des foyers de ramollissement ; le mode fermentatif rappelle plutôt la sécheresse de la gomme syphilitique, sans aboutir à une dissociation aussi complète des cellules altérées.
Grénéralisation. — La maladie débute d'ordinaire par les glandes superficielles, et le plus souvent par une glande du cou. Elle atteint plus tard les autres fi^anglions cervicaux, et de là ceux du thorax et de l'abdomen; elle intéresse d'abord ceux qui se trouvent au voisinage des gros troncs lymphatiques.
Le tissu lymphatique des autres organes lymphoides^ de la rate, de la muqueuse intestinale et même du thymus, peut présenter ultérieurement des lésions du même type*
La lésion de la raie., quand elle existe, ne prend
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jamais rimportance prépondérante; de plus elle est secondaire, et l'affection paraît toujours débuter par les ganglions. Enfin, caractère plus important encore, si ie tissu lymphatique peut être atteint partout où il se trouve, on observe jamais de métastases néoplasiques, c'est à dire de néoformations lymphoîdes là où il n'en existe pas à Tétat normal.
II. — SifPPURATioN. — La suppuration des ganglions, comme tous les processus fermentatifs dont il nous reste à parler, est une lésion commune aux ganglions et au tissu conjonctif. ËUe est très rarement primitive dans les glandes; elle atteint fréquemment à la fois le ganglion lui-même et le tissu conjonctif périganglionnaire. Elle ne présente pas de caractères assez particuliers pour nous arrêter davantage.
III. — Syphilis. — C'est surtout dans ses premières périodes que la syphilis frappe les ganglions. La lésion consiste alors dans VinfUtranon du système cavemetix péri^f'oltiieulaire par de petites cellules embryonnaires arrondies. Leur production est peu abondante en somme, mais très uniforme dans les diverses zones de la glande. Cet état persiste d'ordinaire fort longtemps; il peut, en se prolongeant, aboutir à on certain degré de sclérose, mais il n'entraîne pas de lésions plus profondes.
A la période tertiaire, les ganglions sont plus rarement intéressés; ils présentent alors tantôt de la cirrhose, tantôt au contraire une tuméfaction blanche qui leur donne un aspect médullaire.
La fermentation gommeuse y est plus rare; quand elle existe, elle s'accompagne de sclérose et donne aux ganglions lésés un aspect assez semblable à celui des ganglions tuberculeux.
IV. — Tuberculose. — Les lésions tuberculeuses des ganglions sont assez communes; elles comprennent aujourd'hui toutes les adénites caséeuses, les an** ciennes écroaelles scrofUleuses.