MASSIF OSSEUX DE LA FACE
Le massif osseux, dont l'ensemble constitue la face, est comme suspendu à la partie inférieure et antérieure du crâne.
1° Forme générale. — Il revêt, schématiquement, la forme d'un prisme triangulaire dont les deux bases seraient placées latéralement. Outre ces deux bases, qui répondent à Fos malaire, le ma sif osseux facial nous présente trois faces, savoir : 1° une face antérieure, sur laquelle s'ouvrent les deux cavités orbitaires et les deux fosses nasales (apertura piriformis) ; 2° une face supérieure, qui répond à la partie antérieure de la base du crâne et lui est intimement unie ; 3° une face postérieure, vaste cavité où débouchent les fosses nasales (choanes) et dans laquelle s'abritent la langue, le voile du palais, le pharynx, les régions parotidienne et zygomatique, etc. ; (pour les détails ostéologiques de ces trois faces, voyez les traités d'anatomie descriptive). La face se divise en mâchoire supérieure et mâchoire inférieure.
2° Mâchoire supérieure. — Elle se compose de treize os, qui s'articulent entre eux pour former une seule pièce osseuse qu'en anatomie appliquée on appelle le maxillai'^e supérieur.
Cette pièce osseuse, qu'on peut être amené parfois à réséquer en chirurgie opératoire {résection du maxillaire supérieur), revêt la forme d'un cube irrégulier. Elle nous présente donc à étudier six faces : une face antérieure, sous-cutanée ; une face externe, en rapport avec la fosse zygomatique ; une face postérieure, en rapport avec la fosse ptérygo-maxillaire ; une face supérieure, qui prend part à la formation de l'orbite, et se trouve parcourue par le nerf sous-orbitaire ; une face interne et une face inférieure, qui contribuent à former, l'une les fosses nasales, l'autre la cavité buccale, et se trouvent recouvertes par des muqueuses.
Le maxillaire supérieur est solidement uni avec les autres os de la face (malaire, os propres du nez, maxillaire supérieur du côté opposé) et avec la base du crâne (apophyse ptérygoïde). Il est constitué par des os minces et fragiles que recouvre un périoste peu fertile et il se trouve creusé d'une vaste cavité, le sinus maxillaire, que nous étudierons plus loin (voy. p. 140).
3° Mâchoire inférieure. — Seule portion mobile du squelette facial. Elle est constituée par un os unique, le maxillaire inférieur, auquel on décrit : 1^ un corps, horizontal, en fer à cheval ; 2° deux branches verticales, qui se terminent en haut par Vapophyse coronoïde et le condyle. — Le maxillaire inférieur est épais, résistant, formé de tissu compact (il se fracture cependant plus souvent que le maxillaire supérieur qui est plus fragile). Il est recouvert par un périoste très fertile (régénération de l'os après résection sous-périostée).
ARTICLE II
Les parties molles préfaciales et latéro- faciales forment cinq régions, savoir : !« la région nasale ; 2° la région labiale ; 3° la région mentonnière ; 4^ la région massétérine ; 5" la région
génienne. Les trois premières sont impaires et médianes ; les deux autres, paires et latérales.
Région impaire et médiane, la région nasale répond exactement à cette saillie, de forme pyramidale, que l'on désigne ordinairement sous le nom de nez.
lo Limites. — Superficiellement, elle est limitée : 1^ en haat par une ligne transversale allant d'un sourcil à l'autre ; 2° en bas, par une autre ligne transversale, passant par l'extrémité inférieure de la sous-cloison ; 3o sur les côtés, par une ligne oblique en bas et en dehors, la ligne naso- génienne, allant de l'angle interne de l'œil au point le plus externe de l'aile du nez. En profondeur, elle s'étend jusqu'aux fosses nasales.
2° Forme extérieure et exploration. — Le nez représente une pyramide triangulaire creuse, surplombant l'orifice antérieur des fosses nasales à la manière d'un auvent. Ses bords latéraux répondent aux sillons naso-palpébral, naso-génien, nasolahial ; son bord antérieur ou dos du nez a une direction, qui, bien que très variable suivant les sujets, constitue un caractère de race. Les lésions du nez (déformations, destructions limitées ou totales) ont, au point de vue de l'esthétique, une importance considérable. Il est très facile à explorer.
3° Plans superficiels. — Quatre plans successifs :
a. Peau. — Mobile au niveau du squelette osseux ; fortement adhérente, au contraire, au niveau des cartilages. Très riche en glandes sébacées {nez piqueté de noir, acné hypertrophique, éléphantiasis du nez).
b. Tissu cellulaire sous-cutané. — Peu développé, peu chargé de graisse, ne forme une couche bien nette que sur les points où la peau est mobile.
c. Couche musculaire. — Elle est formée par le pyramidal, le transverse du nez, le myrtiforme, V élévateur commiin de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, le dilatateur propre des narines. Elle ne présente aucune importance en chirurgie.
d. Périoste. — Il ne mérite qu'une simple mention.
e. Vaisseaux et nerfs. — Les plans superficiels du nez sont très vasculaires, d'où la facOité avec laquelle prennent les greffes. — Les artères proviennent : 1° de la nasale (branche de l'ophtalmique), pour la partie supérieure de la région ; 2" de la dorsale du nez et de Vartère de la sous-cloison (branches de la faciale), pour les parties inférieures et latérales. — Les veines se rendent à l'angulaire et à la faciale. — Les lymphatiques (très riche réseau) descendent vers le sillon naso-génien et, de là, dans les ganglions sous -maxillaires et sus-hyoïdiens médians. — Les nerfs sont moteurs et sensitifs : les moteurs (pour les muscles de la région) émanent du facial ; les sensitifs proviennent du na=al externe, du sous-orbitaire et du naso-lobaire (branche du nasal interne).
4° Plan squelettique. — Xous avons à la fois : 1° des os ; 2° des cartilages ; 3° une membrane fibreuse.
a. Os. — Les os qui entrent dans la constitution anatomique du nez sont : 1° les deux os propres du nez, petits os de forme rectangulaire, adossés l'un à l'autre sur la ligne médiane, de façon à former une sorte de voûte ; 2° Vapophyse montante du maxillaire supérieur, dirigée verticalement, unie en haut avec l'apophyse orbitaire interne du frontal, en avant avec les os propres du nez ; 3^ tout en bas, Vapophyse palatine du maxillaire supérieur, formant la partie la plus reculée de l'orifice antérieur des fosses nasales (apertura piriformis).
b. Cartilages. — Trois cartilages principaux : 1° le cartilage de la cloison, impair et médian, sorte de pilier soutenant la partie antérieure du nez {nez en lorgnette quand il est détruit) ; 2» les cartilages latéraux, au nombre de deux, l'un droit, l'autre gauche, ayant une forme triangulaire, situés immédiatement au-dessous des os nasaux ; 3» les cartilages de Vaile du nez, également au nombre de deux, en forme de fer à cheval, situés audessous des précédents. A ces cartilages principaux s'ajoutent des cartilages accessoires, très variables de forme, de nombre et de dimensions {cartilages carrés, cartilages sésamoïdes, cartilages vomériens).
c. Membrane fibreuse. — Toutes les pièces, osseuses ou cartilagineuses, du nez sont recouvertes par une membrane fibreuse {périoste sur les os, périchondre sur les cartilages), qui les unit les unes aux autres.
5° Revêtement muqueux. — C'est une dépendance de la muqueuse pituitaire.
Région impaire et médiane, comprenant toutes les parties molles qui constituent les lèvres.
1» Limites. — Elle a pour limites : 1° en haut, l'extrémité postérieure de la sous-cloison, le bord postérieur des narines, l'extrémité postérieure de l'aile du nez et, enfin, le sillon nasogénien ; 2° en bas, le sillon mento-labial, prolongé à droite et à gauche jusqu'à la ligne verticale qui limite en dedans la région génienne et qui passe à 10 ou 12 millimètres en dehors de la commissure des lèvres.
2o Forme extérieure et exploration. — Au nombre de deux (la supérieure et l'inférieure), les lèvres s'unissent en dehors pour former les commissures et circonscrire V ouverture buccale : la lèvre supérieure nous présente le sillon sous-nasal et se trouve recouverte chez l'homme adulte par la moustache ; la lèvre inférieure, à son tour, nous offre une fossette où s'implante la mouche. Elles forment, à l'état normal, deux voiles musculomembraneux continus. A l'état pathologique, on y rencontre des pertes de substance ou des fissures d'origine traumatique ou ulcéreuse ou congénitale {bec-de-lièvre). Elles sont très facilement explorables et accessibles.
3° Plans constitutifs. — Les lèvres comprennent cinq couches qui se superposent comme suit :
a. Peau. — Epaisse, résistante, adhérant intimement aux faisceaux musculaires sous-jacents ; riche en follicules pileux et, par suite, en glandes sébacées.
b. Tissu cellulaire sous-cutané. — N'existe que sur les parties latérales de la région.
c. Couche musculaire. — Elle est formée en grande partie par Vorhiculaire des lèvres (demi-orbiculaire supérieur et demiorbiculaire inférieur), dont les fibres s'insèrent aux commissures, partie à la peau, partie à la muqueuse. A l'orbiculaire se joignent de nombreux faisceaux accessoires : myriiforme, élévateur commun de Vaile du nez et de la lèvre supérieure, élévateur propre de la lèvre supérieure, canin, petit et grand zygomatiqueSy risorius, buccinateur, triangulaire des lèvres et carré du menton. Tous ces derniers muscles sont dilatateurs. Seul l'orbiculaire est constricteur (écoulement de la salive dans les cas de paralysie faciale).
d. Couche glanduleuse. — Elle est constituée par une multitude de petites glandes salivaires, glandes labiales, formant une nappe à peu près continue (peuvent donner naissance à des kystes ou à des tumeurs mixtes).
e. Muqueuse labiale. — Elle tapisse régulièrement toute la région ; elle se continue : 1° du côté du bord libre, avec la peau : 2° du côté du bord adhérent, avec la muqueuse des gencives, en formant le sillon gingivo-labiah Sur la ligne médiane, petit repli triangulaire, le jrein de la lèvre.
4-^ Vaisseaux et nerfs. — Les artères sont représentées par un cercle artériel résultant de l'anastomose des deux coronaires des lèvres : il se trouve situé tout près du bord libre, entre la couche musculaire et la couche glanduleuse. Outre les coronaires, les lèvres reçoivent quelques ramuscules de la sous-orbi taire, de la buccale et de la transversale de la face. — Les veines, pour la plupart sous-cutanées, sont indépendantes des artères. Elles aboutissent, en partie à la faciale, en partie à la sous-mentale. — Les lymphatiques se portent : ceux de la lèvre supérieure vers les commissures et, de là, dans les ganglions sous-maxillaires ; ceux de la lèvre inférieure, aux ganglions sous-maxillaires (ce sont les latéraux) et aux ganglions sus-hyoïdiens (ce sont les médians). — Les nerfs se distinguent en moteurs et sensitifs : les rameaux moteurs (pour les muscles), proviennent du facial ; les
rameaux sensitifs (pour la peau et les glandes) sont fournis par le sous-orbitaire pour la lèvre supérieure, par le mentonnier pour la lèvre inférieure.