‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 64 sur 182 · RACHITISME · texte numérisé non relu

RACHITISME

Lésions de rossifloation périostiqne. — Au niveau de la diaphyse, rossifîcation périostique est troublée comme celle du cartilage épiphysaire.

Les couches ostéogëniqups à peine visibles à Fétat physiologique sont plus épaisses, plus molles et plus vasculaires qu'à l'état normal. Considérées sur toute la longueur de l'os, elles forment une sorte de fuseau, dont le ventre, situé au milieu de la diaphyse, dépasse plusieurs ^millimètres d'épaisseur (fig. 52). Dans les cas extrêmes, il fait saillie du côté du canal médullaire autant que du côté de l'extérieur; il rétrécit ce canal surtout à sa partie moyenne et lui donne une forme générale en sablier. Cette couche diminue l'adhérence du périoste et rend son ablation facile sur les os rachitiques ; elle rappelle l'aspect de la pulpe splénique. Elle a été prise par les anciens auteurs pour un exsudât hémorrhagique ; mais quoique riche en vaisseaux capillaires dilatés et à parois minces elle ne contient aucun extravasat. Elle est considérée par Cornil et Ranvier comme un tissu conjonctif mou. Elle est constituée en réalité par un tissu osseux en voie de formation, et mérite le nom d'ostéoïde que lui a donné Virchow.

Tissu ostéoïde. — Il diffère peu de celui qu'on observe dans les tumeurs malignes du type osseux ; au début il est très mou, mais il ne tarde pas à devenir plus dense et à unir étroitement le périoste et l'os sous-jacent.

Le tissu ostéoïde est parcouru par des travéts réfringentes, anastomosées; la plupart des auteurs voient en elles les analogues des fibres de Sharpey, que l'on observe dans l'ossification des os secondaires du crâne et des fibres ossilormes de l'encoche d'ossification. Cornil et Ranvier, qui signalent cette analogie, ne méconnaissent pas cependant la différence radicale qui sépare ces deux formations. Ces travées contiennent dans leur intérieur des cellules, souvent étoilées, qui établissent la nature osseuse de ce tissu.

Dans les fractures qui surviennent souvent sur les os rachitiques, le cal périostique est toujours constitué par ce même tissu ostéoïde ; on sait que cette partie du cal provient des couches ostéogéniques du périoste, ce fait prouve simplement que le vice de nutrition dont celles-ci sont le siège n'est pas modifié par la fracture.

Lésions de rossiflcation médullaire. — La formation régulièrement lamellaire du tissu compact est retardée et fait longtemps défaut dans Tos rachitique. Elle résulte, comme on le sait, de remaniements incessants du tissu osseux envoie de formation par lamoel^ périvasculaire. Dans les os rachitiques ce processus de perfectionnement qui résulte de Tossitication médul laire est retardé et troublé, au même titre que les processus d'ossification qui se font aux dépens du cartilage et du périoste. L'inégalité du processus donne naissance à des lames emboîtées qui alternent avec des couches embryonnaires sous la forme de cylindres concentriques. La moelle en partie inactive donne naissance à sa périphérie à des couches fibrillaires qui peuvent aller jusqu'à prendre l'aspect d'une membrane médullaire.

Ce processus s'observe d'ailleurs dans les alvéoles du tissu spongieux, tout comme dans les canaux de Havers et dans le canal central. Par là la formation des lames concentriques des systèmes de Huvers est entravée et se fait irrégulièrement, sans qu'on puisse dire avecColrat et Renaut (1) qu'elle soit plus modifiée que les autres modes de l'ossification, et sans que son altération atteigne à l'importance spécifique des tissus spongoide et ostéoïde que nous avons décrits.

Modifications de l'os ancien. — Nous venons de décrire les lésions de formation des os rachitiques; il est plus difficile de démêler la part qui revient dans la

(1) Assada, Rachitisme et syphilis osseuse. Th. Lyon, 1886.

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