LÉSIONS DU PÉRICARDE
elles sont très variables d'étendue et de forme, mais leur aspect est assez constant. A leur niveau la séreuse paraît épaissie, opaque, et ne laisse plus apercevoir par transparence le myocarde sous-jacent.
L'examen histologique révèle Vépaississement hypertrophique de la séreuse elle-même ; elle est doublée ou triplée de volume, constituée par des couches parallèles de tissu conjonctif lamellaire, ordinairement peu denses et très régulièrement disposées. Il n'existe aucune trace d'inflammation vraie.
Dans quelques cas rares les plaques laiteuses peuvent se surcharger de sels calcaires.
III. — Adhérences. — Les inflammations du péricarde peuvent se terminer comme celles de toutes les séreuses par des adhérences entre les deux feuillets ; cette terminaison est ici beaucoup plus rare que dans la plèvre. Tantôt les adhérences sont limitées, tantôt elles occupent toute l'étendue de la séreuse et constituent la symphyse du péricarde.
Adhérences limitées. — Elles peuvent présenter de grandes variétés ; mais elles se réduisent le plus souvenfr à un faisceau unique, assez allongé pour permettre les mouvements les plus étendus du cœur, mais souvent assez solide pour résister aux tractions au moment de l'autopsie et exiger la section avec les ciseaux.
Ce faisceau unique, irrégulièrement cylindrique, mesure le plus souvent près de 1 centimètre de diamètre, et affecte un siège de prédilection; il s'implante sur la face antérieure du cœur, un peu au-dessus de la pointe de cet organe ; il gagne de là le feuillet pariétal en se dirigeant obliquement en haut.
Symphyse. — La symphyse totale résulte ordinairement d'adhérences étendues, mais assez molles; il arrive souvent que celles-ci peuvent être détachées avec le manche du scalpel. Dans d'autres cas les deux feuillets ne peuvent être séparés que par une dissec-
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aae appareil girgulatoire.
tion minutieuse, mais les fibres d'union présentent une certaine longueur et permettent encore un glisse* ment notable entre les deux parois.
II est beaucoup plus rare que la symphyse aille jusqu'à produire une soudure intime et absolue entre les deux feuillets de la séreuse. En pareil cas la séparation est absolument impossible et Texamen histologique permet de constater que les deux feuillets sont fusionnés en une masse fibreuse unique, dense, cartilaginiforme, au sein de laquelle on reconnaît les deux feuillets constituants, soudés par une étroite zone intermédiaire de tissu fibreux, plus dense encore que celui qui représente les lames mêmes de la séreuse.
Bien qu'une telle disposition ne permette aucun glissement entre les deux feuillets du péricarde, la mobilité du cœur n'est pas pour cela absolument entravée; elle se rétablit par un mécanisme particulier (1). Le tissu cellulaire sous-séreux s'infiltre d'une couche épaisse de tissu adipeux, tant du côté du cœur que du côté du médiastin. Cette couche peut dépasser i centimètre de hauteur, surtout du côté viscéral où elle est toujours prédominante. Dès lors le glissement, que permettent les couches adipeuses sous-séreuses, remplace les mouvements qui ne peuvent plus se produire entre les deux feuillets de la séreuse intimement soudés.
(1) Bard et Telliert Du rétablissement de la mobilité du cœur dans la symphyse du péricarde. Bnue de médecine, 1887.