VARICES
La dilatation, par le fait même de sa cause productrice, n'est pas localisée comme la dilatation artérielle; elle occupe une grande étendue du vaisseau atteint ; elle se généralise même habituellement à tout un plexus veineux soumis aux mêmes influences. Les valvules veineuses ne sont pas longtemps un obstacle; elles cèdent vite à la pression et souvent elles s'atrophient.
Parfois la dilatation atteint toutes les veinules aftérentes et jusqu'à leur vasa vasorum. Quand il en est ainsi, cette dilatation générale donne naissance à des fcrmations caverneuses compliquées.
Les vaisseaux veineux dilatés deviennent flexuetue; ils s'éntre-croisent jusqu'à former de véritables ama^s semblables à des paquets de lombrics. Au niveau des courbures de leurs ilexuosités, la dilatation donne souvent naissance à des cavités ampullaires amincies qui rappellent les anévrysmes sacciformes. Partout ailleurs au contraire les parois des veines variqueuses sont épaissies ; l'augmentation de volume porte surtout sur la tunique moyenne, dont l'épaisseur est ordinairement doublée et peut devenir jusqu'à dix fois plus grande qu'à l'état normal. Cet épaississement est constitué pour une faible part par la néoformation de fibres musculaires, pour la majeure partie par des couches fibreuses.
Les varices peuvent être envahies par la calclflcation; les dépôts calcaires se font tantôt dans les parois elles-mêmes qu'elles transforment en tubes rigides, tantôt dans les caillots fibrineux que contiennent les dilatations sacciformes des courbures; c'est à ces dernières concrétions qu'on donne le nom de phlébolithes.
Le tissu conjonctif périphérique aux varices est souvent le siège d'une induration chronique, quelquefois de petits abcès. C'est ainsi que dans les varices du plexus hémorrhoïdal, les veines dilatées soulèvent la
muqueuse rectale et arrivent à former les hëmprrhoïdes qui sont de véritables petites tumeurs saillantes, constituées à la fois par les veines dilatées et par le tissu conjonctif périphérique atteint d'hyperplasie et d'inflammation chronique.
3° Dilatations des capillaires. — Angiomes.
Les dilatations des réseaux capillaires sont habituellement décrites avec les tumeurs, sous le nom d'angiomes. Ce rapprochement n'est nullement légitime; après ce que nous avons dit des tumeurs vraies et de leur caractère essentiel de prolifération cellulaire, il n'est pas besoin d'insister pour faire comprendre les différences qui séparent ces deux ordres de processus. Dans les angiomes il n'y a pas à proprement parler de néoformations de vaisseaux; il s'agit uniquement d'une métamorphose spéciale des capillaires préexistants y qui se fait suivant un mode particulier et sous l'influence prédominante delà tension sanguine. Sans doute il faut admettre l'existence simultanée ou préalable d'une altération particulière des parois vasculaires encore inconnue dans son essence, mais ce fait ne suffit pas à en faire un néoplasme vrai.
La métamorphose caverneuse peut se montrer partout où il existe à l'état normal des réseaux capillaires, mais elle se fait suivant deux modes distincts qui doivent être décrits séparément.
Il ne faut pas confondre ces deux formes d'angiomes qui se produisent dans les tissus normaux, avec les dilatations télangiectasiques qui surviennent fréquemment dans -les réseaux capillaires d'un certain nombre de tumeurs malignes. Cette confusion a pu être commise et a fait attribuer aux angiomes, par quelques auteurs, une malignité qu'ils ne possèdent nullement.
ANGIOMES. 429
I. — Angiohks simples. — Cette forme s'observe surtout sur la, peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané; elle donne naissance à de petites tumeurs plates, viola^ cées, qui présentent des alternatives de turgescence et d'afifaissement. Tels sont les nœvi congénitaux, si fréquents chez les enfants nouveau-nés, et dont beaucoup disparaissent spontanément dans les premiers mois de la vie.
Il n'y a pas là de néoformation vasculaire, mais une véritable hypertrophie des capillaires préexistants. €eux-ci s'allongent et se dilatent ; ils arrivent parfois par leurs fleiuosités à former des sortes de petits anévrysmes cirsoïdes. Leurs parois sont très épaissies, mais conservent la structure simple des vaisseaux capillaires.
IL — Angiomes caverneux. — Cette forme comprend la plupart des tumeurs érectiles externes, qui se développent de préférence dans les couches graisseuses. Elle s'observe fréquemment aussi dans les organes profonds et notamment dans le foie, dans les reins et dans la rate qui possèdent de riches ré* seaux capillaires.
Fait important à noter, les angiomes caverneux de «es organes, ceux du foie par exemple, ne font auoune saillie, parce qu'ils atrophient le tissu propre et ne dépassent pas le volume du parenchyme qu'ils rempla- •cent. Là encore il n'y a pas de néoformation vasculaire, mais une simple distension des capillaires préexistants ; on peut observer directement la dilatation progressive de ces derniers dans la zone périphérique des angiomes caverneux qui sont encore en voie d'accroissement.
La structure de ces angiomes rappelle celle du tissu caverneux des organes érectiles. Il faut les étudier à l'état de réplétion ; le sang qu'ils contiennent, retenu «t coagulé, réalise alors une injection naturelle; on
voit Ainsi qu« lit tomeur est constituée par des tloweiï qui circonscrivent des alvëole» (flg. IS). Les doîsons sont simplement fibretues et' très élastiques ; elles sont tapissées par des cellules endothéliales aplaties, mais les cellule» qui entrent dans leur composition sont fort nu^s et très difficiles à voir.
Le sang qui y est contenu est aJtisolument normal, on n'y rencontre pas de caîl-, lots ; de plus, comme le font remarquer Cor- ■ Fig. Ti. - Angiome «.«»«.>. da nil et Ranïier, le petit foie. nombre des globales
a itT»ol«i reoiplia pir le lanc- f '*'*'"^* *' '^"^ défaut
pn^Bchyng hèpitiqne en Tfie d:in- d'adhérence aux pa-
pkle; t. «p«ce do Kiernu lontaunt roiS vascutaires indi-
no TsiiKao diiâié. qucnt que la circula'
tion y est active.
TeminBliions. — L'angiome caverneux ne présente tuicuoe malignité, il ne possède qu'un pouvoir d'extension assez limité ; tantdt il est diffus, tantôt enoapmli.
Les angiomes peuvent s'infiltrer de sels calcaires; exceptionnellement on y rencontre des kystes rempli» d'un liquide séreux, qui sont le fait des métamoiv pfioses du sang contenu dans un bourgeon vasculaire «ccidentellement isolé de la circulation.
Dans quelques cas la coagulation spontanée du sang peut entraîner la rétraction des angiomes et leur gutriton par cicatrice fibreuse.