‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 67 sur 182 · TUBERCULOSE OSSEUSE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE OSSEUSE

sotts-périostiqaes, qui augmentent le diamètre de l'os; tantôt ce sont des productions d'ostéophytes qui invaginent les séquestres ou entraînent des déformations diverses des os intéressés. Huit jours après le début de raffection on constate déjà de l'os nouveau; il apparaît d'abord et prend son plus grand développement là où le processus a été le moins violent. Au début Tos nouveau est grenu, grisâtre et poreux (Lannelongue) ; plus tard il devient dense et éburné. Longtemps après la guérison de la maladie, on observe encore une croissance anormale de l'os, et des hyperostoses.

€ette tendance puissante aux productions d'ostéophytes montre que la fermentation porte son action sur les cellules propres du tissu osseux, et qu'il s'agit bien là d'un mode particulier de suppuration, d'une suppuration spéciale à ce tissu.

II. — Tuberculose osseuse. — Malgré les nombreux travaux récents dont elle a été l'objet, la tuberculose osseuse est encore imparfaitement connue. Elle est fréquente et s'observe surtout dans le tissus pongieux, dans les os courts ou dans les épiphyses des os longs. Le corps des vertèbres, le sternum, les côtes, les phalanges sont les os le plus souvent atteints.

Les §praaulations miliaires de la tuberculose généralisée forment de petites taches circulaires, de i à 2 millimètres de diamètre, translucides et exsangues ; elles tranchent par leur coloration sur le fond rouge foncé que forme la moelle, congestionnée à leur pourtour. Ces granulations ne déterminent que peu de réaction autour d'elles; rien ne les trahit à l'extérieur; elles ne sont que de simples trouvailles d'autopsie, relativement fréquentes quand on les cherche.

Tuberculose primitive. — Elle se présente sous trois formes principales.

Dans quelques cas, elle reste superficielle; elle s'étend simplement à la périphérie de l'os, au-dessous

du périoste, se propageant en surface À. la façon d'un ulcère serpigineux. Elle détermine des abcès ossifluents souvent considérables, mais elle ne pénètre pas dans la profondeur des os atteints. Cette forme s'observe surtout sur la colonne vertébrale; intéressant à la fois plusieurs corps vertébraux, elle constitue une forme relativement rare de mal de Pott.

Le plus souvent la tuberculose siège dans l'intimité même du corps de Tos, et elle n'arrive à la surface que par le travail ulcératif secondaire qu'entraîne sa présence. Les tubercules intra-osseux sont tantôt circonscrits ou enkystés, tantôt infiltrés ou diffus. Les uns et les autres sont constitués par des granulations tuberculeuses confluentes. Ils déterminent habituellement la production de séquestres plus ou moins étendus; ils s'accompagnent souvent d'abcès ossifluents, et de trajets fistuleux. 11 ne faut pas oublier cependant que, dans quelques cas, la tuberculose osseuse peut guérir sans qu'il se soit produit aucune évacuation à l'extérieur.

Caractères macroscopiques. — Dans les os tuberculeux les lésions sont d'ordinaire irrégulièrement distribuées. Elles se présentent, suivant les régions, à des étapes très diverses de leur développement; de là des variétés d'aspect, de consistance et de coloration, qui peuvent être considérées comme un des signes importants de la tuberculose osseuse. A côté de portions anémiques et translucides, on en rencontre qui sont congestionnées et lie de vin ; à côté de foyers caséeux on rencontre des cavités suppurantes ; à côté de séquestres spongieux entourés de fongosités saignantes, des îlots éburnés. Les couches denses ou néoformées sont relativement rares ; et le tissu est ordinairement très friable. Le stylet introduit par une fistule pénètre d'ordinaire avec facilité au sein du tissu osseux, en déterminant un bruit ou une sensation de craquement, qui résulte de la fragilité des trabécules osseuses qu'il rencontre.

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Dans quelques cas, et en particulier sur les phalanges, la diaphyse tout entière est augmentée de volume, transformée en un tissu alvéolaire à larges mailles, limité au dehors par des couches ostéophytiques incomplètement ossifiées, d'origine périostique (spina ventosa).

Les séquestres qu'on observe en pareil cas sont de deux sortes ; les uns méritent à peine ce nom et ne sont constitués que par des trabécules osseuses (séquestres moléculaires); les autres formés par des fragments assez volumineux {séquestres proprement dits) sont mobiles ou invaginéSy ordinairement creusés d'anfractuosités diverses et baignés dans le pus.

A la raréfaction initiale de la charpente osseuse vient s'ajouter, surtout quand les foyers communiquent par des trajets fistuleux avec l'air extérieur, une suppuration plus ou moins considérable. La prolifération des cellules médullaires arrive à former de véritables bourgeons charnus, très vascularisés, analogues à ceux, des suppurations conjonctives, et désignés comme eux sous le nom de fongosités. Les deux termes d'ostéite fongueuse et d'ostéite tuberculeuse sont en général considérés comme synonymes.

Ces bourgeons possèdent des vaisseaux dilatés qui peuvent donner naissance à des foyers hémorrhagiques, et qui contrastent avec l'anémie et les oblitérations vasculaires des tubercules purs.

Caractères histologiques, — Les granulations tuberculeuses confluentes parfois difficiles à reconnaître à l'œil nu présentent au microscope leurs caractères ordinaires (fîg. 55). Le tissu intercalaire dans lequel elles se perdent subit lui-même des lésions secondaires ; d'abord congestionné, il ne tarde pas à subir un ramollissement gélatineux; il s'anémie, il devient translucide ; ses cellules adipeuses disparaissent, ses cellules propres prolifèrent : il subit enfin une dégénérescence

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caiéeuse que l'on altrihue généralement à l'oblitération des vaisseau! .

Les trabécutes osieuses participent inégalement & la lésion, les unes sont le siège d'usure et de résorption ; les aulres se condensent et s'épaississent ; suivant les cas, l'un ç ou l'autre de ces deux

processus prédomine. Le plus ordinairement la raréfaction l'emporte au niveau du siège principal de la lésion, rosMfeprodttctive à la périphé-

Pig. 5Ï. — Tubertuloaeojseuse. rie, SOUS le périoste

1 bée I II notamment.

aitai tnira-inéduu lires. Le terme de carie,

qui a été si longtemps pris daDB des acceptions diverses et peu précisett.est considéré aujourd'hui comme à peu près eynonyme de tuberculose osseuse ; cependant Cornil et fianvier accordent encore à ce processus une individualité spéciale. D'après eui J'intlammation ne joue pas le rôle principal dans la carie ; celuici revient à ta déi/énéreseence graisseuse primitive des corpuscules osseux. Dans une première période, cette dégénérescence graisseuse existe seule; les trabécules un peu amincies ne présentent aucune autre lésion ; la moelle reste adipeuse. Ce stade s'observe surtout dans les épiphyses situées au voigiuage d'une articulation atteinte de tumeur blanche récente.

Plus tard les trabécules frappées de mort par cette dégénérescence jouent le rùle de corps étrangers, elles déterminent autour d'elles une infiammation suppwalive élimi- Tialrice. Dus obslruclioas vasculaires consécutives peuvent même entraîner en pareil cas des transformatiom caséeus's plus ou moins étendues, difficiles à distinguer des caséifications tuberculeuses.

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