CHAPITRE II Encéphale
lo Lésions élémentaires.
Caractères macroscopiques. — Les lésions de Tencéphale se présentent habituellement sous la forme de plaques ou de noyaux ; leur aspect macroscopique diffère suivant qu'il s'agit de processus aigm et à développement rapide, ou de processus chroniques: les premiers déterminent des ramollissements, les seconds des atrophies ou des scléroses.
La lésion mérite le nom de ramollissement tant que les produits de désintégration des éléments nerveux persistent au sein des foyers de dégénérescence, ceux-ci sont alors mous, blanchâtres et opaques.
A mesure que ces produits se dissolvent ou se résorbent, la lésion devient grise et transparente. La dégénérescence grise se présente sous deux formes : quand les fibrilles néoformées sont rares et rimbibition œdémateuse prédominante, le foyer est mou; après la section il laisse écouler le liquide qu'il contient et prend un aspect déprimé, la dégénérescence grise est alors molle et gélatineuse. Au contraire, quand les fibrilles sont denses et abondantes, la dégénérescence grise devient dure et résistante^ c'est la sclérose proprement dite.
A la longue le nodule scléreux s'affaisse et se déprime, il arrive à Tétat de cicatrice; ce processus exige des mois et des années. Dans d'autres cas, alors
surtout qu'il s'agit de lésions centrales, la résorption des produits dégénérés aboutit à la formation d'une perte de substance qui se remplit de sérosité et prend une forme kystique. Quand les kystes sont petits et assez nombreux, on donne à la lésion le nom d'état criblé du cerveau.
Caractères histologiques. — L'aspect histologique des lésions varie suivant que l'on considère les cellules ganglionnaires de la substance grise ou les fibres nerveuses de la substance blanche.
Lésions des ceUnles gang^lionnaires. — Ces lésions varient suivant les cas.
L'atrophie simple consiste dans la diminution de masse de la cellule sans modification de structure ; les prolongements se rétractent, la cellule se ratatine et peut finir par disparaître complètement.
L'atrophie pigmentaire , la déstoérescence graissense, la calcifloation sont des termes qui se définissent d'eux-mêmes. D'après Virchow cette dernière s'observerait surtout après les traumatismes ou les commotions.
Dans quelques cas, les cellules prennent un aspect brillant, homogène, cireux, auquel on donne le nom de transformation sclérense.
Dans les processus à marche très aiguë, les cellules se tuméfient ; elles deviennent pâles et vitreuses ; les prolongements se gonflent et deviennent hyalins. Les noyaux participent à la lésion; des vacuoles apparaissent dans le corps cellulaire, et le processus peut aboutir à la liquéfaction ou à l'éclatement de la cellule.
Lésions des fibres nerveuses. — Les fibres présent entdes altérations tout à fait semblables à celles que nous décrirons plus loin dans les nerfs périphériques. La gaine de myéline est la première atteinte, elle se fragmente en boules et en gouttelettes, dont la répartition inégale donne aux fibres un aspect va-