I. — LÉSIONS DU DÉVELOPPEMENT
I. — Malformations. — Les malformations du cœur sont nombreuses, diverses et assez fréquentes ; nous ne signalerons ici que celles qui ont un intérêt anatomo-pathologique.
La transposition du cœur on dextrocardie n^est le plus souvent qu'un épisode de la transposition générale des viscères, elle peut cependant dans quelques cas rares exister seule. Les autres anomalies de siège sont le fait du développement incomplet des cloisons qui environnent le muscle cardiaque, tantôt de la paroi thoracique antérieure, tantôt simplement du diaphragme ou des séreuses thoraciques.
Dans quelques cas le développement du cœur et du système artériel tout entier s'accomplit mal ; il en résulte une étroitesse relative de toutes les parties de Varhre circulatoire. Le cœur de l'adulte peut ne pas dépasser les dimensions de celui d'un enfant de sept à huit ans. Les artères sont alors plus étroites et à parois plus minces. Cette malformation de l'appareil circulatoire va d'ordinaire de pair avec une malformation analogue du sang lui-même et des organes génitaux, sans qu'il soit facile de dire si Tune des trois lésions est la cause première des deux autres. On sait que Yirchow attribuait la chlorose à une ang^nstle congénitale des vaisseaux.
Les malformations intracardiaques sont plus
importantes à connaître. La plupart sont le fait d'arrêts de développement, quelques-unes reconnaissent pour cause une endocardite fœtale, et il n'est pas toujours facile de faire la part exacte de chacun de ces deux facteurs.
Persistance dn trou de Botal. — C'est la plus fréquente des malformations du cœur. Elle est quelquefois associée à d'autres malformations et notamment au rétrécissement de l'artère pulmonaire, dont nous parlerons plus loin; souvent aussi elle est isolée. Quand l'orifice est large, il forme une communication directe et considérable entre les deux oreillettes ; il détermine alors les accidents de la maladie bleue y et le plus souvent n'est pas compatible avec une longue survie.
Plus souvent encore l'orifice est relativement étroit ejb gêne peu la circulation cardiaque. Dans des cas assez nombreux cette malformation ne détermine aucun phénomène pathologique et n'est qu'une trouvaille d'autopsie. La disposition particulière des bords de l'orifice importe plus encore que ses dimensions et explique ce qui se passe en pareil cas. Le bord antérieur de la valvule de Vieussens, concave en avant, dépasse la lèvre antérieure de l'orifice; la pression sanguine plus élevée dans l'oreillette gauche que dans l'oreillette droite, refoule cette valvule de telle façon qu'elle s'applique étroitement sur la cloison interauriculaire, sans laisser d'orifice* perméable. Au lieu de former une ouverture béante, le trou de Botal se présente, dans la paroi de l'oreillette, sous la forme d'un trajet oblique, dirigé d'arrière en avant et de droite à gauche.
Cette sorte de canal virtuel très court, de calibre variable, quelquefois réduit à i ou 2 millimètres de diamètre, admet le plus souvent l'extrémité effilée d'un porte-plume ; dans quelques cas, il peut être considérable. Nous avons trouvé une lois, che? un tuber-