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III. — LÉSIONS MICROBIENNES

I. — Ostéomyélite infectieuse. — Cette affection a reçu des noms divers, parmi lesquels ceux d'ostéite phlegmoneuse difftise, de périostite phlegmoneuse, d'ostéite épiphysaire.

Siège. — Elle s'observe surtout chez les jeunes sujets, dans les os longs, et en première ligne dans le fémur; parmi les os courts le calcanéum est le plus souvent atteint. Elle peut siéger dans toutes les parties de l'os, mais elle se développe à l'ordinaire là où les phénomènes d'accroissement sont les plus intenses; c'est-à-dire, au niveau des épiphyses, aux dépens de la portion de moelle la plus rapprochée du cartilage de

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conjugaison(l); dans lep^ios/e, aux déjiens de sa couche ostéogénique ; quelquefois aussi dans le canal centraL

Les foyers d'ostéomyélite sont ordinairement disséminés et laissent entre eux des espaces plus ou moins grands à peu près sains.

Évolution. — Le processus consiste essentiellement dans la prolifération intense des cellules osseuses de la moelle, aboutissant rapidement à la formation du pus. Pendant la première période, la moelle est congestionnée, parsemée de taches d'un rouge vineux; sa consistance est augmentée; à ce stade les cellules adipeuses disparaissent, tandis que l'infiltration embryonnaire s'accuse. Bientôt la moelle se ramollit, elle devient grisâtre, fongueuse, elle est imbibée de pus ; les sillons de Havers agrandis apparaissent sous la forme de traînées rouges. La formation du pns est très rapide, il est déjà abondant vingt-quatre ou quarante-huit heures après le début. La raréfaction du tissu osseux se poursuit et des cavités pleines de pus se constituent dans son intérieur. Le pus est souvent mélangé d'innombrables gouttelettes graisseuses, brillantes, venues de la graisse médullaire.

Cette suppuration diffuse et étendue détermine presque constamment, 99 fois sur 100, des séquestres plus ou moins considérables. Dans les cas extrêmes un séquestre peut comprendre la totalité (Tune diaphyse. Les séquestres sont quelquefois mobiles, le plus souvent invaginés par des productions d'os nouveau . Le plus souvent, par suite peutêtre de la rapidité de leur formation, la substance osseuse ne subit aucune raréfaction, et leur tissu ne diffère pas de celui d'un os normal simplement macéré dans l'eau. Ces séquestres baignent dans le pus; ils peuvent y séjourner très longtemps sans subir des modifications notables.

(1) Lannelongae, De V Ostéomyélite aiguë, iVI^.

Ces lésions intéressent peu le périoste et siègent surtout dans la profondeur des os; elles entraînent fréquemment le décoUainent des épiphyses; la ligne de séparation se produit au niveau même du cartilage de conjugaison. Souvent aussi la séparation se fait loin de ce cartilage, au niveau de la jonction de la diaphyse avec le renflement épiphysaire. Cette séparation des diaphyses se produit surtout vers la fin du premier mois, quand le travail de réparation est à son maximum. Elle n'entraîne pas toujours la nécrose du corps de l'os ; elle est souvent confondue à tort avec le décollement épiphysaire (Lannelongue).

Les fractures spontanées ne sont pas rares, mais elles sont tardives et se rattachent à l'existence de nécroses étendues.

Les articulations voisines sont ordinairement intéressées ; les cartilages diarthrodiaux subissent alors des amincissements partiels , des destructions et des perforations, plus nombreuses à leur circonférence que vers le centre.

Le pus se fraye un passage vers Vextérieur par sa propagation de proche en proche, il décolle le périoste sur de grandes longueurs avant de le rompre.

Les abcès du canal médullaire arrivent à perforer la coque osseuse qui les bride, sous forme de trous taillés comme à Temporte-pièce.

Réparation. — Les dégâts se limitent d'ordinaire assez vite quand le pus est rapidement évacué par une intervention chirurgicale largement conduite. Les séquestres sont longs à se détacher, leur élimination abandonnée à elle-même est presque indéfinie.

Dès que le processus perd de sa violence et de son intensité, nombre de cellules proliférées échappent aux stades ultérieurs de la fermentation ; au lieu de faire du pus, elles édifient du tissu osseux exubérant. Celui-ci affecte des dispositions diverses: tantôt il édi' fie de nouvelles couches osseuses concentriques

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