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BASSIN OSSEUX

Le bassin osseux est constitué, en avant et sur les côtés par la partie inférieure des deux os coxaux, en arrière par le coccyx.

1 ' Forme. — Sa forme est celle d'un anneau irrégiilier, fortement incliné en avant (plus incliné chez la femme que chez l'homme), plus élevé sur les côtés (10 centimètres) et surtout en arrière (12 à 15 centimètres) qu'en avant (4 ou 5 centimètres). Sa circonférence supérieure {détroit supérieur) est régulière. L'inférieure {détroit inférieur), au contraire, nous présente trois échancrures : une médiane {échancrure sous- pubienne), deux latérales {échancrures sacro-sciatiques). Il nous ofïre encore un certain nombre d'orifices : les trous obturateurs en avant, les trous sacrés en arrière.

2° Résistance. — Le bassin osseux possède une force de résistance considérable ; aussi sa fracture est-elle relativement rare. Lorsqu'elle se produit, elle siège toujours au niveau des points faibles de Vanneau (région de l'articulation sacro-iliaque et des trous sacrés en arrière, région pubo-obturatrice en avant), quel que soit le sens suivant lequel agit le traumatisme. Elle est double et verticale.

3*^ Rôle physiologique. — Le bassin osseux remplit un double rôle : lo un rôle de protection ; 2» un rôle dans la statique et la locomotion.

a. Rôle de protection. — Le bassin protège les viscères pelviens en avant, sur les côtés (sauf au niveau des trous obturateurs et des échancrures ischiatiques) et en arrière. A noter toutefois que, lorsque sa résistance est vaincue, il peut devenir à son tour un agent vulnérant pour ces mêmes viscères : blessures de la vessie, de l'urèthre par une esquille dans le cas de fracture.

b. Rôle dans -la statique et la locomotion. — Le bassin transmet aux membres inférieurs tout le poids du corps dans des conditions essentiellement favorables à la station debout et à la marche. De fait, si on l'examine sur une coupe frontale passant par le centre de gravité du corps, on constate qu'il est constitué comme une voûte à deux piliers {voûte pelvienne), voûte qui d'une part reçoit par son sommet (sacrum) le poids du corps et qui, d'autre part, le transmet aux membres inférieurs par ses pilier> (portion cotyloïdienne des os coxaux) ; ceux-ci sont maintenus dans leur écartement normal par l'arc ischio-pubien,

BASSIN OSSEUX 3''il

qui les empêche d'être refoulés en dedans sous l'action de la résistance du sol sur lequel repose le sujet (ce refoulement se produit dans les cas de rachitisme, d'ostéomalacie). Ajoutons que la solidité des articulations sacro-iliaques et interpubienne, qui unissent les segments osseux de cette voûte {moyens d'union de la voûte), est absolument indispensable pour permettre au l)assin de remplir efficacement son rôle : en effet, toute laxité de ces articulations (grossesse, symphyséotomie) rend la situation et la marche pénibles et parfois impossibles.

4" Structure et développement. — Le bassin est constitué par des os spongieux (siège de prédilection pour les kystes hydatiques des os). Il se développe par de nombreux points d'ossification, dont les uns occupent la région cotyloïdienne et les autres le pourtour de l'os iliaque. A retenir que les premiers sont en activité pendant le jeune âge, tandis que les seconds ne se manifestent qu'après la puberté : de là la division de certaines ostéites du bassin en ostéites pré-pubertiques et ostéites post-pubertiques, suivant qu'elles siègent sur la région cotyloïdienne ou sur la région marginale du bassin.

ARTICLE II

Les parties molles qui se disposent tout autour du bassin osseux, abstraction faite de celles qui répondent à la hanche (voy. Hanche), forment trois régions : 1° en avant, la région pubienne ; 2° en arrière, la région sacro-coccygienne ; 3° en bas, le périnée. A cette dernière, en raison de sa complexité et de son importance, nous consacrerons un chapitre à part.

§ 1. RÉGION PUBIENNE

La région pubienne comprend l'ensemble des plans qui forment la paroi antérieure du bassin.

1° Limites. — Superficiellement : en haut, le bord supérieur

des pubis ; en bas, la racine de la verge chez l'homme (du clitoris chez la femme) et l'arcade pubienne ; latéralement, l'épine du pubis et le cordon spermatique. En profondeur, elle s'étend jusqu'à l'espace prévésical.

2" Forme et exploration. — La région pubienne, couverte de poils chez l'adulte (à raser dans les interventions sur la région), fait une saillie toujours appréciable {pénil, mont de Vénus). Son exploration, parfois difficile chez les sujets gras, nécessite la mise dans le relâchement des muscles de l'abdomen : elle permet alors de reconnaître, Vépine du pubis, Varcade sous-pubienne.

3*^ Parties molles superficielles. — Elles comprennent : 1° la peau ; 2° le tissu cellulaire sous-cutané (avec vaisseaux et nerfs superficiels) ; 3» le ligament suspenseur de la verge (du clitoris chez la femme).

a. Peau. — Glabre chez l'enfant, couverte de poils chez l'adulte, épaisse, très mobile.

b. Tissu cellulaire sous-cutané. — Généralement très abondant et surchargé de graisse ; il se continue avec celui des régions voisines. Les vaisseaux et nerfs superficiels sont sans grande importance : les artérioles proviennent des honteuses externes ; les veines, assez nombreuses (elles forment la veine dorsale superficielle de la verge), s'anastomosent avec les veines du cordon et viennent se jeter dans la saphène externe ; les lymphatiques se rendent aux ganglions internes de l'aine ; les nerfs proviennent des abdomino-génitaux.

c. Ligament suspenseur de la verge ou du clitoris. — Lame jaunâtre de forme triangulaire, essentiellement constituée par des fibres élastiques, occupant la ligne médiane : s'insérant par son sommet sur la partie supérieure de la symphyse et sur la partie avoisinante de la ligne blanche ; se terminant par sa base (en se dédoublant) sur les organes érectiles, soit de la verge, soit du clitoris. Il est traversé, au niveau de sa base, par la veine dorsale profonde. Sa section, faite sur le pubis, à un doigt au-de'^sus du sommet de l'ogive pubienne, permet à l'opérateur pratiquant la symphyséotomie ou la taille sous-pubienne de

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