LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES
riqaeux. Plus tard le cylindre d*aze, mis à nu, s'altère à son tour, il se tuméfie et devient lui-même variqueux; il finit par s'émietter et par disparaître.
Dans Tétat actuel de nos connaissances, rien ne permet d'affirmer que les éléments nerveux du cerveau ou de la moelle puissent être, chez Thomme, après leur destruction pathologique le siège d'un processas de régénération semblable à celui qu'on observe dans les nerfs périphériques. Toutefois on sait que les fonctions peuvent se rétablir plus ou moins complètement par des suppléances de voisinage.
I#ésions de la névroglie. — Sauf dans les cas de lésions profondes et destructives, dans lesquelles tous les tissus sont réduits à Tétat de détritus, la névroglie résiste longtemps. Le plus souvent elle donne naissance, par prolifération vicariante, à un réseau fibnllaire plus ou moins abondant qui prend la place des éléments nerveux détruits. La tunique adventice des parois vasculaires, les septa cloisonnants d'origine conjonctive prennent une certaine part à ce processus d'infiammation interstitielle et de sclérose.
Pendant toute la durée des premiers stades de la destruction des éléments nerveux, les foyers dégénératifs contiennent un plus ou moins grand nombre des corpuscules spéciaux. Les plus fréquents, connus sous le nom de corpuscules de Gluge, sont formés par des cellules granuleuses, arrondies, très volumineuses, que l'on considère comme des cellules migratiices chargées de fragments graisseux ou myéliniques absorbés par elles. Ces corpuscules trahissent l'existence d'un foyer dégénératif, mais peuvent se rencontrer encore assez loin de lui.
D'après Jastrowitz, cité par Ziegler, les corpuscules granuleux existeraient normalement dans le cerveau des fœtus et des nouveau-nés ; il joueraient un rôle dans l'apport des matériaux graisseux aux fibres myéliniques en voie de développement; leur présence
aurait été considérée à tort comme Findice d'encé^ phalites congénitales.
Quand le processus s'est accompagné d'épanchements hémorrhagiques, on rencontre des corpuscules chargés de granulations pigmentaires. Ënhn, dans quelques cas on rencontre des corpuscules amylac^s beaucoup plus nombreux qu'à Tétat normal ; ce fait a conduit quelques auteurs à penser que ces corpuscules avaient eux aussi une origine myélinique.
2<> Localisations topographiques des lésions
cérébrales.
Dans le système nerveux central et surtout dans Tencéphale, le siège topographique des lésions joue un rôle souvent plus important que leur nature même. Il importe de préciser avec rigueur, dans les autopsies, la localisation et les limites des foyers pathologiques.
La forme des circonvolutions, le trajet des faisceaux blancs sont aujourd'hui assez bien connus pour permettre sur ce point des déterminations précises, mais il est indispensable tout à la fois de connaître exactement l'anatomie normale de l'encéphale et d'utiliser des points de repère précis et bien choisis. Nous indiquerons ailleurs les méthodes de technique nécessaires pour atteindre ce but.
Sans discuter ici rimportante question des localisations cérébrales, et des centres corticaux des hémisphères, nous devons indiquer brièvement les principales conclusions qui se dégagent sur ce point des recherches modernes. Les détails sommaires qui vont suivre, ainsi que la disposition des deux figures qui les accompagnent, sont empruntés pour la plupart à un excellent article de Glover (1).
(1) Notes et schéma sur la topographie pathologique de Taxe céré^bro-spiual. Archives de Neurologie, 1888, II.
LOCALISATIONS CËRËBRALBS. 337
ZoHES conncALis. — La surface des hémiaphërea peut être divisée au point de vue fonctionael eu trois zoues diatinctes, diBposËes comme il suit d'avaat ea arrière :
La zone Intellectuelle est mttrquée sur Is figure 61 par des hachures verticale», elle comprendtoute la région frontale; toutefois les pieds des deuxième et troisième eirconvotulions frontales lui sont ci
b $citture de SjrLtus R lillande BoliDda; èpe, scissan p«rpaiidiiulure siterue Sy) sciuure lalerpari^tile ; S,p, (ciuun parai lêle ; F, F, Fg cinontotutioDsrraiittilea; FA, cin:oDvolDlioD[FouU1e>Kaiidanlï FA, cicconTolulion panetala tscaadsiite ; P(. Fi, lobulei pariétuix topérienr et inr«ncDF Pl« pli court» ; T), Tg, Tj, circouFolullom tamporales 0, O, 0, cirioDvoIulioai occipitales.
CentreB Cortioaux payotkomoMura -. I, de rsphèmie; 11, de
iiieml)re!uptr,ear VI do meoibre lifériaur ; Vil, dugraod hyp^glosK {comoiuQ avec le ficial luTensur al ia brioche matrice du trijameio) ; Vin da 1 iiemiuopBie
La zone motMce, mirquëe par des hachures transversales, comprend les deux circonvolutions rolandlques, frontale et pariétale ascendantes, dans toute leur Étendue ; elle empiète sur les pieds des deuxième et ti-oisiéme eirconvolulions frontales; elle comprend le lobule paracenlral situé sur la face iateme des hémisphères.
La zone sensltlve, laissée en blanc, semble correspondre aux circonvolutions postérieures et occipitales; elle est d'ailleurs plus mal délimitée que les précédentes. Un
certain nombre de faits montrent qu^on peut avoir des troubles de la sensibilité avec des lésions corticales situées en dehors de cette zone. R. Tripier (1) a montré que les lésions de la région fronto-pariétale déterminent toujours, en même temps que de la paralysie des mouvements, une diminution plus ou moins accusée de la sensibilité.
La zone intellectuelle et la zone sensitive constituent au même titre la zone latente, ainsi nommée par opposition à la zone motrice, parce que ses lésions ne déterminent pas de phénomènes paralytiques.
Centres corticaux. — Dans ces diverses zones, on a décrit et précisé quelques centres corticaux dont les uns, psychomoteurs, sont les plus anciennement connus et les mieux établis, les autres, purement sensoriels, sont de découverte plus récente et plus controversée.
Le premier centre cortical connu, celui du langage, siège sur le pied de ta troisième frontale; on a constaté de bonne, heure sa prédominance à gauche, le nom de Broca lui est attaché. Ce centre comprend aussi le lobule de Cinsula^ mais il est probable que les lésions de ce dernier n'agissent que par le retentissement qu'elles exercent sur les nombreuses fibres commissuralcs qui relient ce lobule à la troisième frontale.
Les recherches ultérieures ont montré le problème plus complexe qu'on ne l'avait d'abord pensé. L'exercice de la faculté du langage comprend des actes psychiques distincts : l'expression se fait non seulement par le langage articutéy mais encore par \ écriture; les impressions du langage arrivent au cerveau par la vue ou par Vouïe. Chacune de ces fonctions possède une certaine individualité ; les troubles qu'elles présentent se ramènent en somme pour toutes à des amnésies verbales; deux sont motrices, l'une amnésie d'articulation j l'autre amnésie graphique; deux sont sensorielles, amnésies verbales visuelle et auditive. On les désigne respectivement sous les nomsd'aphémie, d'agraphie, de cécité verbale et de surdité verbale ; le terme d'aphasie conservant la signification plus générale qui lui a été donnée par Broca.
Ces quatre sortes d'aphasies peuvent être, suivant les
(i) Hevue de médecine^ 1S80.
cas, réunies ou séparées sur les mêmes sujets ; un centre cortical distinct paraît présider à chacune de ces fonctions différentes. Toutefois le centre de l'aphémie est seul parfaitement établi et la localisation des trois autres est encore discutée . Quoi qu'il en soit, on place les deux centres moteurs en avant, et les deux centres sensoriels en arrière des circonvolutions rolandiques.
Le centre de Taphémie (I) occupe le tiers postérieur de la troisième frontale; il est bien connu et bien déterminé; sur la figure 61, la zone qui lui appartient est circonscrite par un trait spécial et marquée par des hachures entre-croisées distinctes. Les trois autres centres, moins bien délimitables, sont simplement indiqués par un chiffre, circonscrit par un trait circulaire, qui occupe le centre de la zone qu'on lui attribue : le centre de Pagraphie (II) est situé sur le pied de la deuxième frontale; celui de la cécité verbale (III) sur la partie postérieure du lobule pariétal supérieur et sur le pli courbe; celui de la surdité irerbale (IV) s'allonge sur la partie antérieure de la première cii^convoluiion temporale.
Le centre cortical des mouvements du membre supérienr (V) est situé sur la partie moyenne de la circonvolution frontale ascendante^ en un point qui répond en avant au pied de la deuxième frontale.
Le centre cortical des mouvements du membre snpé* rienr (VI), est mieux précisé, un trait spécial en indique les limites ; il comprend sur la face interne des hémisphères le lobule paracentral qu'on ne voit pas sur la figure, et sur la face externe, le tiers supérieur de la pariétale ascendante, et la partie supéro-postérieure de la frontale asceniante.
Vient ensuite le centre cortical du grand hsrpoglosse (VII) marqué par des hachures spéciales et par une limite nette; il est situé au pied de la circonvolution frontale ascendante^ tout en empiétant légèrement sur le pied de la pariétale ascendante. Il parait-ètre commun au facial inférieur et à la branche motrice du trijumeau, et constituer ainsi le centre des mouvements de la face.
Les sept centres corticaux que nous venons de décrire, «ans être incontestés, sont aasez généralement admis, mais avec celui de Thémianopsie (VIII), on arrive aux
localisations dont on commence seulement à entrevoir le siège. On place ce centre dans la partie antérieure du lobule pariétal inféineur, au voisinage mais un peu en avant du centre cortical de la cécité verbale. La cécité verbale et rhémianopsie coïncident par suite fréquemment, mais non toujours; le lobule pariétal étant assez étendu pour que leurs lésions causales puissent exister sans se superposer nécessairement.
On décrit encore trois autres centres corticaux, qui ne figurent pas sur le schéma de Glover, parce qu'ils sont très incertains et très mal précisés. Ce sont : le centre cortical du ptosis, qu'on localise au pli courbe ; celui de la déviation coigug^uée de la tête et des yeux, qui occuperait la partie du lobule pariétal inférieur intermédiaire aux scissures parallèle et sylvienne ; enfin celui du facial supérieur, qui appartiendrait encore à la région du pli courbe.
Faisceaux pyramidaux. — Les faisceaux blancs, qui mettent l'écorce en communication avec les parties inférieures de l'axe cérébro-spinal, doivent franchir les noyaux gris de la base du cerveau avant d'atteindre le pédoncule cérébral. Ils se réunissent et se condensent à leur niveau pour constituer la capsule interne, zone de passage, intermédiaire entre la couronne rayonnante située au-dessus et les pédoncules situés au-dessous.
Les lésions situées sur le trajet de ces faisceaux blancs déterminent à peu près les mêmes phénomènes que celles qui portent sur les centres corticaux eux-mêmes. Il importe à l'anatomo-pathologiste de connaître exactement le trajet et le siège de ces divers faisceaux dans toutes les parties qu'ils traversent ; nous ne pouvons entrer ici dans leur description qui ressortit à l'anatomie normale, et nous nous contenterons de préciser la place qu'occupe chacun d'eux à son passage dans la capsule interne.
La figure 62 représente une coupe transversale du cerveau, dite coupe de Flechsig^ portant ici sur l'hémisphère droit, et montrant la face supérieure du segment inférieur ainsi formé; c'est dire que la partie antérieure est à gauche du lecteur. La capsule interne est ainsi sectionnée horizontalement dans toute son étendue ; elle est le siège
LOCjaiSATlONS CÉHfiBRALES. 341
de hachures diverses, dont les alternances sneceBsives indiquent la place et les limites des divers tuBceani blancs dont elle se compose. On y trouve d'avant en arrière :
1° Le faisceau intellectael, t, qui occupe les deux lieri antérieurs du aegmeiil Unticulo-alrié de la capsule ; il provient en haut de la lone antérieure dite intellectuelle.
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