‹ Précis d'anatomie topographique avec applications médico-chirurgicalesChapitre 10 sur 78 · RÉGION SOURCILIÈRE · texte numérisé non relu

RÉGION SOURCILIÈRE

La région sourcilière (ainsi appelée parce qu'elle répond aux sourcils) est une petite région située à droite et à gauche de la ligne médiane, entre le front et les paupières.

1'' Limites. — Superficiellement : 1° en haut, une ligne courbe, à concavité inférieure, qui la sépare de la région occipitofrontale ; 2» en bas, une ligne également courbe et à concavité inférieure, qui répond au rebord de l'orbite et la sépare de la région paJpébrale. En profondeur, elle doit être prolongée jusqu'au contenu de la cavité crânienne : elle comprend donc les sinus frontaux.

2° Forme extérieure et exploration. — Le sourcil se présente sous la forme d'une saillie arrondie et arquée, couverte de poils, avec une tke, un corps et une queue. Les deux sourcils sont séparés sur la ligne médiane par une surface ordinairement glabre (quelquefois cependant couverte de poils), qui répond à la racine du nez et qui constitue la région intersourcilière de certains auteurs. — A la palpation, on reconnaît aisément V arcade orbitaire et, sur le tiers interne de cette dernière, Véchancrure sus-orbitaire. — A L'état pathologique, l'aspect de la région peut être modifiée par des plaies, des phlegmons, des tumeurs {kystes dermoïdes), des fractures.

30 Plans superficiels. — Ils comprennent (en allant de dehors en dedans) les cinq plans suivants :

a. Peau. — Elle est épaisse, fortement adhérente, très riche en glandes sébacées, recouverte d'une nappe de poils, les poils des sourcils (kystes sébacés et kystes dermoïdes).

b. Couche celluleuse sous-cutanée. — Constituée par des travées conjonctives allant de la couche musculaire à la couche profonde du derme cutané ; très peu de graisse.

c. Couche musculaire. — Elle est formée par deux plans superposés : 1° un plan superficiel, constitué par des faisceaux du fron-

tal, à direction verticale et par des faisceaux de Vorbiculàire des paupières, à direction transversale; 2» wn plan profond représenté par les faisceaux du sourciller, à direction oblique. Ce dernier muscle se trouve couché sur la moitié interne de l'arcade sourcilière.

d. Couche celluleuse sous-musculaire. — Nappe lâche, prolongeant l'espace sous-aponévrotique de la région occipito-frontale, permettant aux sourcils un glissement facile sur le plan sousjacent.

e. Périoste. — Se continue, en haut avec le péricrâne, en bas avec le périoste orbitaire et le ligament large des paupières.

4° Vaisseaux et nerfs superficiels. — Les artères viennent de la sus-orbitaire et de la temporale superficielle. — Les veines se portent : 1° les unes {groupe interne) vers la racine du nez, où elles se jettent dans l'ophthalmique ; 2° les autres {groupe externe) vers l'arcade zygomatique, pour se jeter dans la veine temporale superficielle. — Des lymphatiques, ceux de la moitié interne se portent en dedans et, se réunissant aux lymphatiques frontaux, descendent (en côtoyant la veine faciale) dans les ganglions sous-maxillaires ; ceux de la moitié externe se portent en dehors pour aboutir aux ganglions parotidiens. — Les nerfs se distinguent en moteurs et sensitifs : les premiers viennent du facial ; les seconds du frontal interne et du frontal externe {nivralgies du sus-orbitaire), branches de l'ophthalmique.

5« Plan squelettique. — Il est représenté : 1° par les arcades sourcilières ; 2° par la bosse nasale ou glabelle, dont le relief, plus ou moins accusé suivant lés sujets, est en rapport avec le développement des cavités sous-jacentes, les sinus frontaux.

6*^ Sinus frontaux. — Ce sont deux cavités en forme de pyramide triangulaire, situées à droite et à gauche de la ligne médiane et s'ouvrant dans le méat moyen des fosses nasales par l'intermédiaire du canal frontal.

a. Cloison médiane. — Elle sépare les deux sinus l'un de l'autre. .Médiane et sagittale à son origine, elle se dévie très souvent d'un côté ou de l'autre en se rapprochant de la partie supérieure du sinus. Elle est mince et presque toujours complète.

PAROIS CRANIENNES /

b. Dimensions et capacité. — Très variables suivant les sujets. On peut rencontrer des sinus de dimensions moyennes (20 à 25 millimètres de hauteur, sur 25 à 27 millimètres de largeur) ; de grands sinus (étendus parfois jusqu'à l'apophyse orbitaire externe), d'accès facile par la région frontale ; de petits sinus (fréquents surtout chez la femme) qui n'ont pas de rapports avec la région fronto-sourcilière, mais seulement avec l'angle supéroin terne de l'orbite (on ne peut donc les aborder que par la voie orbitaire).

c. Cavité sinusale et son revêtement. — La cavité sinusale est rendue irrégulière par la présence de cloisons incomplètes qui occupent surtout son bord supérieur. Elle ne renferme, à l'état normal, que de l'air (emphysème sous-cutané dans le cas de fracture de la paroi antérieure). La muqueuse qui la tapisse, simple prolongement de la pituitaire, contient des glandes à mucus (origine de certains kystes). Dans son épaisseur cheminent les vaisseaux et les nerjs, qui, pour la plupart, émanent des vaisseaux et nerfs de la pituitaire.

d. Parois et rapports. — Chaque sinus nous offre trois parois (antérieure, postérieure, interne), un sommet, une base. — La paroi antérieure ou frontale ou sous-cutanée, d'une épaisseur qui varie de 1 à 8 millimètres, est uniquement recouverte par les plans superficiels de la région sourcilière : c'est la paroi chirurgicale du sinus (trépanation par la voie frontale). A noter cependant que, dans le cas de sinus très petit, elle peut faire défaut. — La paroi postérieure ou crânienne, épaisse de 1 millimètre seulement, répond à l'étage antérieur de la cavité crânienne (méninges, pointe du lobe frontal), ce qui nous explique la possibilité, pour l'infection sinusale (sinusite), de se propager à l'endocrâne. — La paroi interne n'est autre que la cloison susindiquée. — Le soumet, sinueux, remonte d'autant plus haut que le sinus est plus grand. — La base {paroi inférieure ou orbito-nasale, plancher du sinus), très mince, répond : 1° par sa partie externe {portion orbitaire), à la moitié antéro-interne de l'orbite (d'où les complications orbitaires observées au cours des sinusites frontales) ; 2<^ par sa partie interne {portion nasale) aux cellules ethmoïdales qui la soulèvent souvent {bulles fron-

taies), et, parfois, à l'angle antérieur de la voûte nasale. Il est dangereux de pénétrer dans le sinus en effrondrant son plancher par la voûte nasale.

e. Canal frontal. — Il naît sur la partie interne du plancher, à côté de la cloison, et vient déboucher au sommet du méat moyen, soit dans Ja gouttière de la bulle, soit dans l'une des cellules internes du sommet du méat, soit, le plus souvent, dans la gouttière de l'unciforme. Sa direction est oblique de haut en bas, de dehors en dedans et d'avant en arrière. Ses dimensions sont très variables (de 2 à 10 ou 15 millimètres de long sur 2 à 3 m.illimètres de large) : il est d'autant plus long et étroit que les cellules ethmoïdales, au milieu desquelles il se fraie un passage, sont plus développées.

f. Exploration et voies d'accès. — Le sinus frontal peut être exploré par la tr ans illumination et par le cathétérisme de son canal. 11 peut être accessible au chirurgien par la voie frontale, par la voie orbitaire, par la voie nasale.

7" Méninges. — Rien de spécial au point de vue anatomique Leur voisinage des sinus frontaux explique la possibilité d'une méningite comme complication des sinusites frontales.

8" Circonvolutions cérébrales. — A la région sourcilière répondent les circonvolutions qui avoisinent le pôle frontal du cerveau : extrémité antérieure des circonvolutions frontales, des deux circonvolutions olfactives (y compris le bulbe olfactif). Ces circonvolutions font partie de la zone latente du cerveau, d'où la possibilité de leur destruction par des collections purulentes (abcès du cerveau), sans qu'on observe les symptômes spéciaux dits symptômes de localisation.

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