I. — Définition
Le terme de tumeur est souvent employé en clinique pour désigner toute augmentation de volume bien circonscrite, quels qu'en soient d'ailleurs le siège et la nature, par opposition au terme de tuméfaction, qui s'applique aux gonflements diffus et sans limites précises. Les anatomo-pathologistes ont pendant longtemps désigné sous ce nom les productions les plus diverses; c'est ainsi que Virchow ne cherchait
Bard. 1
K*fftti$4^rittfi^$0$*^i *:^^ îimïUri trop rastes. nuis ks A^^m\tU*fU% KÎH^ïqn^^ 1^ plus récentes font encore »t$% Um^t'Mr^ Hfi^ j^ut trop larj^e. Tous les processas UitUk$nmHUtïr*t%^ qiM>l|« qu'en soit la forme extérieure, |4?# y/t$Hm**% ii*f in «syphilis aussi bien que les nodules U$\fHri'/HU*M%9 i^^* doivent \fà»» plus être décrits au nomhr**, ài*M iHmt*Air% que le» processus d>nkystement des U'U'MUi^smi de» échino^^iques. On ne doit pas davan- U^<{ y Umt*, (fgurv^r l^^s kystes par rétention on par iiWmtiUm tU*M produits sécrétés. Tous ces processus ii\i\im'iU*.mutî\i a d*autres chapitres de la pathologie iihUu'iiUr, Umr préi»«ncr; parmi les tumeurs ne peut i\n\t\m'Mvv\v ridéïî que l'on doit s'en faire.
l/afiai/^)rniH jiathologique des tumeurs est encore aMJn(ird*hiii un chapitnt dos plus obscurs et des plus itlitht'oiiill/iH i\i\ la ¥>v.m\VA'i, Les principes généraux, qui (''OtinnaiHlnnl. \i^\\v Hlruciuro et leur physiologie pa- Uiolngi(|uts noUH jiuraiKMont cependant des plus simploH ni iW)/^ y)luH piÏH'.U, mais ils ont été en grande |)arl.ln uK'MUuinuit pur Iom auteurs.
hoH {umvuri iwopninvnt dites sont des productions Hp<^oiult<H, iwu'I'alUimoul distinctes par leur nature oHHtnillollo ot par li^ur nlructure des autres lésions puthulo^iiiuoi*, Kllt>H oouHtituent un groupe bien déllllli dttut VindlvUlualité nosologique est indiscutable oi qui (ih^^lt (i iuu> loi auatomo-pathologique générale. Nou» UirouH l\»ul d*ubord avec Cornil et Ranvier que in ivuuour oMt uno « iiim^se constituée par un tissu de H\mi'*ih /UrmtlhoN» ayant de la tendance à persister et à *NMN'»HMi*t»y »% t^i do plus avec Heurtaux, « qu*eUe est 4h'im\iiH'f ii t^Hi tmmit inflammatoire proprement dit ».
A cette définition purement clinique nous ajouterons, au point de vue anatomique, que les tumeurs sont constituées par des éléments analomiques normaux, doués d^une vitalité excessive et en voie d'hyperplasie indéfinie, par le fait d'une anomalie spéciale, d'une sorte de monstruosité du développement des tissus ; ces éléments conservent d'ailleurs les attributs essentiels de leur espèce, ils évoluent dajis leur direction atavique primitive, mais s'arrêtent, suivant les cas, à des étapes diverses de leur développement physiologique.
IL — Origine.
Depuis que Ton n'admet plus la genèse spontanée des éléments cellulaires au sein de liquides organiques, de blastèmes générateurs (Robin) ; depuis que Taxiome de Yirchow,. omms eellulae cellule, est généralement accepté, tout le monde est d'accord pour faire neutre les cellules des tumeurs des éléments préexistants de l'organisme; mais les divergences commencent quand il faut préciser la filiation qui les relie aux cellules normales.
Virchow fait dériver toutes les tumeurs du tissu conjonctif; c'est là pour lui le tissu germinatif par excellence ; seul il peut donner naissance à des proliférations cellulaires, seul il peut édifier tous les néoplasmes. On ne devait pas tarder cependant à reconnaître la même propriété au tissu épitMlial de revêtement de la peau et des muqueuses. Thiersch et Waldeyer démontrèrent l'origine épithéliale des carcinomes des glandes. Leur théorie est assez généralement acceptée aujourd'hui, bien que Cornil et Ranvier soient encore restés fidèles à la théorie de l'origine conjonctive des carcinomes.
De là, dans les auteurs classiques, la grande division des tumeurs en tumeurs d'origine conjonctive et
tumeurs d'origine épithéliale. Beaucoup ne vont pas au delà ; quelques-uns accordent encore au 4issu endothélial, surtout à celui des vaisseaux, la propriété de donner naissance à des néoplasmes. Récemment Monod et Arthaud (1) ont même cherché à rapporter au tissu endothélial le monopole accordé jusqu'ici au tissu conjonctif : ils émettent l'opinion que le tissu endothélial et le tissu épithélial pourraient seuls donner naissance à des tumeurs; le tissu endothélial serait, dans cette manière de voir, la souche commune des tumeurs réputées conjonctives.
Un large éclectisme règne en général aujourd'hui, et la plupart accordent à la fois au tissu conjonctif, aux épithéliums et aux endothéliums la propriété de donner naissance à des tumeurs. Par contre, tous les autres tissus, réputés nobles, hautement différenciés, très élevés en organisation, ne seraient jamaijs le point de départ des néoplasmes.
Théorie de Gohnheim. — Dans une théorie célèbre, toujours citée et souvent mal comprise, Gohnheim s'est placé sur un tout autre terrain. Il refuse à tous les tissus de l'organisme adulte, quels qu'ils soient, la propriété de donner naissance à des tumeurs. La puissance proliférative nécessaire pour cela n'appartient d'après lui qu'aux tissus de l'embryon ; s'il arrive que des tumeurs peuvent apparaître à l'âge adulte, c'est que, pense-t-il, quelques cellules de l'embryon ont été incluses au milieu des tissus de l'adulte, qu'elles ont pu vivre là d'une vie latente, sans poursuivre leur évolution, jusqu'au jour où une cause occasionnelle inconnue vient réveiller leur activité et provoquer à leurs dépens la formation d'une tumeur.
Cette théorie de Gohnheim est en général accueillie avec faveur ; elle est acceptée par quelques-uns dans
(1) Classification des tumeurs du testicule, Revue de chirurgie, 1887.
toute sa rigueur, par les autres avec quelques réserves ; en réalité elle ne repose sur aucun fondement. Tout d'abord elle est purement hypothétique et ne s'appuie sur aucun fait d'observation; en second lieu elle tombe devant ce fait, que nous mettrons en lumière par la suite, que les tumeurs nées des cellules de Tembryon présentent une structure spéciale et typique, différant radicalement de celle des tumeurs qui naissent des cellules de l'organisme adulte.
Pour notre p'art, à rencontre tout à la fois de l'opinion des auteurs classiques et de celle de Cohnheim, nous croyons avoir démontré que toutes les espèces cellulaires de Véconomiey à toutes les périodes de la vie, sont cartables, à des degrés divers de fréquence^ de donner naissance à des tumeurs,
Hétérotopie. — Cette loi est générale ; elle s'applique non seulement aux tissus qui entrent normalement dans la compositioD de chaque organe, mais encore à ceux des nodules aberrants qui peuvent s'y trouver par hétérotopie. Il arrive en effet quelquefois (jue l'on rencontre dans des organes d'ailleurs normaux, eu dehors de tout processus néoplasique, de petits nodules plus ou moins considérables constitués par un tissu qui ne figure pas normalement à cette place. Tantôt il s'agit d'un tissu tout à fait étranger à l'organe, retardataire inclus au milieu d'un tissu différent, comme un fragment osseux typique au sein d'im muscle ou du parenchyme pulmonaire; tantôt simplement d'un tissu antérieur incomplètement disparu, comme un Ilot de cartilage au sein d'une diaphyse osseuse. Les tumeurs qui reconnaissent une pareille origine sont assez rares; comme on n'est nullement fixé sur le degré de fréquence des îlots hétérotopiques dans les organes normaux, il est difficile de savoir si les Ilots aben'ants sont plus exposés à être le point de départ de tumeurs que les tissus normaux eux-mêmes.
Quoi qu'il en soit, il oe faut pas confondre cette donnée, comme on le fait trop souvent, avec la théorie pathogénique de Cohnheim. Non seulement il s'agit ici de l'origine de quelques tumeurs exceptionnelles, et non de la genèse'
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m. — TariéCM.
T<jti» Jeu typai cellalaires de réconomie peuTent d/iîif)i?r fiaf»»anee à de» néoplasmes; cAoctni if eux po$l^clé^ um êérie fk lumeurg qid lui est prufpre. Telle est la seconde, donnée fondamentale qui résulte pour nous iUf leur étade« Tontes les tumeurs d'un même tissu ne ponnkânni pas toutefois des caractères identiques ; on retrouve entre elles de nombreuses Tariétés; celles-ci correspondent aux étapes diverses de l'évolution physiologique du tissu considéré. Dans les unes les celluleH sont adultes, elles réalisent plus ou moins exactement la structure du tissu d'origine; dans les autres elles «ont encore jeunes, plus ou moins embryonntiïran, et elles ne font qu'ébaucher le tissu auquel f^ileM appartiennent.
TI existe ainsi, pour chaque espèce cellulaire, une sorte dVîchelle de tumeurs presque ininterrompue, dans hujuello viennent prendre place les cas particuliers, ^îlagés depuis les formes les plus jeunes et à \mîu) roconnaissables, jusqu'aux formes les plus adultes, les plus complètes et les mieux caractérisées.
Dani notro mnnière de voir, l'analyse histologique d'une tumeur comporte toujours un double problème à résoudre: quoi est le tlsiu dont elle émane; quelle est sa place particulière dans réchelle néoplasique du tissu auquel elle appartient? Nous verrons plus loin quels sont les caractères t^volutin» gi^nèraux dos tissus nôoplasiques et quelles sont *W$ données qui peuvent permettre de répondre à cette
double question. Nous dirons seulement dès à présent qu'il est toujours facile de préciser la nature du tissu constitutif d'une tumeur, quand il a atteint les stades adultes de «on développement; par contre, cette détermination est d'autant plus difficile, que le tissu s'est arrêté à un stade plus inférieur d'évolution. Ajoutons qail est également facile de préciser la place que prennent dans l'échelle néoplasique d'un tissu donné les formes extrêmes, nettement adultes ou nettement embryonnaires, mais qu'il est parfois difficile d'apprécier exactement le rang qui convient aux cas intermédiaires.
Cette loi s^applique ai^si bien atue tisstis de Vembryon qu*aux tissus de rorganisme adulte : les uns et les autres possèdent chacun une série de tumeurs qui leur est propre. Disons tout de suite que des différences fondamentales séparent ces deux grandes classes de tissus, différences qui se retrouvent dans les tumeurs qui en proviennent. Dans les paragraphes qui vont suivre, nous n'aurons en vue que les tumeurs émanées des tissus définitifs de l'organisme adulte; nous consacrerons plus loin un chapitre spécial aux tumeurs qui tirent leur origine des tissus transitoires de la période du développement.
Spécificité cellalaire. — Les données qui précèdent diffèrent radicalement de celles qui sont généralement admises. Elles ont été méconnues parce que les anatomopathologistes se sont toujours laissé dominer dans leurs recherches par le dogme classique de Vindifférence cellulaire. On admet en anatomie générale que les cellules embryonnaires, nées des segmentations cellulaires, sont indifférentes et aptes à reproduire au besoin tous les tissus de Torganisme ; c'est tout au plus si quelques auteurs restreignent dans certaines limites le champ de ces transformations. Sous l'influence de cette doctrine on se préoccupe peu de préciser l'origine et l'évolution des cellules des tumeurs ; on n'attache de réelle importance qu'à leur structure confirmée. Qu'importe en efiet la détermination du tissu d'origine d'une tumeur, si celui-
ci peut par différenciation et par mélaplane (le mot est de Virchow) donner naissance à des tissus divers?
Il en est tout autrement quand on admet avec noua que les types celltUaires sont fixes et spéciAques, Nous avons consacré plusieurs mémoires à établir cette donnée fondamentale. Les différences essentielles qui séparent les types cellulaires sont précisément le fait de leur spécifia cité étroite acquise par le travail de générations multiples, et nullement la conséquence d'adaptations individuelles, d'influences de milieux par trop rapides et multipliées. Pour nous, c'est à tort que les auteurs cherchent à mettre les cellules en séries, suivant les degrés successifs de leur développement, en les étageant de la plèbe conjonctive jusqu'aux éléments de la noblesse nerveuse. Si les cellules se répartissent en castes, c'est à la manière hindoue, c'est-à-dire en castes héréditaires, dans lesquelles chaque individu a sa place assignée par sa naissance même. Il n'existe pas de cellule embryonnaire indifférente, tous les tissus se reproduisent directement, par la prolifération des cellules qui leur appartiennent en propre ; tous possèdent leurs formes embryonnaires y aussi spécifiques que leurs formes adultes^ moins bien caractérisées et plus dif-* ficiles à reconnaître, mais qu'une étude attentive permet cependant de discerner.
Cette notion, féconde en conséquences dans tous les chapitres de l'anatomie pathologique, n'est nulle part plus indispensable à connaître que dans l'histoire des tumeurs. La spécificité des cellules normales se retrouve dans les cellules des tumeurs qui en dérivent; c'est elle qui commande tous les détails de leur anatomie et de leur physiologie pathologiques.