GANGLIONS LYMPHATIQUES
1. Au début, les ganglions ' sont augmentés de tolume, plus encore par ie fait de Tengorgeinent inflammatoire que par le processus tuberculeux luimême. Les granultiiions, d'ailleurs fort petites, ne font pas de relief notable et ne sont pas visibles à Tœil nu ; on les aperçoit à la loupe, sur la surface de coupe, sous la forme de petits points opaques, perdus dans un fond grisâtre, demi-transparent. La consistance du tissu est molle et élastique ; son aspect est tantôt sec et grisâtre, tantôt humide et rosé; il peut être imbibé d'un suc lactescent, plus ou moins coloré par le sang, suivant le degré d'inflammation des sinus et de la substance caverneuse du ganglion. A ce moment les granulations tuberculeuses contiennent d'ordinaire à leur centre une cellule géante ; elles paraissent siéger surtout dans le tissu réticulé des follicules ou au niveau de leur capsule conjonctive.
2. Plus tard les îlots opaques deviennent plus apparents à l'ceil nu et se fusionnent en masses caséeuses étendues. Il peut arriver que cette fonte dégénérative ne laisse plus persister que la coque épaissie du ganglion; mais, le plus souvent, les granulations tuberculeuses plus ou moins développées sont séparées les unes des autres par des faisceaux de tissu conjonctif, nés de la transformation scléreuse du tissu réticulé du ganglion.
Variétés. — La distinction ancienne entre les ganglions tubercnleax proprement dits et les ganglions simplement strnmeux n'est plus guère admise aujourd'hui : ces deux formes se trouvant absorbées dans la grande unité de la tuberculose. Cependant Comil et Ranvier décrivent encore à part ces deux formes anatomiques; ils admettent que toutes les deux aboutissent à la dégénérescence caséeuse et présentent alors absolument le même aspect; mais les lésions initiales leur paraissent bien différentes dans les deux cas.
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2Sé SYSTÂMB LYMPHATIQUE.
D'a|>rès eux, dans la tubercalose on rencontre dès le début les follicules tuberculeux élémentaires classiques, et ceux-ci développent aulour d'eux une inflammation évidente qui se traduit par raccumulation de grosses cellules dans les sinus lymphatiques.
Dans la scrofule, au contraire, Vadénite interstitielle prédomine dès Torigine; elle dissocie la substance folliculaire en petits îlots arrondis, isolés, qui sont entourés par de larges bandes de tissu conjonctif em/~ bryonnaire ou fibreux. Ces îlots sont constitués par on tissu réticulé dont les fibrilles, imbibées, tuméfiées et ramollies, prennent un aspect grenu. Leurs mailles beaucoup plus larges qu'à Tétat normal renferment de grosses cellules granulo-graisseuses, à noyau ovoïde; mais il n'y a pas là de follicule tuberculeux. Plus tard les vaisseaux qui traversent ces îlots s'oblitèrent, et la dégénérescence caséeuse est la conséquence du trouble nutritif qui en résulte.
Quoi qu'il en soit de ces caractères distinctifs, il n'e&t pas douteux que ces deux formes de transformations caséeuses des ganglions ressortissent toutes les deux à des processus microbiens. Par contre, malgré l'opinion courante, il ne nous parait nullement dé-» montré que toutes les fermentations caséeuses des ganglions soient le fait d'un processus unique.
Terminaisons. — La tuberculose des ganglions aboutit, suivant les cas, à la résorption de la masse caséeuse et à la transformation fibreuse; à son enkf^tement et à sa calcification; ou bien encore à une st/^puraUon secondaire qui entraine l'ulcération des foyers et l'élimination des produits pathologiques. La terminaison par suppuration s'observe surtout dans les cas où les ^hercules de l'organe primitivement affecté, intestin ou poumon le plus souvent, se détruisent rapidement eux-mêmes par des processus suppuratifs.